L'actualité de demain : OUI, ON NOUS CACHE UN PETIT QUELQUE CHOSE ! par François Leclerc

Billet invité.

On avait compris l’importance des difficiles négociations en cours à propos de l’union bancaire, à mettre en relation avec le volume des estimations des besoins de recapitalisation des banques qui circulent, avant même que de nouvelles évaluations officielles ne soient effectuées. Enfin, ne boudons pas notre plaisir ! il était implicitement reconnu, après avoir été soigneusement caché, que le système bancaire avait lui aussi besoin d’un remède de cheval, car le désendettement ne passait pas de ce côté-là non plus. Car sinon pourquoi s’acharner à prévoir des procédures de renflouement après en avoir si longtemps nié la nécessité ? Mais la suite est moins favorable…

Comme d’habitude, tout devient plus ardu lorsqu’il s’agit de savoir qui va payer. L’objectif affiché est d’éviter que les finances publiques soient à nouveau mises à contribution, car cela contredirait les efforts de réduction de leurs propres déficits (et risquerait d’avoir de sérieuses conséquences politiques). Mais les banques ne voient pas les choses de cet œil. Lorsqu’elles s’expriment publiquement sur le sujet – c’est rare et il faut le chercher dans des publications financières à la diffusion restreinte (1) – il est mis en avant que la perspective de voir adoptée une formule de renflouement s’inspirant de celle qui a été appliquée à Chypre (l’implication des actionnaires, des créanciers à des titres divers et des gros déposants) va renforcer l’instabilité financière. Notamment parce qu’elle aurait pour conséquence un accroissement de la demande de collatéral (2) et une hausse des intérêts sur le marché obligataire. Ce qui au demeurant n’est pas nécessairement faux !

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L'actualité de demain : QUI VA PAYER POUR LA CRISE ?, par François Leclerc

Billet invité

Qui va payer pour cette crise ? La question semblait entendue, puis les cartes se sont brouillées. Au départ, ce n’était pas les banques, pour désigner la face visible du système financier, mais les États, c’est-à-dire les citoyens. Puis c’est devenu plus compliqué, car il a fallu en convenir : la stratégie de désendettement européenne ne donne pas de résultats particulièrement brillants…

Les signaux tournant autour de cette même interrogation – qui va payer ? – se sont multipliés. La crise grecque, puis la crise chypriote ont été l’occasion de deux inflexions : la première en engageant une restructuration de la dette publique, la seconde en impliquant dans un sauvetage les actionnaires et les créanciers de deux banques. À chaque fois, le même discours a été tenu : « cela ne recommencera pas ! ». Dans le cas de la Grèce, qui est de ce point de vue emblématique, le contraire est d’ores et déjà certain, et dans celui de la participation des créanciers aux sauvetages bancaires, l’Espagne l’avait discrètement devancé en vendant à près d’un million de familles pour 30 milliards d’euros des « preferentes », ces titres dont la valeur s’est ensuite effondrée.

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L'actualité de demain : LA PROMESSE DE LA DÉCENNIE, par François Leclerc

Billet invité

Ils s’y mettent tous ou presque, y compris José Manuel Barroso (qui ensuite recule), mais le gouvernement allemand tient bon dans l’adversité : il réaffirme sa stratégie de désendettement et d’amélioration de la compétitivité en dépit de son absence de résultats. Cela lui est d’autant plus aisé qu’aucune stratégie alternative ne lui est opposée. L’assouplissement qui est demandé est déjà pratiquement acquis et se traduit au cas par cas par un allongement du rythme de réduction du déficit ou du remboursement des prêts. Sans autre effet que de gagner du temps pour un résultat très incertain, à enregistrer les annonces de nouvelles mesures de rigueur budgétaires à venir. L’essentiel est de rester inscrit dans le cadre prescrit.

Les effets pervers de cette stratégie sont connus, la rigueur budgétaire ayant précipité l’Union européenne (pas seulement la zone euro) dans la récession. Il paraît donc de bon sens d’en demander la révision. Mais l’ampleur du désendettement n’a toujours pas été prise en compte, car cela serait dérangeant, impliquant un changement stratégique radical. Après l’avoir longtemps nié, il est désormais reconnu que le système bancaire a également un sérieux problème dans ce domaine, qui n’est donc pas réservé aux seuls États. Il est donc désormais prévu qu’une décennie sera nécessaire pour globalement le résorber, et qu’il faut en attendant tenir sur le même registre.

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L'actualité de la crise : DE L’ART DE MAL ACCOMMODER LA DETTE, par François Leclerc

 

Billet invité.

Sans désendettement, pas de sortie de crise ! Même si la condition n’est pas suffisante, elle est nécessaire. Mais les dirigeants européens continuent de se prendre les pieds dans le tapis à ce sujet, et leurs collègues américains, britanniques et japonais sont finalement logés à la même enseigne.

George Osborne, le chancelier de l’échiquier britannique, vient fort à propos de déclarer que « réduire la dette britannique et nous remettre de la crise financière va prendre manifestement plus de temps que ce que nous avions espéré » et Mariano Rajoy, qu’il sera « très compliqué » de respecter l’objectif de déficit public assigné à l’Espagne, bien qu’il ait été réduit. Angela Merkel apporte même sa contribution, en déclarant qu’il sera possible d’étudier une restructuration en bonne et due forme de la dette grecque, une fois toutefois que le budget de l’État aura atteint l’équilibre, c’est à dire qu’elle pourra être stabilisée.

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L'actualité de la crise : ON ATTEND LA BCE, AURONS-NOUS LA FED ? par François Leclerc

Billet invité

Le comité monétaire de la banque centrale américaine va se réunir mardi et mercredi, dans le contexte d’un nouveau ralentissement de la croissance du pays – +1,5% au second trimestre – qui se poursuit depuis le début de l’année. Que va-t-il bien pouvoir décider cette fois-ci ?

Deux opérations successives de quantitative easing (assouplissement quantitatif) baptisées QE1 et QE2 ont déjà permis à la Fed d’injecter 2.300 milliards de dollars en achetant des obligations du Trésor ou des titres émis par des organismes de refinancement hypothécaires. Une troisième opération de création monétaire est depuis pendante, au vu des résultats mitigés des deux précédentes.

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L'actualité de la crise : TROIS STRATÉGIES DE DÉSENDETTEMENT, par François Leclerc

Billet invité

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L’hyperinflation n’est jamais bien loin, dès qu’il est fait référence à la création monétaire, la fameuse planche à billets. L’histoire est alors mise à profit pour annoncer la résurgence d’épisodes qui ont marqué les mémoires. Même cause, même effet, est-il immédiatement pronostiqué !

La crise que nous vivons pourrait cependant nous amener à nuancer. À considérer d’abord que c’est une inflation des actifs financiers qui a été constatée, et non celle des prix des produits de consommation. À remarquer ensuite que cette dernière ne s’est pas déclenchée aux États-Unis, au Japon ou au Royaume-Uni, pays dont les banques centrales n’ont pourtant pas lésiné en matière de création monétaire.

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L'actualité de la crise : LE POINT D'APPUI QUI LUI AUSSI FAIT DÉFAUT, par François Leclerc

Billet invité

L’Inde ne va pas fort, le Japon et la Corée du Sud non plus et la Chine ne se sent pas très bien. Les exportations à la baisse en raison de la faiblesse de ses grands marchés à l’export, un net ralentissement de la croissance asiatique est enregistré. Des analystes interrogés affectent de croire en un rebond résultant de mesures de relance, en dépit de cet environnement international. Que peuvent-ils espérer d’autre ?

La banque centrale chinoise a réduit son taux d’intérêt deux fois en un mois, signe d’une évidente nervosité. Depuis décembre, les réserves obligatoires des banques ont été réduites par trois fois – des mesures qui pourraient être renouvelées d’ici la fin de l’année – afin de maintenir l’investissement, principal moteur de la croissance vu la faiblesse de la consommation intérieure. Officiellement, cette croissance est encore de 7,6 % sur un an, elle était de 10,4 % en 2010 et de 9,2 % l’an dernier : quelle que soit la valeur de ces chiffres, une forte décrue est incontestable.

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L'actualité de la crise : FAUSSES PISTES, par François Leclerc

Billet invité

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Croissance est un mot magique qu’il suffit de prononcer pour que tout redevienne comme avant. C’est tout du moins ce que les quatre dirigeants européens réunis hier à Rome semblent croire en annonçant le chiffre de 120 à 130 milliards d’euros pour la relancer, un montant qui aurait été astronomique il y a encore quelque temps et qui paraît malheureusement un peu dérisoire aujourd’hui.

c’était le seul sujet, soit dit en passant, sur lequel ils auraient pu se mettre d’accord, avec une taxe sur les transactions financières – qui sonne bien dans les communiqués, mais pas dans les poches. Le principal centre financier européen, la City de Londres a refusé à l’appliquer, refus qu’ils se sont contentés d’entériner.

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