À QUAND LA PROCHAINE CRISE ? par François Leclerc

Billet invité.

Janet Yellen, la présidente de la Fed, a cru pouvoir affirmer que nous pourrions ne pas faire l’expérience d’une nouvelle crise « de notre vivant », mais elle n’a pas clos le débat à son propos, quand bien même elle aurait raison. « À quand la prochaine crise ? » est une interrogation présente dans toutes les pensées sinon dans tous les discours. Dans un monde complexe où circulent tant de certitudes erronées, elle fait exception pour être laissée sans réponse d’autant qu’elle est doublée d’une autre sur ce qui la déclenchera.

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L'actualité de demain : DES CRISES POLITIQUES DE GRANDE PORTÉE MAIS SANS ISSUE, par François Leclerc

Billet invité.

Aux États-Unis, en Italie et au Portugal, trois crises politiques s’affichent simultanément, témoignant combien cet échelon de « crise » est atteint. Rien à voir entre elles, en raison de la diversité de leur contexte, si ce n’est leur intensité et, surtout, leur portée.

Les dirigeants politiques poursuivent leur course dans le vide, suspendus au sort de Silvio Berlusconi, alors que tous les signaux d’alarme ont été tirés à propos de la situation des banques du pays. Troisième puissance économique de la zone euro, l’Italie ne peut pas de ce point de vue être cataloguée parmi ces pays périphériques abandonnés à leur sort. Jean-Claude Junker, l’ancien président de l’Eurogroupe, résumait hier ce que la Grèce pouvait pour sa part attendre : « Dire aux Grecs que quoi qu’il advienne ils auront une aide, ce n’est pas un bon signal. Dire à nos compatriotes que quoi qu’il advienne les Grecs n’auront plus un sou, c’est contreproductif. Il faut savoir silence garder »…

Mais que dire aux Italiens dont les grandes entreprises sont vendues au rabais, leurs PME mendient le crédit et leurs banques et compagnies d’assurance regorgent de titres de la dette publique qui se dévalorise quand son taux augmente ? Les banques de la zone euro, au premier chef les françaises qui en étaient gorgées, se sont délestées de ces titres qui leur brûlaient les doigts, anticipant un dérapage et des pertes, faisant de l’Italie l’exemple à venir, mais qui se rapproche considérablement, d’une implosion, cette explosion vers l’intérieur. La BCE, qui a accepté en garantie les mêmes titres enregistrera les pertes qu’elle a jusqu’à maintenant su éviter avec les titres de la dette grecque. Si l’Italie devait à son tour tomber dans le trou, c’est toute l’Europe qui menacerait d’y tomber.

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L'actualité de demain : POUR UN PROGRAMME DE MESURES "NON CONVENTIONNELLES", par François Leclerc

Billet invité.

La pagaille européenne prend des dimensions renouvelées. Il faut aussi aller la rechercher dans une étude réalisée par KPMG, le groupe de services financiers, pour la découvrir dans toute sa profondeur et ne pas s’en tenir à ses manifestations les plus spectaculaires qui s’expriment sous la forme du véritable « krach politique » qui s’approche, pour reprendre l’expression appropriée de Martine Orange dans Médiapart.

Il s’avère que les créances douteuses des banques européennes atteindraient 1.500 milliards d’euros (dont 600 milliards pour les seuls établissements britanniques, espagnols et irlandais). Au lieu de nettoyer leurs bilans et constater des pertes en vendant leurs portefeuilles, ce qui viendrait contrevenir au renforcement de leurs fonds propres et inquiéterait les investisseurs, celles-ci préfèrent proroger leurs prêts (les faire rouler).

Nous venons seulement d’arriver, au bout de tant de longues années, à cette constatation qui dès le début de la crise aurait dû s’imposer : les banques sont plus atteintes qu’elles ne veulent le reconnaître et leur désendettement est prioritaire, sans que l’on puisse attendre qu’elles y parviennent par elles-mêmes en faisant de nouveaux dégâts. Les États auraient dû intervenir et appliquer avant l’heure le modèle chypriote de mise à contribution des actionnaires et des créanciers, qui était à l’époque impensable. Quitte à en assumer les conséquences systémiques qui n’auraient manqué d’apparaître, aboutissant à une reconfiguration d’ensemble du système bancaire européen et de la dette souveraine.

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L'actualité de la crise : LE JOUR OU LA CAVALERIE N'ARRIVERA PAS A TEMPS ! par François Leclerc

Billet invité

« Le plan, tout le plan et rien que le plan ! », c’est ainsi que peut se résumer l’attitude des dirigeants européens qui se raccrochent à ce qu’ils tiennent encore dans leurs mains et qui leur échappe, face à des développements en Grèce et en Italie qu’ils ne maîtrisent pas.

À Athènes, ils essayent d’obtenir des garanties écrites du parti Nouvelle Démocratie, appelé dans la confusion à succéder au Pasok après un gouvernement d’unité nationale d’intérim. À Rome, ils adressent à un gouvernement italien en sursis une liste des mesures dont l’application va être surveillée de près par la Task force de l’Union européenne, la BCE et le FMI. Dans les deux cas, ils continuent d’écrire la chronique d’une mort annoncée – celle du plan dont ils exigent l’application – ne pouvant qu’espérer retarder l’inéluctable : l’entrée de l’Italie au cœur de la zone des tempêtes et ses imprévisibles conséquences.

L’éclatement partiel de la zone euro est dans toutes les têtes, mais comment s’y résigner, comment s’y préparer ?

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Flash – 13h : MAIN BASSE SUR L'ITALIE, par François Leclerc

Billet invité

Après le plongeon des bourses asiatiques enregistré à la clôture, leurs consœurs européennes ne parviennent pas à garder le nez hors de l’eau, en dépit des interventions destinées à soutenir les cours. Même Madrid et Milan redescendent après être montées. La nervosité est grande sur les marchés, à la mesure des incertitudes et de l’approche de l’ouverture de Wall Street.

Les CDS sur la dette américaine se tendent, atteignant 57,55 points de base, tandis qu’ils baissent légèrement sur la dette des pays de la zone euro. Reflétant la petite détente intervenue sur le marché obligataire après l’annonce de l’intervention de la BCE.

Cette dernière a, selon le Corriere della Sera, adressé une lettre au gouvernement italien, co-signée par Jean-Claude Trichet et son successeur Mario Draghi. Selon le journal, elle dresse la liste des mesures à prendre, leur calendrier d’application et même les décrets législatifs à adopter. Comme si la banque centrale prenait la main en Italie, avec l’exigence détaillée d’une libéralisation de l’économie, de privatisations accélérées et de réformes libérales du marché du travail. Un véritable programme de gouvernement, toujours selon le journal.

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L'actualité de la crise : LE ROYAUME DES ILLUSIONS ET LA PORTÉE DE L'INDIGNATION, par François Leclerc

Billet invité

Chacun a le nez sur sa crise. Les Européens d’un côté, les Américains de l’autre, sans omettre les Japonais. Au-delà des frontières de ce monde qualifié d’Occidental, les pays émergents subissent le contre coup de la crise des autres.

Au nombre de toutes les illusions qui sont propagées – elles ne manquent pas – celle qui veut croire que chacun aurait dans son petit coin la solution à ses propres problèmes est une des plus répandues et des plus fausses. Les crises régionales ne sont certes pas identiques, leurs contextes étant différents, mais elles sont de même origine. Elles appellent donc une réponse d’ensemble, que l’on est loin d’entendre souvent formulée.

La prochaine nomination d’un nouveau directeur général du FMI illustre on ne peut plus crûment le fait que les vrais enjeux ne sont pas publiquement débattus. L’attention se porte sur la nationalité des candidats, mais pas sur leurs intentions, sur l’orientation qu’ils proposent pour le FMI. Tout au plus parle-t-on de sa gouvernance.

Le risque est grand que ce qui avait été entamé ne soit remis en cause, ou au moins retardé. Sans le clamer sur les toits, le FMI se positionnait discrètement afin de devenir l’artisan d’un nouvel ordre monétaire, une sorte de banque centrale mondiale en mesure de régler le problème qui ravage toute l’économie occidentale : la dette, dont on ne sait plus comment se débarrasser et que l’on voudrait recommencer à produire. Tout confondue, elle est l’addition de la dette « publique » avec la « privée », si la distinction a un sens, car on a vu comment les vases étaient communicants – à sens unique – quand cela s’est révélé indispensable à la survie du système.

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L'actualité de la crise: le spectacle est bâclé, par François Leclerc

Billet invité.

LE SPECTACLE EST BÂCLÉ

Dans ce moment de la crise, sans que cela diffère tellement des précédents, les calculs réels et présumés des acteurs qui occupent le devant de la scène apparaissent bien dérisoires et à courte vue. La crise grecque, voulue et provoquée pour l’exemple, a dérapé sans que son issue ne soit désormais aisément maîtrisable. Elle n’est cependant que le symbole d’une situation qui dépasse les frontières de l’Europe et atteint l’ensemble du monde occidental.

Certes, certains pays sont moins atteints que d’autres, mais est-il réellement pensable qu’ils puissent tirer seuls leur épingle du jeu dans un monde financièrement et économiquement aussi interconnecté ? Du Japon aux Etats-Unis, en passant par l’Europe, la dette va continuer d’enfler, sans que les bonnes résolutions adoptées le temps d’une rencontre puissent inverser la tendance. Sauf à accepter de prendre le risque de s’engager collectivement dans une longue déflation à la Japonaise accompagnée d’une crise sociale profonde et dure.

Jour après jour, la crise de la dette publique s’annonce donc redoutable. Car, par son ampleur, il ne peut plus y être trouvé de solution aussi facilement qu’on le croyait avec les recettes éprouvées. Les restrictions budgétaires pour réduire le déficit et la dette devraient être d’une telle ampleur qu’elles sont impraticables à une telle échelle, si elles ne sont pas relayées par une croissance économique, par ailleurs introuvable. Ben Bernanke, le président de la Fed, vient de reconnaître que la croissance ne suffirait pas à faire baisser le déficit budgétaire à un niveau acceptable. Le premier ministre grec, Georges Papandréou, vient de déclarer dans une belle envolée devant les députés : « La condition principale pour réussir (…) c’est de tout changer dans ce pays, économie, Etat, habitudes, mentalités, comportements, pour fonder une économie viable ». Un programme qui donne la mesure de ce qui ne sera pas fait et qui fait sonner par avance le glas d’ambitions qui ne seront pas tenues.

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L'actualité de la crise: ils marchent sur notre tête, par François Leclerc

Billet invité

ILS MARCHENT SUR NOTRE TETE

Après la Chine, coupable d’obstinément sous-évaluer sa monnaie afin de favoriser ses exportations, l’économie occidentale vient de se trouver un deuxième grand responsable des déséquilibres mondiaux qui la perturbent gravement : voici venu le temps de l’Allemagne, dénoncée comme appliquant une politique néfaste de modération salariale, à qui l’on demande désormais de diminuer les impôts (pour ne pas donner à quiconque de mauvaises idées).

On remarquera qu’il s’agit des deux plus grandes puissances économiques exportatrices mondiales, atteintes d’un mal que l’on n’avait pas encore détecté et que le docteur Christian Noyer, gouverneur de la Banque de France et président (tournant) de la Banque des règlements internationaux, vient de diagnostiquer avec perspicacité sur les ondes de la radio française BFM : « La situation où un pays accumule les excédents est une situation qui traduit un déséquilibre entre la consommation et la production » (sic). On est loin du temps où la puissance d’un pays se mesurait aux excédents de sa balance des payements !

Dans les deux cas, ces pays et la politique économique qu’ils défendent sont montrés du doigt, sommés de la corriger afin de contribuer à remettre sur ses pieds un monde qui marcherait dorénavant sur sa tête (ce que l’on avait déjà remarqué). Ceux-là mêmes qui avaient hier droit aux félicitations du jury. Les impétrants, on ne s’en étonnera pas, protestent de leur innocence et se drapent outragés dans leurs vertus en prétendant ne rien vouloir changer.

Les réactions n’ont pas tardé. Aux Etats-Unis, des sénateurs annoncent vouloir déposer une loi prévoyant des sanctions (des taxes à l’importation) pour les pays dont la monnaie sera sous-évaluée. On attend avec intérêt la définition des critères d’évaluation de la juste valeur de la monnaie, ainsi que l’acronyme de la nouvelle agence fédérale chargée de la calculer ! En Europe, le premier de la classe est sommé de diminuer ses impôts, afin que le danger d’une déflation qui est aux portes du continent s’éloigne.

Dans les deux cas, la Chine et l’Allemagne devraient, afin de remettre le monde à l’endroit, réorienter leur activité économique en privilégiant le développement de leurs marchés intérieurs (en accroissant le pouvoir d’achat). Nous en sommes là ! pas à un paradoxe près, si l’on contemple les effets de la politique de distribution de la richesse de ces dernières décennies, dont cela n’était pas spécialement l’objectif principal !

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Opinion: à la recherche du paradigme perdu, par François Leclerc"

Billet invité.

A LA RECHERCHE DU PARADIGME PERDU

A croissance économique proche de zéro durable – ainsi que cela est prévisible – il n’y a pas dix mille manières de diminuer l’endettement, à moins de dégager de nouvelles sources de financement d’une dette dont on accepterait qu’elle soit reconnue comme éternelle (ce qu’elle est déjà de facto pour les pays les plus endettés). Il n’en reste que deux : augmenter les impôts et taxes ou diminuer les dépenses. Car si la tendance est à la quasi-stagnation de la croissance, a fortiori si l’on en exclut la contribution empoisonnée des services financiers, rien n’est à attendre de ce côté-là.

Le principal danger aujourd’hui à notre porte n’est plus l’inflation du prix des produits et des services, mais une déflation dont l’évocation semble redoutée à elle seule, puisqu’elle est soigneusement tue. La question étant bien de savoir si les pays occidentaux, Etats-Unis compris, vont ou non s’engager dans l’ornière déflationniste dans lequel le Japon est coincé depuis plusieurs années sans parvenir à en sortir.

En tout état de cause, l’économie des pays occidentaux est globalement entrée dans une nouvelle période, appelée à durer une ou plusieurs décennies, dont les paramètres ont changé du tout au tout par rapport à la précédente. La Grande Crise a sonné la fin de la partie précédente et il va falloir s’adapter à une nouvelle donne, dont tous les effets ne sont pas encore mesurés.

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L'actualité de la crise: la Grande Crise s'auto-alimente, par François Leclerc

Billet invité.

LA GRANDE CRISE S’AUTO-ALIMENTE

Une constatation s’est déjà imposée : la Grande Crise est sortie de son état aigu, au moins provisoirement, pour entrer dans une phase chronique. Ce que l’on peut traduire par durable et installée. A poursuivre son observation – prenant un peu de recul face à la succession à cadence rapprochée de ses épisodes – on peut désormais également comprendre qu’elle s’auto-alimente. En d’autres termes qu’elle ne se poursuit pas uniquement parce qu’il n’a pas été fait face aux causes initiales de son déclenchement, mais aussi parce que les tentatives d’y remédier sont en elles-mêmes porteuses de sa poursuite et de son approfondissement. En ce sens, elle se reproduit.

Une conclusion s’impose alors : faute d’une reconfiguration en profondeur du capitalisme financier, pouvant aboutir à sa remise en question car il s’y oppose, la Grande Crise est devenue endémique. Pour s’en débarrasser, il n’y a d’autre issue que d’en faire autant d’un système financier parasitaire qui continue de s’accrocher à un corps social de moins en moins sain. Dont il est ressentit qu’il est vital de le préserver par un nombre grandissant de ses acteurs.

Afin de mettre en évidence ce phénomène de pérennisation désormais bien enclenché, tout peut partir d’une autre constatation, qui ne souffre pas discussion. Trois bulles financières distinctes coexistent actuellement, les deux dernières étant les produits d’une tentative inachevée et inopérante de faire face à la première. La bulle-mère est celle des actifs toxiques, qui est fort loin d’être résorbée. Les actifs y sont parqués dans ces bad banks de fait que sont les banques centrales, dans de discrets Special Purpose Vehicles, ou bien au fin fond des bilans mêmes des établissements financiers zombies, où ils sont très progressivement dépréciés.

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