L'ÉLECTRONUCLÉAIRE N’EST PAS DANS LES MOYENS D’EDF, par François Leclerc

Billet invité.

Quel est le véritable coût de l’électro-nucléaire, qui a toujours été présenté comme l’un de ses avantages ? Au moment de tirer le trait, EDF trouve en France des expédients pour diminuer le montant de l’addition, car elle s’annonce plus lourde que prévue alors que l’entreprise révèle sa grande fragilité financière. D’une main la durée de vie des centrales est prolongée, de l’autre leur démantèlement est retardé.

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FUKUSHIMA : LES TROIS CORIUMS NE SONT PAS LÀ OÙ ILS DEVRAIENT ÊTRE… par François Leclerc

Billet invité.

Le résultat du premier test de localisation dans le réacteur n°1 de l’un des trois coriums de la centrale de Fukushima a mis en évidence qu’il avait tout simplement disparu, présumé au fond du réacteur sans savoir s’il a ou non traversé la semelle de béton qui l’isole du sous-sol. Il aura fallu quatre ans pour arriver à cette conclusion, combien faudra-t-il de temps pour dire où il se trouve ?

Menée sous la conduite de chercheurs de l’Université de Tsukuba, l’expérience a fait appel à l’émission de particules à haute énergie appelées muons, qui ne sont arrêtées dans leur course que par des substances à haute densité, comme le corium, ce qui permet de produire une image de celui-ci s’il fait obstacle. Le corium est un amalgame à très haute température et très haut degré de radioactivité du combustible nucléaire fondu avec ce qui l’entourait et qu’il rencontre ensuite sur sa trajectoire, après rupture de la cuve en acier du réacteur. Il doit alors être refroidi en permanence par des injections d’eau massives dans le réacteur.

L’expérience n’a fait que confirmer ce que des simulations et des calculs avaient déjà laissé supposer, mais elle pose désormais dans toute son étendue la problématique de la récupération des trois coriums, la situation devant être identique au sein des réacteurs n°2 et 3. Pour faire bonne contenance, un calendrier a été annoncé, selon lequel les travaux d’enlèvement pourraient débuter en 2020 et durer entre vingt et trente ans. Mais, dans l’état des connaissances et des technologies disponibles, ces prévisions ne reposent que sur le besoin d’accréditer l’objectif de démantèlement de la centrale et de justifier par cette fin heureuse le redémarrage des autres.
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Fukushima : UNE MACHINE À FABRIQUER DE L’EAU RADIOACTIVE À N'EN PLUS FINIR, par François Leclerc

Billet invité.

On s’attendait à ce que le démantèlement de la centrale de Fukushima finisse par être reconnu impossible en raison de la présence dans les sous-sols des réacteurs de trois coriums hautement radioactifs dont la localisation reste inconnue (ou non dévoilée), faute de moyens robotiques permettant de les en extraire. Mais c’est face à un autre problème que Tepco, l’opérateur de la centrale, se révèle dès à présent démuni : si celle-ci ne produit plus d’électricité depuis plus de trois ans, elle est depuis devenue une très performante machine à fabriquer de l’eau radioactive dont il ne sait pas quoi faire.

Une fois de plus à l’arrêt, les installations de décontamination de l’eau dont il était attendu la solution au problème, ne fonctionnent pas comme prévu. Dénommées ALPS, ces trois usines ne marchent que par intermittence, leur performance déclinant au fur et à mesure qu’elles sont en service sans que l’on sache pourquoi. Dans ces conditions, il est exclu de réutiliser l’eau de refroidissement en créant un circuit fermé ou de la déverser dans la mer : il n’y a pas d’autre solution que de poursuivre son stockage dans de gigantesques réservoirs qui s’alignent déjà à perte de vue sur le site de la centrale.

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L'actualité des crises : MÊME MOTIF, MÊME PUNITION, par François Leclerc

Billet invité

« La France n’est pas le Japon, qu’un séisme et un tsunami y ravagent une centrale nucléaire est invraisemblable ». Les défenseurs de l’électro-nucléaire s’en sont d’abord tenus à cette seule parade pour écarter tout risque, inquiétude et raison même de s’interroger. Craignant – on ne sait jamais – de voir surgir le fantôme d’une époque maintenant ancienne où l’option nucléaire était l’objet d’une vigoureuse contestation.

Fukushima tombant dans les oubliettes des médias, happés par de nouveaux sujets tous les deux ou trois jours, des tests de résistance européens allaient être séance tenante organisés, afin de lever les derniers soupçons, pour faire oublier l’alarmisme gouvernemental des premiers jours de la catastrophe, rétrospectivement sans fondement.

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