LENTEMENT, ILS S’ENFONCENT… par François Leclerc

Billet invité.

Une faible croissance européenne – quand elle est enregistrée – côtoie une poussée déflationniste prononcée et persistante. Rien de notable ne bouge dans un panorama économique européen bien installé, à l’exception notable d’un recul des commandes à l’industrie allemande, qui a pour origine selon les mois la zone euro ou la Chine, confirmant la faiblesse d’un modèle de croissance basé prioritairement sur l’export. Par ailleurs, les velléités de renforcement de la gouvernance européenne ne se concrétisent pas et la crise politique poursuit son chemin. L’exode massif des réfugiés domine désormais ce panorama.

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TOUT LEUR RÉUSSIT, ENCORE UNE FOIS BRAVO ! par François Leclerc

Billet invité

« Retenez-moi, sinon je fais un malheur ! ». Tel est en substance le message que la nouvelle Commission européenne vient d’adresser faute d’inspiration aux mauvais élèves que sont l’Autriche, la Belgique, l’Espagne, la France, l’Italie, Malte et le Portugal. Quelques mois leur sont accordés, le temps de trouver une autre manière de gagner du temps. Des engagements ont été pris pour redresser la barre, mais ceux du gouvernement français restent confidentiels, comme s’ils n’étaient pas assumés ou non destinés à être plus tard vérifiés, sans doute les deux à la fois.

Pour saluer cette difficile et courageuse décision, le Commissaire Pierre Moscovici a su trouver les mots qu’il faut, qualifiant cette temporisation de « politiquement et économiquement justifiée » tout en faisant valoir que « la Commission est là pour faire appliquer les règles, avec flexibilité mais sans créativité excessive ». Pourquoi d’ailleurs se précipiter ? L’inflation est encore à 0,3 % en zone Euro, selon les derniers chiffres d’Eurostat, le rythme de sa décélération ne s’aggravant pas, peut-on faire remarquer aux Cassandre, celui de l’inflation sous-jacente étant stabilisée pour l’instant.

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COMPTE À REBOURS DU SOMMET DES 23 ET 24 OCTOBRE, par François Leclerc

Billet invité.

Jour après jour, les nouvelles tombent et vont dans le même sens :, celui de la détérioration de la situation en Europe. Selon l’Office fédéral de statistiques, la production industrielle allemande enregistre une chute de 5,7% en août, et il est difficile de la résumer au contrecoup de la forte progression de juillet dernier afin de ne pas y voir un signe de faiblesse n’ayant rien de conjoncturel. La croissance s’était déjà contractée en Allemagne au second trimestre, va-t-il en être de même au troisième, ce qui signifierait techniquement une récession ? La baisse enregistrée est principalement à attribuer aux exportations, en premier lieu en-dehors de la zone euro (là où sont placés tous les espoirs), mais le ralentissement des exportations est général, au sein de la zone comme vers les pays de l’Est européen et les pays émergents. Le modèle du salut par l’exportation n’en sort pas confirmé.

Pour la zone euro, les prévisions d’inflation à cinq ans continuent de diminuer, tandis que celles à deux ans le font encore plus fortement. Elles s’établissent à 1,094% aujourd’hui, pour un objectif d’inflation de la BCE « proche de 2% », rappelons-le. L’Istat, l’institut italien de statistiques, ne décèle aucune amélioration à ce sujet à l’horizon qui est le sien. Il prévoit par ailleurs une progression du PIB de la zone euro de 0,2% aussi bien au 3ème que 4ème trimestre, et de 0,3% au premier trimestre de l’année prochaine (et il s’agit de moyennes !). Cette très faible croissance profiterait avant tout de l’effet d’entrainement des nouvelles liquidités déversées par la BCE, selon l’institut. Continuer la lecture de COMPTE À REBOURS DU SOMMET DES 23 ET 24 OCTOBRE, par François Leclerc

Europe : ILS CONTINUENT DE JOUER PETIT… par François Leclerc

Billet invité.

Laborieusement, comme en toute chose, les dirigeants européens s’efforcent de surmonter leurs contradictions et d’amorcer un tournant qui s’annonce par avance inconséquent. Devant les faits, ils doivent une fois de plus s’incliner, sans en tirer les conséquences et remettre en question leur orientation. L’Italie s’apprête à dépasser la ligne jaune des 3% du PIB de déficit que la France est loin de pouvoir rejoindre. La sanction ne peut être minorée : ce ne sont plus des pays européens périphériques qui se révèlent rebelles à l’application d’une politique qui fait loi, mais deux des trois principales puissances économiques de la zone euro (la première ne se portant pas si bien).

Que croyez-vous que cela va déclencher ? Non pas une remise en cause de cette politique, mais une tentative dérisoire, qui se cherche, de continuer à tenter de faire entrer des ronds dans des carrés. Tous les indicateurs économiques en berne prononcée, les marges de manœuvre des gouvernements se réduisent encore, aboutissant à ce que fleurissent à nouveau les appels plus ou moins explicites à l’Allemagne afin qu’elle réagisse et devienne la locomotive de l’Europe. Le dernier en date de Christine Lagarde, au nom du FMI. Mais l’on se paye de mots une fois de plus. Croire que l’introduction, non généralisée et progressive, d’un salaire minimum de 8,5 euros brut va dynamiser la consommation intérieure allemande et favoriser les exportations des autres pays de la zone euro, c’est prendre des vessies pour des lanternes. Penser qu’un programme d’investissement allemand en serait également susceptible est une vue de l’esprit. Il ne reste plus que la crainte non avouée que l’Allemagne prenne du champ et joue solo.

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L'actualité de demain : BRAVO, ILS TRAVAILLENT DÉJÀ À LA CRISE SUIVANTE ! par François Leclerc

Billet invité.

Pour y revenir, que penser du dispositif de renflouement des banques adopté par les 27 ministres des finances de l’Ecofin, qui doit encore être adopté par le Parlement européen ?

Ce dispositif n’est pas fait pour la crise financière actuelle des banques, mais au mieux pour la suivante ! Il est prévu qu’il n’entrera en service qu’en 2018 et il suppose que soit entre temps réglé le délicat problème de l’autorité de résolution (à ne pas confondre avec l’échafaudage de la supervision chapeauté par la BCE). Recul après recul, aux dernières nouvelles, celle-ci devrait être mise en place fin 2014, mais ce calendrier peut encore changer.

Il est ensuite abusif d’en faire stricto sensu un élément de l’union bancaire, ce deuxième pilier présumé avec le programme OMT de la BCE de la stabilisation de la crise, car les sauvetages qu’il décrit s’inscriront dans un cadre national, comme le gouvernement allemand le souhaitait. L’éventualité même d’une intervention du Mécanise européen de stabilité (MES) n’est même pas mentionnée dans le communiqué final. Les désaccords entre ministres portaient sur le degré de flexibilité national des règles qui allaient être adoptées, et ce dernier maintient un grand flou à cet égard : le mécanisme qui en ressort est largement à la carte.

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L'actualité de la crise : DANS LA NASSE ! par François Leclerc

Billet invité.

D’ambition modeste puisque destiné à « éloigner les incertitudes », mais « allant dans la bonne direction », un accord encore flou dans les détails de réduction du déficit et de déplafonnement du montant de la dette est finalement intervenu dimanche soir à Washington, qui devrait être voté par les deux chambres d’ici mardi soir.

Symboliquement, il ne comprend aucune remise en cause des avantages fiscaux des plus fortunés. De nombreux arbitrages restent à faire en matière de coupes budgétaires, qui permettraient ensuite d’enjamber l’échéance des prochaines présidentielles, l’essentiel reste à décider. L’idée est de procéder graduellement dans les dix années à venir, moins abruptement qu’en Europe, mais l’exercice n’en sera pas moins lourd de conséquences.

Que ce soit aux Etats-Unis ou en Europe, une même nasse est mise à l’oeuvre : par tous les moyens, les Etats sont sommés de réduire leur voilure et diminuer leur endettement. Hier ennemi public n°1, faisant désormais pâle figure, l’inflation cède le pas à la dette.

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