LE DÉMANTÈLEMENT SOURNOIS DE L’EUROPE, par François Leclerc

Billet invité.

Les promesses présidentielles américaines enlisées, les investisseurs ont changé leur fusil d’épaule et reviennent en Europe. Car tout est relatif dans un monde où il faut sans cesse trouver un point de chute à des capitaux dont le volume continue de croître ! À croire que ce n’est pas la fameuse diminution du taux de profit décelée par Marx qui étrangle le capitalisme, mais la noyade dans un trop plein de liquidités qui le menace !

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UN PAS EN ARRIÈRE, DES PAS EN AVANT, par François Leclerc

Billet invité.

Le commissaire européen Jyrki Katainen a cru bon de préciser que la décision finale de la Commission relative aux budgets français et italien 2015 n’était pas prise, suite aux soupirs de soulagement qu’avaient laissé échapper ceux qui pensaient être tirés d’affaire. Des ajustements devront encore être négociés, mais il semble néanmoins que la décision politique d’absoudre les gouvernements français et italien a été prise par la Commission sortante, laissant à la suivante le soin d’en gérer les conséquences ! Clé de voute d’une stratégie qui ne peut être appliquée, le pacte fiscal en sort émoussé, premier encouragement à s’y opposer en attendant la suite.

Ce sont sans doute moins les capacités de persuasion des responsables de ces deux pays qui sont à l’origine de cette mansuétude, distillée par petites doses pour en atténuer la portée, que la dégradation de la situation européenne sur tous les terrains, économique, social et politique. Avec une mention particulière à la Grèce, l’Espagne et l’Italie. Un vent de révolte monte en effet dans ce dernier pays, que Matteo Renzi transpose en multipliant les incartades vis-à-vis de Bruxelles, et qui va se traduire par une grève générale. Comme en France, des protestations virent au drame en raison d’une violence policière qui n’est pas contenue, la dernière en date en face de l’ambassade d’Allemagne à Rome à la suite de licenciements dans une usine du groupe ThyssenKrupp.

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ILS VONT SE FAIRE RATTRAPER AU TOURNANT, par François Leclerc

Billet invité.

L’Europe est comme le terrain d’une course au trésor où les autorités politiques s’efforcent de dénicher les indices d’une amélioration à laquelle est suspendue leur parole. Là une croissance qui frémit, ici un déficit qui rentre dans le rang à force de mesures d’austérité, une inflation qui se reprend marginalement, ou bien un excédent primaire dégagé non sans accommodements … Mais sans doute ne s’approche-t-on pas toujours du but, vu l’attente que continue de susciter une intervention de la BCE.

Dernier coup de bluff sur le mode des précédents, ou annonce d’une prochaine intervention ? les commentateurs penchent pour la seconde solution après la dernière intervention de Mario Draghi. Certains croient même pouvoir annoncer un cocktail de mesures composé d’une baisse de taux et d’achats de titres, soulignant que la BCE s’est déclarée jeudi « être à l’aise pour agir la prochaine fois », c’est à dire en juin. Après s’être tant fait prié pour passer à l’acte, en dernier lieu de manière insistante par l’OCDE, quelles raisons pourraient maintenant l’y conduire ? Mario Draghi l’a donnée : « nous avons eu une discussion sérieuse sur le taux de change, c’est très important pour la stabilité des prix et pour la croissance. Dans une période où l’inflation est basse de manière prolongée, le renforcement de l’euro est une inquiétude sérieuse ». De fait, celui-ci accentue la pression déflationniste, alors que la BCE reconnaît que la reprise économique se poursuit « à un rythme lent » et reste « très modeste ». De quoi faire définitivement capoter une politique qui est déjà mal partie.

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L'actualité de demain : LE BAL DES HYPOCRITES, par François Leclerc

Billet invité.

Ouvert à propos de la parité de l’euro, le débat sur une intervention de la BCE est fermé par Mario Draghi, tandis qu’au Japon le premier ministre tance à nouveau la Banque du Japon pour ne pas intervenir avec assez de vigueur afin de faire monter l’inflation (et baisser le yen). Shinzo Abe renouvelle ses menaces de réformer son statut et de lui faire perdre son indépendance, appelant à une création monétaire massive qui ne vient pas, dernier espoir de briser le sortilège de la déflation. Plus le temps passe et le déficit de l’ État japonais augmente, plus la question devient insoluble.

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L'actualité de demain : L’ART CONSOMMÉ DE FERMER LES PORTES, par François Leclerc

Billet invité.

À la recherche d’une ouverture favorisant une relance salvatrice, les dirigeants européens se trouvent devant porte close. L’adoption du budget européen va se solder par un manifeste manque de moyens à cet effet, et le G20 finances de cette fin de semaine va déboucher sur la réaffirmation qu’il faut laisser faire le marché pour que s’établisse la parité des monnaies, tout le contraire de ce qui est en train de se passer.

Un communiqué du G7 où participaient les ministres des finances et les gouverneurs des banques centrales ferme dès aujourd’hui le débat avant qu’il ne soit ouvert. Soulignant le risque d’une « volatilité excessive et de mouvements désordonnés dans les taux de change », il préconise des consultations « étroites » et une coopération « appropriée », réaffirmant toutefois que « nos politiques budgétaires ont été et resteront orientées vers nos objectifs nationaux respectifs en utilisant des instruments nationaux »…

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L'actualité de demain : FRAGILES MARGES DE MANOEUVRE, par François Leclerc

Billet invité.

Faisons le point : tandis que Barack Obama propose un nouveau plan temporaire de réduction du déficit, afin d’éviter le couperet des coupes automatiques du 1er mars prochain, Shinzo Abe, le premier ministre japonais, tente une nouvelle fois de sortir son pays de la trappe à liquidité en faisant déverser par la Banque du Japon dans celle-ci… de nouvelles liquidités. De son côté, François Hollande voudrait obtenir de la BCE, sans pouvoir ni le dire ni l’obtenir, une action favorisant la baisse d’un euro fort subissant les effets de la guerre des monnaies et faisant obstacle aux exportations françaises, tandis que Mario Monti tente de sauver les maigres crédits européens d’une hypothétique relance dans le cadre d’une épineuse négociation budgétaire européenne. Tous recherchent des marges de manœuvre et tentent comme à l’accoutumée de gagner du temps. On a la stratégie des objectifs que l’on se donne, avec les résultats que l’on peut.

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L'actualité de la crise : IL FAUDRAIT QUE LE BOUCHON SAUTE ! par François Leclerc

Billet invité

« Y penser toujours, en parler jamais », la formule est usée, mais elle peut encore servir. De quoi s’agit-il cette fois-ci, si ce n’est de l’intervention de la BCE, attendue comme le Messie ?

Il y a des signes qui ne trompent pas, des accalmies boursières qui reposent sur une déclaration, ou bien une attente qui se manifeste par de tout petits riens. Aux anticipations de Mario Draghi, le président de la BCE, qui annonçait en fin de semaine dernière dans Le Monde qu’il n’avait pas de tabou ; ou bien à l’entretien accordé à Bloomberg qui a permis à Ewald Nowotny, membre du conseil des gouverneurs de la BCE et gouverneur de la banque centrale autrichienne, de glisser qu’il y a « des arguments favorables » à ce que le MES se voit octroyé une licence bancaire lui permettant d’emprunter auprès de la banque centrale européenne. On se raccroche à ce qu’on peut.

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L'actualité de la crise : LE PARI HASARDEUX DE LA BCE, par François Leclerc

Billet invité

Avec la restructuration de la dette grecque, un tabou est tombé a souligné Paul Jorion dans son intervention du 24 février dans « Le temps qu’il fait ». Il a en effet été admis, au terme de longues négociations, que les investisseurs de la dette souveraine étaient susceptibles d’enregistrer des pertes et qu’ils admettaient d’être mis à contribution pour assurer un sauvetage considéré comme essentiel. Un précédent, quoi qu’en disent ceux qui assurent en croisant les doigts qu’il ne sera pas renouvelé .

Mais voilà que la BCE à son tour surprend. Elle frise le reniement de ses principes – et le viol de ses statuts – en aidant les banques à acquérir des titres de la dette souveraine, une aide indirecte manifeste à leur financement. Jean-Claude Trichet avait déjà du accomplir quelque gymnastique, en prétextant la nécessité d’assurer la bonne transmission de la politique monétaire de la BCE, pour justifier ses achats obligataires sur le marché secondaire, mais la banque centrale s’aventure encore plus loin sur des terres inconnues.

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L'actualité de la crise : POUR PRENDRE UN PEU D'AVANCE ! par François Leclerc

Billet invité

Une farouche compétition est engagée en Europe, afin de ne pas être le pays qui va suivre la Grèce, dont le cas est toujours présenté comme unique et allant le rester. S’efforçant de se présenter sous leur meilleur jour afin de tenter rassurer les marchés, le Portugal, l’Espagne et l’Italie sont sur les rangs.

Les Portugais jouent les bons élèves de la classe, tout en admettant mezzo voce qu’ils ne savent pas comment ils vont pouvoir revenir sur le marché en 2013, laissant entendre qu’une rallonge financière sera nécessaire et que plus de temps sera nécessaire pour respecter les objectifs fixés. L’hypothèse d’une restructuration de la dette plane. Les taux longs sont très tendus sur un marché obligataire à la détente. L’extension du programme leur a d’ailleurs déjà été promise par Wolfgang Schäuble, une caméra qui passait par là l’ayant enregistré au vol à Bruxelles, alors que la Troïka termine à Lisbonne sa troisième mission.

Le pays renoue avec la pauvreté, et parfois la misère, qu’il n’a quitté qu’à la suite de la chute de la dictature en 1974, encore sur la lancée qui s’épuise de la prospérité résultant de l’entrée dans l’Union européenne et de la manne des fonds structurels de Bruxelles. Cette année, l’économie devrait se contracter d’au moins 3 %, le taux de chômage a officiellement atteint en fin d’année dernière le seuil de 14 %. De nombreux signes permettent de reconnaitre la montée de la précarité.

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L'actualité de la crise : L'IMPROVISATION ÉRIGÉE EN RÈGLE, par François Leclerc

Billet invité

Angela Merkel l’avait annoncé : ce serait une erreur de s’attendre à ce que la crise soit réglée d’un coup de cuillère à pot ! Le discours ambiant consiste d’ailleurs à prédire une longue période d’austérité et de faible croissance, à laquelle il va falloir se résigner. Rien dans ce qui a été annoncé après sa rencontre avec Nicolas Sarkozy, en attendant la suite des événements de la semaine, ne permet de contredire cette perspective, elle est tout au contraire réaffirmée.

En conférence de presse, leurs deux allocutions ont d’abord valu pour ce qu’elles n’ont pas révélé. Une éventuelle intervention de la BCE sur la dette obligataire n’a pas été publiquement évoquée, au nom de la confortable jurisprudence de Strasbourg, qui veut désormais que les dirigeants politiques n’effleurent même plus la question. Si le refus des euro-obligations a été affirmé sans difficultés – elles n’auraient pas de sens, sauf si leur émission suivait une intervention de la BCE – le mystère reste donc entier à propos du rôle de la banque centrale.

Ce qui laisse à penser que le désaccord franco-allemand est également entier. Et que l’on se dirige vers la continuation de ce qui a été engagé, sous forme d’achats obligataires à la petite semaine pour éviter que le lait ne déborde, mais sans plus, au prétexte de ne pas inciter les gouvernements à relâcher leurs efforts afin de réduire leurs dettes. Angel Gurría, secrétaire général de l’OCDE, a cru pouvoir expliciter cette politique en considérant que la BCE pourrait augmenter ses interventions – sans en détailler la nature – « au fur et à mesure qu’il y a plus de discipline »…

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