LA NOUVELLE EUROPE EN FILIGRANE, par François Leclerc

Billet invité.

Un débat est engagé au vu du sort réservé à la Grèce : faut-il ou non quitter l’euro, ce piège qui s’est refermé ? Puisant ses arguments dans de précédents épisodes, la discussion rejaillit en force, l’union monétaire symbolisant une Europe rejetée. L’un des prolongements de la discussion consiste à se demander si une occasion exemplaire n’a pas été manquée.

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LE FMI EST PENCHÉ SUR LA DETTE… ET NE S’EN RELÈVE PAS ! par François Leclerc

Billet invité.

L’endettement des 129 États notés par Standard & Poor’s progressera de 1,7% cette année et atteindra 44.300 milliards de dollars. Au fur et à mesure que la masse de la dette publique s’accroît et que la croissance économique s’installe dans ce qui est qualifié de stagnation séculaire – deux tendances fortes – le risque de défaut souverain augmente. Que faire ?

Celui-ci n’apparait plus à l’horizon de lointains pays émergents mais en Europe, même si le risque d’éclatement de la zone euro s’est éloigné depuis l’épisode de 2011. La stratégie de désendettement qui y est imposée alimente une crise sociale et politique qui autorise à douter de sa viabilité. L’énormité d’autres dettes dont la croissance est sans fin, comme celles du Japon et des États-Unis, est telle qu’il est feint de croire qu’elle pourront être éternellement financées, faute d’alternative. A la vue de ce spectacle, une constatation s’impose : la problématique du désendettement a de l’avenir.

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LES EUROPÉENS, CES VILAINS COPIEURS DES JAPONAIS, par François Leclerc

Billet invité.

La japonisation de l’Europe n’est plus vécue comme une menace en l’air et une prophétie de mauvais augure. La zone euro est sous le coup d’une pression déflationniste qui s’accentue au fil des mois et ce qui la sépare de la déflation est de plus en plus symbolique. Voilà un premier point de ressemblance d’acquis.

Mais cela ne s’arrête pas là : le Japon a déjà emprunté le chemin des réformes structurelles sur lequel les Européens sont à leur tour engagés et l’on en voit le résultat. Cela vaut aussi bien pour les réformes du marché du travail qui y ont été opérées et le développement de la précarité qui s’en est suivi, que pour l’accroissement des inégalités et la diminution des prestations sociales. En queue de peloton des pays de l’OCDE pour le taux de pauvreté, le Japon représente l’avenir de l’Europe.

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DÉFLATION, QUAND TU NOUS SERRES DANS TES BRAS… par François Leclerc

Billet invité.

L’économie mondiale subit une forte pression déflationniste, posant à cette échelle globale une question qui persiste à rester localement sans réponse au Japon : comment en sortir quand on y fait face ? Ce qui n’est pas sans notables incidences, car non seulement une telle pression fait obstacle à la croissance de l’économie, mais elle renchérit le coût du désendettement et en vient à s’y opposer.

Tant que ce phénomène n’était observé qu’au Japon – ou en Europe où il fait son chemin – il restait encore inachevé. Mais, atteignant désormais de plein fouet la Chine, la pression déflationniste se propage, s’accentue et s’auto-entretient. Aux États-Unis mêmes, l’inflation persiste à stagner en-dessous de son taux objectif de 2%, n’incitant pas la Fed à hausser ces taux comme elle le voudrait.

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LE JAPON MONTRE LA VOIE À NE PAS SUIVRE, L'EUROPE NE FAIT PAS MIEUX, par François Leclerc

Billet invité

Le Japon, troisième puissance économique mondiale, va-t-il commencer à réduire son endettement ? Cela ne se présente pas bien, et les dirigeants européens feraient bien de s’y intéresser avant de laisser l’Europe s’enfoncer dans une situation de japonisation larvée, qui est chaque jour qui passe confortée par des indices déprimés.

Sous l’impulsion du premier ministre Shinzo Abe, la Banque du Japon poursuit la plus grande opération de création monétaire jamais réalisée, tirant ainsi la carte de la dernière chance. Mais avec quels résultats ? Sorti de la récession en 2012 et connaissant des débuts de croissance encourageants en 2013, le pays est lourdement retombé dans la récession. Ni la faible contribution du commerce extérieur, ni l’augmentation des dépenses publiques n’ont pu l’empêcher. Quant à l’inflation, son timide sursaut est d’une grande fragilité et résulte largement des importations d’hydrocarbures. En conséquence, le premier ministre pourrait annoncer qu’il sursoit à une deuxième augmentation de la TVA, afin de ne pas aggraver la baisse de la consommation. C’était la seule mesure tangible de réduction du déficit budgétaire, au demeurant d’impact modeste.

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Négociations européennes : DES AMBITIONS QUI N’EN SONT PAS, par François Leclerc.

Billet invité.

De quoi la montagne va-t-elle à son habitude accoucher ? D’une souris ! Quel objectif était-il donc poursuivi en organisant le mini-sommet des neuf chefs d’Etat et apparentés sociaux-démocrates de samedi ? Créer un rapport de force vis à vis d’Angela Merkel pour négocier en force, ou bien calmer les ardeurs de Matteo Renzi ? Des rumeurs insistantes circulaient dès hier en faveur de cette seconde option. Tout dépend en réalité du résultat que l’on cherche à obtenir. Sans doute faut-il faire confiance à François Hollande, qui revendique d’utiliser « toutes les souplesses du pacte de stabilité », pour n’avoir que des ambitions mesurées. La fronde a déjà tourné court, le cadre n’est pas remis en question, ce n’est pas le genre de la maison. Mais le service rendu ne mérite-t-il pas une petite récompense ?

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L'actualité de demain : LA PANDÉMIE DE LA DETTE, par François Leclerc

Billet invité.

Tiendront, tiendront pas ? Une course de vitesse semble engagée entre Angela Merkel et les pays d’Europe du Sud. Comme s’il était attendu que soit dépassé le cap des élections allemandes, une fois encore et faute de mieux, pour que des remèdes soient apportés à la lente progression de leur maladie. Car les espoirs les plus insensés se résument à bien peu de choses dans le médiocre conformisme ambiant.

À son tour, la crise politique portugaise reflète l’échec de la politique poursuivie envers et contre tout ; elle annonce un second plan de sauvetage en guise de sortie du premier, en mai prochain. Le bon élève de la classe ne tient pas ses promesses, à moins que ce ne soit plutôt le maître ! Le Portugal suit l’exemple du cancre grec, à nouveau promis au défaut de paiement en août prochain, si une nouvelle tranche de l’aide financière européenne ne lui est pas accordée par une Troïka qui constate, une fois de plus, que son plan de route n’est pas respecté (notamment le programme de privatisations). Pour l’éviter dans l’immédiat, il ne va pas y avoir d’autres solution que d’en effectuer le paiement au compte-gouttes, en attendant l’inévitable : une nouvelle restructuration de dette qu’Angela Merkel refuse encore d’admettre, rejointe par Jörg Asmussen de la BCE (qui la détient !).

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L'actualité de demain : PRÉVISION D'EFFETS D'ANNONCE A LA PELLE AU G8, par François Leclerc

Billet invité.

Un nouveau G8 se tiendra lundi et mardi en Ulster. Mais à quoi donc servent tous ces sommets qui se succèdent sans relâche et dans diverses formations, peut-on se demander ? En premier lieu à faire des annonces ronflantes rarement suivies d’effet, pourrait-on observer en revenant sur les précédents ! Somme toute, tout nouveau sommet aurait pour principale tâche d’escamoter les engagements non tenus de ceux à qui il succède !

Même David Cameron, qui le préside actuellement, est conscient de l’effet de lassitude de ces sommets à répétition et y a fait allusion. Chacun s’y rend afin de pouvoir bénéficier de la reconnaissance de ses pairs et déclarer avoir obtenu gain de cause. Les sommets sont de ces occasions où il ne faut pas rater de remporter des victoires (sauf dans les rares cas dramatisés où ils sont reconnus infructueux). Ils magnifient l’idée d’une gouvernance mondiale, dans toutes ses géométries, que la photo de famille et le communiqué final symbolisent. Car ils ont leur rituel, ce qui permet parfois d’y déroger, afin de renforcer la communication à leur sujet. Et puis c’est tout, ou presque.

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L'actualité de demain : LES TROIS SŒURS SONT DÉSUNIES, par François Leclerc

Billet invité.

Connaitrions-nous trois crises financières distinctes ? C’est ce que l’on pourrait croire à observer les politiques divergentes de la Fed, de la Banque du Japon et de la BCE. Les deux premières déversent sans compter des liquidités dans leur système financier. Mais la première étudie la possibilité de stopper progressivement son programme, en prenant de multiples précautions, tandis que la seconde vient de s’engager au contraire sans retenue. La troisième se contente de ruser, en raison des contraintes de son mandat, et se trouve paralysée par ses dissensions internes.

Les principales banques centrales agissent donc en ordre dispersé, or la crise est unique dans notre monde globalisé, même si elle a des caractéristiques spécifiques à chaque pays ou région. Elle réclamerait une action conjointe, mais laquelle ? Elles prennent, chacune à sa manière, des risques qui apparaissent maintenant au grand jour, en raison des effets secondaires de ses mesures, ou de son inaction actuelle pour la troisième.

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L'actualité de demain : TROIS BLOCAGES QUI SE RENFORCENT LES UNS LES AUTRES, par François Leclerc

Billet invité.

Trois blocages dominent le panorama de l’économie mondiale. Le plus connu est celui que subit une Europe engagée sur une voie de désendettement promettant à la zone euro une récession de longue durée, voire à sa désagrégation au train où vont les derniers développements. Dans un contexte fort différent, les États-Unis bénéficient d’une intervention massive en continu de leur banque centrale qui maintient le pays le nez hors de l’eau. La Chine, enfin, enregistre la poursuite de la dégradation de sa croissance sans parvenir à réorienter son activité économique en faveur du développement de son marché intérieur. L’ensemble ne crée aucune dynamique de sortie de crise.

En Europe, la Bundesbank et le gouvernement allemand s’opposent de plus en plus ouvertement aux intervention de la BCE. Jens Weidmann réclame une hausse des taux d’intérêt et Wolfgang Schäuble critique en privé auprès de députés de la CDU – selon Der Spiegel – l’achat éventuel par celle-ci de produits de titrisation de prêts bancaires aux entreprises (des ABS). Incapables de formuler une politique alternative et de constituer un bloc, les autres gouvernements européens ne réclament qu’un assouplissement de la politique imposée par le gouvernement allemand, dont les effets seront simplement étalés dans le temps. L’union bancaire est désormais présentée en deux temps par le ministre allemand, renvoyant au second tout mécanisme européen de financement et laissant à chaque pays le poids financier du renflouement de ses banques. On est revenu à la case départ. Toutes les portes se sont les unes après les autres soigneusement fermées.

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