EN ROUTE POUR DE NOUVELLES GRANDES AVENTURES ! par François Leclerc

Billet invité

Après avoir fait les gros titres sur le thème « plus jamais cela », la régulation est désormais la grande oubliée d’une Europe ayant d’autres gros soucis. Les lobbies bancaires enterrent des mesures restant à l’étude et les États-Unis apparaissant à la pointe des réformes, tout étant relatif ! Les dirigeants européens ont d’autres réformes en tête, qui sont au contraire pro-business. Embourbés dans une politique ne produisant pas les effets annoncés, ils s’entêtent et pratiquent la fuite en avant. Jusqu’à quand ?

Lors de leur rendez-vous à Jackson Hole, les banquiers centraux n’étaient pas si à l’aise, faisant de leur pragmatisme une vertu, faute de posséder la recette permettant de revenir sans encombres sur leurs mesures d’assistance au système financier. C’est avec de multiples précautions que la Fed et la Banque d’Angleterre cherchent à relever leurs taux proches de zéro, grâce auxquels le crédit est quasi-gratuit pour les établissements financiers ayant accès à leurs guichets. Elles craignent les effets d’enchainement sur les taux du sevrage qu’elles voudraient administrer, avec comme choix d’assumer ce risque ou de voir des bulles d’actifs continuer à gonfler.

Plus généralement, la question est posée : le système financier est-il en mesure de se passer de l’assistance des banques centrales ? La ferveur que manifestent au sein de la zone euro les marchés à l’idée que la BCE pourrait à contretemps de ses consœurs démarrer la planche à billets montre que la réponse n’est pas évidente.

Continuer la lecture de EN ROUTE POUR DE NOUVELLES GRANDES AVENTURES ! par François Leclerc

Partagez
Recommandez par mail Recommandez par mail

Zone euro : LA FATALITÉ N’EXISTE PAS ! par François Leclerc

Billet invité.

Les dirigeants européens seraient bienvenus à s’interroger à propos de la politique qu’ils ont eux-mêmes décidée, ou à défaut suivie par peur de s’y opposer, par conformisme plus que par conviction. Non pas seulement pour en constater les effets qui contredisent leurs prédictions, mais aussi pour s’interroger sur leurs causes. Car les bricolages qui s’annoncent ne régleront rien.

Leur obstination à ne pas se résoudre à une telle clarification, qui renvoie à leur discours obsessionnel à propos de la dette et des réformes d’inspiration libérale destinées à relancer la croissance, fait à la longue problème. Parce qu’elle pourrait laisser penser qu’ils se sont résignés à précipiter l’Europe dans une période récessive et déflationniste durable, prix à payer selon eux pour réduire un endettement excessif, en affirmant qu’il n’y a pas d’autre solution. En évitant de se poser une délicate question : la désastreuse situation actuelle a-t-elle pour origine la crise financière, ou est-elle le résultat de leur politique ?

Continuer la lecture de Zone euro : LA FATALITÉ N’EXISTE PAS ! par François Leclerc

Partagez
Recommandez par mail Recommandez par mail

Zone euro : NOUS Y ARRIVONS !, par François Leclerc

Billet invité.

La zone euro est à nouveau au bord de la récession et la pression déflationniste s’amplifie, accentuant le risque d’entrer dans une déflation à la japonaise dont on ne sort pas. L’Allemagne, la France et l’Italie – ses trois premières puissances économiques – sont désormais touchées, chacune à sa manière. Sans que cela influe sur le discours de la BCE et de la Commission, qui préconisent comme si de rien n’était la poursuite des réformes structurelles en prenant comme exemple la mirifique croissance dont bénéficient l’Espagne et le Portugal (0,6% au second trimestre dans les deux cas) après avoir été poussés au fond du trou.

Le discours sur la croissance est épuisé, mais il n’y en a pas de rechange, d’où la crispation de la part de ceux qui n’ont pas d’alternative à proposer à leur politique reposant sur la résorption accélérée et prioritaire de la dette publique. Pourtant, elle ne fonctionne pas, comme le montre notamment la progression de la dette de l’État espagnol : celle-ci a dépassé fin juin les 1.000 milliards d’euros et continue à grimper, prévue pour dépasser le seuil symbolique de 100% du PIB en 2015. D’un point de vue économique, inscrire dans un traité des normes de déficit est tout aussi absurde que d’avoir mené la politique d’austérité, et cela ne garantit en rien qu’elles seront respectées…

Continuer la lecture de Zone euro : NOUS Y ARRIVONS !, par François Leclerc

Partagez
Recommandez par mail Recommandez par mail

LA POUDRE AUX YEUX SE DISSIPE, par François Leclerc

Billet invité.

Combien de temps cela va-t-il pouvoir encore tenir sur le même mode ? Les derniers chiffres d’Eurostat sonnent le glas d’une politique dont l’argument se voulant décisif est qu’elle est la seule possible. La croissance de la zone euro a été de 0,2 % au premier trimestre 2014, à l’identique du précédent. Et ce résultat est dû aux 0,8 % de croissance allemande, car la liste des pays passés en territoire négatif s’allonge : l’Italie d’abord, mais aussi Chypre, l’Espagne, l’Estonie, la Finlande, la Grèce, les Pays-Bas et le Portugal. Quant à la croissance française, elle est nulle. Les temps à venir ne se présentent pas mieux.

C’est le résultat prévisible de la politique de dévaluation interne. Il s’accompagne depuis octobre dernier de la persistance d’une inflation nettement inférieure à 1 %. Selon Eurostat, le taux d’inflation annuel est de 0,7 % en avril. Chypre, la Grèce, le Portugal et la Slovaquie sont en territoire négatif. La BCE a reconnu qu’une telle situation ne pouvait pas durer, mais elle a sorti de son chapeau des anticipations d’inflation de 1,6 % en 2016 sujettes à caution pour justifier son inaction. La combinaison d’une très faible croissance et du maintien de fortes pressions déflationnistes signe la période dans laquelle la zone euro est entrée et fait obstacle à la réussite de la stratégie de désendettement.

Continuer la lecture de LA POUDRE AUX YEUX SE DISSIPE, par François Leclerc

Partagez
Recommandez par mail Recommandez par mail

À QUELS INDICES SE VOUER ? (SUITE), par François Leclerc

Billet invité.

La croissance du PIB de la zone euro a été selon Eutelsat de 0,3% au dernier trimestre 2013, déjouant les attentes des économistes qui prévoyaient 0,2% et provoquant des commentaires enjoués. À la recherche de clés rendant positivement compte du cours imprévisible des événements, les analystes et commentateurs sollicitent abusivement les indicateurs économiques et financiers. Au palmarès du moment figurent les variations du taux des titres souverains ou de la timide croissance du PIB, l’amélioration de la balance du commerce extérieur, ainsi que, pour les plus pointus, le remboursement des banques des crédits à trois ans de la BCE. Tout est en réalité à chaque fois affaire d’analyse. Car les taux obligataires restent malgré tout élevés, la croissance atone, l’amélioration de la balance du commerce extérieure résulte aussi d’une diminution des importations, et le toilettage des banques à plus à voir avec l’examen qui les attend qu’avec leur bonne santé retrouvée. À part cela, tout va mieux !

Continuer la lecture de À QUELS INDICES SE VOUER ? (SUITE), par François Leclerc

Partagez
Recommandez par mail Recommandez par mail

L'actualité de demain : TENIR ! TOUJOURS TENIR ! par François Leclerc

Billet invité.

De « modéré », le taux de croissance de l’économie américaine est pour la Fed devenu « modeste », Mario Draghi de la BCE décelant très prudemment une « confirmation de la stabilisation » au sein de la zone euro. De nouveau, le sujet de la croissance est sur toutes les lèvres, ce qui généralement survient quand un miracle est espéré. La palme incontestée revient une fois de plus à Pierre Moscovici, le ministre français de l’économie et des finances, pour son envolée à propos de la « véritable croissance » française qu’il prévoit en 2014 : « notre objectif, c’est 0,8% puis ensuite repasser nettement au-dessus de 1%, 1,5% pourquoi pas 2% en 2015 et 2016 ». Pourquoi pas, mais pourquoi s’arrêter là ?

Si un frémissement devait intervenir, nul doute qu’il sera toutes affaires cessantes présenté comme la fin du tunnel. Avec le retour des banques sur le devant de la scène, on est décidément revenu à la case départ : celle de ces petites pousses vertes annonciatrices de futures récoltes. Encore que l’Autorité prudentielle française (ACP), fidèle en cela à une tradition que le monde entier lui envie, vient de s’appliquer à noyer le poisson à propos des banques du pays en annonçant qu’elles sont « à niveau ou pas loin » du ratio de levier « qui ne s’appliquera d’ailleurs qu’en 2018 », oubliant en cela que celui-ci n’a pas encore été fixé par le Comité de Bâle…

Continuer la lecture de L'actualité de demain : TENIR ! TOUJOURS TENIR ! par François Leclerc

Partagez
Recommandez par mail Recommandez par mail

L'actualité de demain : LA PANACÉE DE LA CROISSANCE, par François Leclerc

Billet invité.

La discussion sur l’assouplissement du rythme de l’ajustement monétaire européen, pour parler comme un ministre des finances, progresse lentement mais pas sûrement. A ses partisans reconnus – le FMI et le gouvernement américain – est venu timidement se joindre au G20 de Washington le commissaire européen Olli Rehn, pour qui la consolidation budgétaire doit être « favorable » à la croissance (sans préciser comment). Jeroen Dijsselbloem, en charge de l’Eurogroupe, y a aussi expliqué qu’il fallait tenir compte de la situation dans chaque pays, et que « plus de temps devait être accordé » quand « des revers [étaient rencontrés] dans leurs programmes de relance économique ». Il n’a fait au demeurant qu’entériner ce qui a été obtenu par le Portugal et l’Irlande, mais le doute est permis, ce qui est l’effet recherché. Devant l’évidence, il est parfois nécessaire de se rendre, a dû se dire José Emmanuel Barroso qui a pris le train en marche. Ce dont il n’a pas été question pour Wolfgang Schäuble, qui a voulu clore le débat en déclarant de manière définitive : « Personne ne peut faire l’erreur de croire qu’il y a une alternative à la réduction des déficits ».

Continuer la lecture de L'actualité de demain : LA PANACÉE DE LA CROISSANCE, par François Leclerc

Partagez
Recommandez par mail Recommandez par mail

L'actualité de demain : CES MOTS QUI PEUVENT EN CACHER D'AUTRES, par François Leclerc

Billet invité.

L’Irlande prend la présidence tournante de l’Union européenne et les commentaires sur la réussite irlandaise ne vont pas manquer de fleurir. Elle repose, est-il expliqué, sur un redressement financier résultant d’un choc de compétitivité favorisant les exportations. Le modèle même qui est proposé à l’ensemble de l’Union européenne, cela tombe bien !

De quoi s’agit-il, en réalité ? Le gouvernement irlandais a cherché le salut en poursuivant sa stratégie de tête de pont vers la zone euro destinée aux entreprises transnationales. Ce sont ces dernières qui créent les flux financiers comptabilisés comme des exportations, et le choc de compétitivité provient de la baisse des salaires, de la chute des prix de l’immobilier de bureau, et surtout du maintien d’une fiscalité avantageuse. L’État ayant supporté les pertes colossales des banques, suite à l’explosion de la bulle immobilière irlandaise, a vu sa dette exploser et, dans le cadre d’un plan de sauvetage, la rembourse en appliquant des mesures d’austérité ayant plongé le pays dans la récession, généré un chômage de près de 15% et contribué à une nouvelle vague d’émigration.

Continuer la lecture de L'actualité de demain : CES MOTS QUI PEUVENT EN CACHER D'AUTRES, par François Leclerc

Partagez
Recommandez par mail Recommandez par mail

L'actualité de la crise : UNE RÉUSSITE À TOUT POINT DE VUE, par François Leclerc

Billet invité.

Comment va le monde lorsque l’on quitte des yeux l’Europe ? L’agence de notation financière Fitch vient de souligner dans son rapport trimestriel « la faiblesse persistante [de la croissance] et les risques qui pèsent sur le reprise mondiale ».

Elle a révisé à la baisse ses prévisions pour 2012, 2013 et 2014, « malgré la nouvelle série de mesures de relance monétaires vigoureuses annoncées en septembre par la Fed, la BCE et la Banque du Japon, ainsi que la baisse de taux de la banque centrale chinoise en juillet. » Elles sont désormais de +2,1%, +2,6% et +3% respectivement.

Mais, si l’on considère les principaux pays développés, elles sont seulement de +1%, +1,4 % et +2%. Pour la seule zone euro, les prévisions sont de -0,5%, +0,3% et +1,4%. Fitch fait état de défis croissants pour les pays émergents, notamment la Chine, à la fois en raison de leur faiblesse propre et de celle de la conjoncture internationale. L’agence considère enfin que la « falaise budgétaire» (fiscal cliff) américaine constitue à court terme la principale menace, ravissant la vedette à la crise européenne.

Continuer la lecture de L'actualité de la crise : UNE RÉUSSITE À TOUT POINT DE VUE, par François Leclerc

Partagez
Recommandez par mail Recommandez par mail

L'actualité de la crise: le temps des discrets conciliabules, par François Leclerc

Billet invité.

LE TEMPS DES DISCRETS CONCILIABULES

Les marchés sont nerveux, les gouvernements sont inquiets, voici venu le temps des conciliabules, qui ne contribuent pas à leur tour à rassurer.

Ne sachant plus à quoi s’en tenir, les analystes sont à la recherche fébrile de l’indice ou du taux qui cette fois-ci annoncera à temps que le lait va à nouveau déborder, brutal et irrésistible. La volatilité qu’ils constatent du côté des marchés est en soi un indice de la crainte qui s’y est installée et qu’ils partagent.

Mais quel sera le signal qui leur permettra d’anticiper ? Afin de se replier à temps de positions avancées et hasardeuses, ou au contraire de se préparer à faire de bonnes affaires (car, comme en tant de guerre, une crise financière aiguë est une opportunité à ne pas manquer pour profiter des meilleures occasions).

En attendant, de nerveuses et massives transhumances de capitaux sont signalées quasi quotidiennement, du marché des actions à celui des obligations d’Etat et réciproquement. Manifestant un bel opportunisme ou la recherche du meilleur et incertain refuge, au choix. Pêle-mêle, toutes les raisons de cette situation sont données. Mais c’est la crise européenne qui a la vedette, allez savoir si elle va s’accélérer ou se tasser! Les paris, toutefois, se prennent très majoritairement en faveur de la première hypothèse.

Continuer la lecture de L'actualité de la crise: le temps des discrets conciliabules, par François Leclerc

Partagez
Recommandez par mail Recommandez par mail