Régulation financière : DE CHARYBDE EN SCYLLA, par François Leclerc

Billet invité.

Jusqu’alors entouré de mystère et resté invaincu, le danger systémique a désormais un visage mais n’en sort pas glorieux. Non pas celui d’une panique bancaire des déposants (le retrait dans la panique de leurs fonds), mais le débouclage en catastrophe par les banques de leurs positions dans les produits dérivés. Produisant alors un effet cataclysmique garanti en raison du volume d’encours de ce marché – 7.000 milliards de dollars – et de la propagation de ces produits financiers dans les bilans bancaires, où ils sont particuliers concentrés dans les mégabanques. D’où leur nom de banque systémique. Le Conseil de stabilité financière (FSB) décidé en 2009 par le G20 – qui chapeaute tous les organismes publics nationaux et internationaux – a finalement établi en 2012 une liste de 29 établissements, après longue réflexion, et on attendait patiemment la suite.

Les contraintes de renforcement supplémentaires de leurs fonds propres de ces banques ne suffisant pas, de tout évidence, les régulateurs américain, Fed en tête, ont obtenu de l’International swaps and derivatives association (ISDA) qu’elle étudie avec ses membres des mesures complémentaires. L’ISDA est ce club très fermé qui regroupe les grands acteurs du marché des dérivés et fait la pluie et le beau temps sur celui-ci, décidant notamment s’il y a défaut ou pas lorsqu’un incident de payement intervient. On sait à ce propos que, toujours présentés comme assurances afin de les montrer sous leur meilleur jour, les credit-default swaps ont été détournés de leur objet initial et sont devenus pour la plus grande part un des jeux favoris et les plus fréquentés du grand casino. En fait d’assurance, ce sont des paris sur l’évolution du prix de leur sous-jacent qui ne méritent qu’un sort : leur interdiction. Continuer la lecture de Régulation financière : DE CHARYBDE EN SCYLLA, par François Leclerc

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