Incertitudes européennes : Ô TEMPS ! SUSPENDS TON VOL… par François Leclerc

Billet invité.

Le temps qui en Europe était à l’apaisement sur les marchés vire à la forte incertitude. La BCE a suscité jeudi dernier une déception prononcée en ne prenant aucune des décisions attendues en raison de la poursuite de la désinflation, au prétexte de la « complexité » de la situation. La meilleure des hypothèses est désormais que la Banque préfère garder pour plus tard ses dernières cartouches, la pire est qu’elle a fait une grosse erreur de jugement.

Les juges de la Cour Constitutionnelle allemande ont vendredi accentué le trouble, en déclarant à propos du programme OMT d’achat de titres souverains qu’il existe « d’importantes raisons de penser [qu’il] outrepasse le mandat de la Banque centrale européenne en matière de politique monétaire ». Tout en décidant, fait sans précédent, de demander à la Cour européenne de justice de statuer sur le point capital : y a-t-il en l’espèce violation des traités qui cadrent sa mission ? Mais le mal est fait, laissant planer le doute sur la possibilité qu’a la BCE d’activer désormais son programme pour calmer le jeu si nécessaire, cette menace qui lui donnait tout son poids.

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L'actualité de demain : DIVISION ALLEMANDE À L'AUDIENCE DE KARLSRUHE, par François Leclerc

Billet invité. Ce billet contient des vues extrêmement négatives sur la cour constitutionnelle de Karlsruhe, je ne partage pas ce point de vue : l’exercice d’une cour constitutionnelle est un processus démocratique essentiel. Paul Jorion

La Cour constitutionnelle allemande a débuté aujourd’hui mardi deux journées d’audience destinées à l’aider à porter un jugement sur un sujet épineux : la BCE outrepasse-t-elle son mandat avec le programme OMT ? Celui-ci n’aura pas de portée contraignante sur la banque centrale, mais il pourrait amoindrir le caractère dissuasif de son annonce, n’ayant n’a pas eu besoin à ce jour d’être activé.

Jens Weidmann, le président de la Bundesbank, a réaffirmé devant la Cour que l’OMT brouillait la frontière entre la politique monétaire et budgétaire, tandis que Jörg Asmussen, membre du directoire de la BCE, a fait état de ses résultats incontestables, soutenu par le gouvernement allemand. La division traverse le camp allemand, les doctrinaires – qui se réfèrent à leur propre histoire et n’ont qu’une aiguille dans leur boussole, la lutte contre l’inflation, comme l’a proclamé Jean-Claude Trichet – s’opposant aux pragmatiques qui acceptent que la BCE élargisse sa mission afin de sauver les banques et l’euro. En attendant son jugement, qui ne devrait pas intervenir avant plusieurs mois, les éventuels commentaires de la Cour ne manqueront pas de sel.

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L'actualité de demain : LES CONTRADICTIONS DE LA POLITIQUE ALLEMANDE, par François Leclerc

Billet invité

La Cour constitutionnelle allemande mène des auditions à propos du programme OMT (1) de la BCE, afin de déterminer s’il est conforme à la Constitution. Celle-ci n’étant pas sous la juridiction de la Cour de Karlsruhe, l’enjeu est ailleurs comme vient de le déclarer Jörg Asmussen, membre du directoire de la BCE, qui craint que la décision de la Cour ait des « conséquences graves », qu’il ne précise pas.

Peut-être germent-elles déjà, à la lecture d’un article de la Frankfurter Allgemeine Zeitung (FAZ) faisant état d’une déclaration de la BCE devant la Cour. Selon celle-ci, l’OMT serait un programme non pas « illimité », ainsi que cela a été officiellement affirmé, mais dans la pratique plafonné à 524 milliards d’euros, ce qui en diminue considérablement la portée potentielle. Cela serait dû au fait qu’il ne concerne que l’achat d’obligations assorties d’une maturité au maximum de trois ans et que le montant évoqué est celui des obligations de cette catégorie émises par le Portugal, l’Espagne, l’Italie et l’Irlande. Cette estimation ne prend cependant pas en compte, peut-on remarquer, que ces États pourraient émettre davantage de titres à faible maturité pour couvrir le roulement de leur dette, avec comme inconvénient d’en diminuer la maturité moyenne.

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