Les marchés financiers se complaisent toujours dans l’opacité

La réglementation des transactions des marchés financiers, MiFID 1, ne s’étant pas révélée suffisante, une nouvelle version est entrée en vigueur en janvier dernier sous le nom de MiFID 2. Nec plus ultra de la régulation, cette dernière a été présentée comme allant bouleverser le fonctionnement des marchés. Mais elle n’a pas atteint son but.

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NOUVEAUX EXPLOITS DES MÉGABANQUES, par François Leclerc

Billet invité.

Ayant privilégié le renforcement des fonds propres des banques sur le mode d’une digue allant contenir la prochaine tourmente, tout en laissant intacts les mécanismes spéculatifs qui auront suscité celle-ci, la régulation financière est en train de vivre ses derniers instants. Alors que des pans entiers de l’activité financière sont laissés dans l’ombre, et que les banques européennes freinent les dernières ardeurs des régulateurs, l’élection de Donald Trump annonce le début du détricotage des mesures de régulation, sans que l’on sache encore par quel bout il va commencer.

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QUEL MONDE ! NON MAIS QUEL MONDE ! par François Leclerc

Billet invité.

Jadis, les banques centrales faisaient le marché, gendarmes respectés du système financier, que la puissance publique contrôlait. Aujourd’hui, que maitrisent-elles vraiment, du haut de leur indépendance de façade ? Les faits semblent désormais établis : leurs moyens ne sont ni dimensionnés ni adéquats au regard de ce qu’est devenu un monde qui leur échappe. Les mouvements de capitaux sont disproportionnés par rapport à ce qu’elles peuvent mobiliser, et leurs instruments de politique monétaire sont sans prise sur une crise multiforme.

Dans ce nouveau monde, le gigantisme atteint par les institutions financières porte à réflexion. Selon SNL Financial – une société américaine spécialisée dans les informations sur les banques et les assurances – JP Morgan Chase, Bank of America, Citi Bank, US Bank et Wells Fargo, détenaient à elles seules 44 % du total des actifs inscrits en 2013 au bilan des banques américaines, soit 6.780 milliards de dollars. En 1990, les cinq plus grandes banques affichaient un total de 457 milliards d’actifs, soit 9,6 % de l’ensemble des actifs bancaires de la même année.

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LES DARK POOLS PORTERAIENT-ELLES BIEN LEUR NOM ?, par François Leclerc

Billet invité

Le vent de nouvelles poursuites continue à souffler depuis les États-Unis. Après le trading à haute fréquence, c’est au tour des dark pools d’être l’objet qu’enquêtes et de poursuites. Originellement destinées à protéger les gros investisseurs des regards inquisiteurs et des spéculations à leur encontre, ces entités ont poussé comme des champignons. Il existe une cinquantaine de dark pools dont il est tardivement découvert qu’elles sont sans supervision et pourraient être le siège discret de pratiques contrevenant à la libre formation des prix, cette mission dévolue aux bourses traditionnelles. Des grandes banques européennes – dont UBS, Crédit Suisse et Barclays – sont à l’origine des plus importantes. La SEC (le gendarme de la bourse américain) a déjà formulé des premières propositions de réglementation des dark pools et en a annoncé de nouvelles. Elle est déjà intervenue dans le cas de l’une d’entre elles, Liquidnet, qui faisait bénéficier des investisseurs d’informations privilégiées sur les transactions qui y étaient opérées.

Le procureur général de New York, Eric Schneiderman, a commencé par enquêter à propos de tels comportements en faveur des opérateurs à haute fréquence. Puis il a enjoint à six de ces opérateurs de fournir des informations à propos de tels arrangements à un tribunal (procédure de subpoena). Il a poursuivi en annonçant des poursuites contre Barclays, qui chercherait en procurant ces avantages à attirer au sein de sa dark pool des opérateurs de trading à haute fréquence afin de gonfler son activité et ses revenus. Aux États-Unis, 14 % des transactions boursières seraient déjà effectuées via ces systèmes de transaction.

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L'actualité de demain : A LA RECHERCHE DE L’INNOCENCE PERDUE, par François Leclerc

Billet invité.

On est très loin de la corbeille à la papa et des boursicoteurs amateurs! La progression fulgurante des innombrables mini-transactions informatisées à très grande vitesse du High Frequency Trading ( HFT) et le rapide développement des dark pools (les « piscines opaques ») sont en train de totalement bouleverser le fonctionnement des marchés. Et pas dans le sens de la transparence qui lui est cher. Même le monde financier est à deux vitesses.

Voilà toute l’étendue du problème : aux États-Unis, selon le Wall Street Journal, plus de la moitié des transactions seraient désormais opérées dans le cadre du HFT et 14% d’entre elles réalisées en 2012 dans le cadre des dark pools/, contre 3% en 2007, avec une pointe à 37% le mois dernier. Les dark pools avaient à l’origine comme objectif de protéger les grands investisseurs, afin que leurs ordres volumineux ne soient pas détectés par d’autres pendant leur exécution et que cela aboutisse à accroître le prix de leurs acquisitions. Mais, comme en toutes choses financières, la pratique a pu pervertir ces nobles intentions, conduisant leur régulateur, la Financial Industry Regulatory Authority (FINRA), a enquêter.

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