Que faire du stock de la dette publique mondiale

Dans son dernier communiqué, la Fed vient d’abandonner l’expression « mesures accommodantes » pour confirmer la poursuite du début de son désengagement, devançant la BCE dont le rythme est nettement moins soutenu. À l’opposé, la Banque du Japon poursuit sans donner signes de faiblesse ses achats massifs de la dette publique financés par une création monétaire soutenue, sans que cela suscite une particulière émotion. Cela peut-il s’expliquer par des situations nationales ou régionales différentes ?

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LES GRECS, CES EMPÊCHEURS DE TOURNER EN ROND, par François Leclerc

Billet invité.

Plus l’on s’approche de la prochaine réunion de l’Eurogroupe du 24 avril à Riga, plus la confusion s’instaure. Une fois encore, cette occasion est présentée comme fatidique en vue de conclure un accord entre le gouvernement grec et les autorités européennes. En conséquence, c’est le 20 avril que de nouvelles propositions de réformes doivent être au plus tard formulées par Athènes afin qu’elles puissent y être examinées, une échéance que le vice-président de la Commission, Valdis Dombrovskis, a déjà présenté comme « plus ou moins la date préliminaire »… Allez donc savoir !

Jusqu’à quand Athènes pourra-t-elle tenir financièrement ? Cette question a déjà donné lieu à de nombreuses supputations qui ont été infirmées, mais les échéances des remboursements de mai du FMI apparaissent cette fois-ci insurmontables, le gouvernement continuant d’assurer qu’il payera en priorité les salaires des fonctionnaires et les retraites, ce qui le conduira à faire rapidement défaut s’il n’obtient aucun nouveau financement.

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LE REPOUSSOIR DU DÉFAUT N'EST PAS UNE CONDITION SUFFISANTE… par François Leclerc

Billet invité.

Combien de temps la Grèce va-t-elle pouvoir tenir ? Ses échéances de remboursement, qui sont établies, donnent des éléments de réponse que deux autres phénomènes compliquent : l’exode des capitaux des banques grecques, qui semble cependant s’être ralenti, et la collecte des impôts, qui connaît une importante baisse de régime.

La décision de la BCE d’augmenter le plafonnement de l’aide de liquidité d’urgence (ELA) a pour objectif de tenir à flot les banques grecques dans l’immédiat, mais le second facteur est sans appel, car les ressources budgétaires finiront par manquer, et l’État sera en état de cessation de payement. Georges Stathakis, le ministre grec de l’économie, a reconnu dans une interview au Wall Street Journal : « nous aurons des problèmes de liquidité en mars, si la collecte des impôts ne s’améliore pas », pour ajouter « nous verrons alors à quel point l’Europe sera dure », sous-entendu nous empêchera ou non de couler. Via son compte Twitter, il s’est depuis appuyé sur le plan d’augmentation des recettes fiscales qu’Alexis Tsipras va annoncer dimanche soir au Parlement pour relativiser son propos et ajuster son tir.

La question du « financement-relais » de la Grèce est au centre du bras de fer qui se déroule en ce moment. En demandant à la BCE de lui retourner comme convenu les 1,9 milliards d’euros que sa détention des titres grecs lui a apportés, le gouvernement grec fait porter à celle-ci une responsabilité dont elle préférerait se défausser, la plaçant au centre d’un jeu qui n’est pas dans sa mission. Mais si ce jeu se joue avec comme seule certitude partagée que la sortie de l’euro de la Grèce n’est pas une option, ses partenaires s’en rapprochent de plus en plus dangereusement.

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