Bas les masques

Grave question : le verre est-il moitié vide ou à moitié plein ? C’est selon, à lire dans la presse les avis éclairés des acteurs de la vie économique. Il y a les incorrigibles, qui ne veulent voir que l’amélioration de l’activité, et à l’opposé les plus circonspects.

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Les Cassandre finiront par avoir raison

Lorsque l’on est entré dans une grande crise, la synthèse devient difficile, c’est en soi un signal de son importance. L’interrogation principale portait sur la durée de la pandémie, elle s’est élargie à la profondeur de la récession dans laquelle l’économie mondiale est entrée et à l’ensemble de ses conséquences. L’économie connait partout un brutal coup d’arrêt et les prévisions de chute du PIB deviennent abyssales, comme celles du chômage qui en découlent.

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Le modèle chinois en gestation

La transition dans laquelle la Chine est engagée est rendue plus ardue par la guerre douanière que Donald Trump mène dans le but d’améliorer la compétitivité de l’économie américaine. Un scénario prévalait en occident à son propos, mais il doit être révisé. Selon celui-ci, l’énorme marché intérieur chinois allait progressivement s’ouvrir largement aux exportations occidentales, et la Chine allait cesser de faire cavalier seul pour s’intégrer dans une économie capitaliste mondialisée. Les discussions portaient essentiellement sur les à-coups et le calendrier de cette mutation au fur et à mesure qu’elle se déroulait.

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La relance, cette grande absente

Selon Eurostat et la BCE, les prévisions de croissance se réduisent en Europe, et c’est particulièrement valable pour l’Italie, l’Espagne et la France. La Commission prévoit une hausse du PIB de 1,8% pour la zone euro, qu’elle avait initialement fixé à 2,3%. Circonstance aggravante, la montée de l’inflation – qui doit beaucoup à celle du pétrole – va davantage rogner le pouvoir d’achat. Un plan de relance serait nécessaire, mais il brille par son absence faute de financement disponible. À l’optimisme un peu forcé qui prévalait a succédé une discrète inquiétude, comme si l’effet du rattrapage enregistré s’épuisait et qu’il n’y avait pas de relais.

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LA CLAIRVOYANCE N'EST PAS UNE VERTU PARTAGÉE, par François Leclerc

Billet invité.

Après la BCE qui s’intéresse à la qualité de l’emploi, c’est au tour de l’OCDE de constater, allant plus loin, que « l’inégalité des revenus est inédite en ce moment et met en danger la cohésion sociale ». L’organisation déplore « l’incapacité des politiques publiques existantes à promouvoir une croissance inclusive » (qui bénéficie à tous), car une politique de l’emploi ne doit pas se focaliser uniquement sur les taux de chômage et d’emploi, mais aussi sur la qualité de ces emplois.

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LA GRÈCE N'EST PAS UN FRUIT POURRI… par François Leclerc

Billet invité.

L’issue du bras de fer qui se poursuit en Grèce reste toujours incertaine et l’indécision semble appelée à durer les deux prochaines semaines. « Nous cherchons un compromis honnête avec nos partenaires. Mais ne vous attendez pas à ce que nous signions une reddition sans condition. C’est pourquoi nous sommes attaqués sans pitié, mais c’est la raison pour laquelle la société nous soutient », a déclaré lundi dernier Alexis Tsipras devant le Parlement.

Il a précisé : « notre priorité est le renforcement de l’économie réelle avec des investissements qui vont tonifier la croissance avec la participation du secteur public », et qu’il était « crucial que les recettes provenant de l’utilisation de la propriété publique ne soient pas jetées dans un gouffre sans fond pour le remboursement de la dette, mais placées là où le pays en a besoin, la sécurité sociale, la croissance ». Il a aussi rappelé qu’un second round de négociations devait s’ouvrir à propos de la dette, qui représente 177 % du PIB et dont « le remboursement sera impossible », et qui devra selon lui s’inscrire dans le cadre d’un « nouveau contrat de développement ».

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TOUT LEUR RÉUSSIT, ENCORE UNE FOIS BRAVO ! par François Leclerc

Billet invité

« Retenez-moi, sinon je fais un malheur ! ». Tel est en substance le message que la nouvelle Commission européenne vient d’adresser faute d’inspiration aux mauvais élèves que sont l’Autriche, la Belgique, l’Espagne, la France, l’Italie, Malte et le Portugal. Quelques mois leur sont accordés, le temps de trouver une autre manière de gagner du temps. Des engagements ont été pris pour redresser la barre, mais ceux du gouvernement français restent confidentiels, comme s’ils n’étaient pas assumés ou non destinés à être plus tard vérifiés, sans doute les deux à la fois.

Pour saluer cette difficile et courageuse décision, le Commissaire Pierre Moscovici a su trouver les mots qu’il faut, qualifiant cette temporisation de « politiquement et économiquement justifiée » tout en faisant valoir que « la Commission est là pour faire appliquer les règles, avec flexibilité mais sans créativité excessive ». Pourquoi d’ailleurs se précipiter ? L’inflation est encore à 0,3 % en zone Euro, selon les derniers chiffres d’Eurostat, le rythme de sa décélération ne s’aggravant pas, peut-on faire remarquer aux Cassandre, celui de l’inflation sous-jacente étant stabilisée pour l’instant.

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L'actualité de demain : COMMENT NE PAS SORTIR DU CADRE ? par François Leclerc

Billet invité.

Présentée comme étant un laboratoire de la crise tant qu’il était espéré que l’expérimentation engagée allait bien se passer, la Grèce a perdu ce statut auquel l’Espagne est désormais en mesure de prétendre, tel un modèle à suivre dans la décennie perdue qui s’annonce.

Selon le FMI, le pays doit se préparer à une longue période de croissance anémique n’atteignant pas 1%, avec comme conséquence le maintien du chômage au dessus de la barre de 25%, soit 6 millions d’Espagnols (il est actuellement de 26,2%). Afin de « générer de l’emploi et de la croissance », le fonds préconise de prendre davantage de mesures d’assouplissements du droit du travail, présentées comme abaissant les barrières à l’embauche et au licenciement, en diminuant la précarité des contrats temporaires pour réduire la protection des contrats permanents. Car, remarque-t-il, « le poids de l’ajustement [fiscal] continue de reposer sur les employés temporaires et jeunes ». Il faut donc mieux le répartir, au prétexte d’améliorer la consommation et de favoriser la relance (et de rendre la situation sociale moins explosive).

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L'actualité de demain : LA TRAGÉDIE EST EN QUATRE ACTES, par François Leclerc

Billet invité

La récession va se poursuivre et le chômage augmenter en 2012 et 2013, selon les dernières prévisions de l’OCDE. Comment pourrait-il en être autrement, vu la politique appliquée à l’instigation d’une Commission européenne qui persévère ?

Celle-ci vient d’accorder aux gouvernements des délais pour accomplir des objectifs – qui étaient inatteignables – de réduction du déficit, les assortissant à titre de contreparties de mesures visant les retraites et la réforme du travail. Là où elle devrait s’en tenir à des recommandations, le rapport de force qui s’est installé lui permet de formuler des exigences, mais il est un peu tard pour s’en offusquer après y avoir contribué ! On ne joue pas au plus fin avec la logique de contraintes budgétaires avalisées bien que sans fondements.

Sous couvert d’ajustement fiscal, la diminution du coût du travail et des retraites est au cœur de la politique préconisée par Bruxelles. C’est l’essence même de la dévaluation interne en cours, que l’on habille avec un discours péremptoire (mais particulièrement creux) sur les réformes structurelles. Celles-ci reviennent à échanger la promesse d’une hypothétique croissance future et de ses bienfaits avec l’adoption de mesures accroissant les inégalités de la distribution de la richesse. En attendant, l’essentiel du poids des sacrifices repose sur le travail (passé, présent et futur), ce qui donne un aperçu de ce qui peut être au final attendu.

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L'actualité de demain : LE CHÔMAGE, MEILLEUR INDICATEUR DE LA CRISE, par François Leclerc

Billet invité

Quel est le meilleur indicateur de la crise ? À son tout début, ne comprenant pas ce qui se passait et se raccrochant à ce qu’ils connaissaient, les commentateurs suivirent les cours boursiers. Aujourd’hui, le marché obligataire attire toutes les attentions et semble plus ou moins stabilisé. En Europe, c’est en raison de l’intervention de la BCE qui offre aux investisseurs un parachute, au cas où : ils peuvent acheter des titres puisqu’ils pourront s’en délester aisément si besoin. Alors, tout va bien ?

Non, car un autre indicateur monte en puissance : le taux de chômage. Il a été en premier lieu retenu aux États-Unis par la Fed, il est désormais en passe de l’être en Europe. Le chômage continue de monter dans la zone euro et les prévisions de se dégrader. Il ne s’agit que d’une moyenne, qui recouvre de fortes disparités, mais il a atteint 11,8 % en novembre dernier, progressant de mois en mois. Les prévisions de Ernst & Young sont de 12,5 % pour début 2014. Chez les jeunes de moins de 25 ans, il était en novembre de 24,4 % : près d’un jeune sur quatre n’a pas d’emploi.