LES CHINOIS, DE VILAINS COPIEURS ? par François Leclerc

Billet invité.

Décrite par les plus hautes autorités chinoises, la conduite de l’économie du pays ressemble à s’y méprendre à celle des pays capitalistes occidentaux. Comme s’il coexistait bien en Chine deux pays et un système, selon la formule de Deng Xiaoping, mais que seul le plus développé était pris en compte dans la réflexion économique.

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UN G20 QUI RÉSONNE DANS LE VIDE, par François Leclerc

Billet invité.

Réunis en formation G20 ce week-end dernier à Hangzhou, en Chine, les dirigeants de la planète ont exprimé leur inquiétude devant les mauvais vents « populistes » qui soufflent dans l’opinion publique occidentale. Ils craignent qu’un coup d’arrêt soit apporté à la mondialisation, constatant la chute du rythme de progression du commerce mondial, qui est passé sous la barre des 3% contre plus de 7% lors des deux décennies précédentes.

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LE CAPITALISME N’A PAS LES MOYENS DE CE QU’IL PORTE EN LUI, par François Leclerc

Billet invité.

La nouvelle année est à la fois propice au bilan et à la prospective, cette figure imposée, ce marronnier comme disent les journalistes. Avec comme danger de garder le nez sur l’obstacle le plus proche, sur la dernière crise en date, obnubilé par les manifestations particulières qui s’égrènent de la crise globale qui se poursuit, oubliant ce qui les relie et occultant ses remèdes.

Huit ans après, les raisons profondes de la crise financière font toujours leur effet et ne sont même plus recherchées. Il n’est plus prioritaire d’achever une régulation sur laquelle on revient même, car une page est tournée. Seuls les esprits les plus éclairés en sont vainement à s’interroger : « comment peut-on mesurer la robustesse – ou la faiblesse – d’un système financier qui se dérobe, quels nouveaux scénarios de stress tests devraient être adoptés et qui devrait y être soumis ? ». Où le diable se cache-t-il aujourd’hui, qui va immanquablement nous surprendre ?, pourraient-ils ajouter dans cette même veine.

Le Conseil de stabilité financière (FSB) a l’année dernière ajouté avec parcimonie une pincée de compagnies d’assurance à sa liste des établissement systémiques, tout en allongeant la durée des consultations avant de décider ce qui leur sera demandé. Mais, comme le financement de la relance est attendu du shadow banking, les banques n’étant plus ce qu’elles étaient, il faut donc le ménager. La cause est entendue, le système financier a gagné la première manche et ceux qui pensaient possible qu’il se réforme en sont pour leurs frais.

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LE CAPITALISME SUR UN FIL, par François Leclerc

Billet invité.

Un système financier présentant une apparence florissante peut-il longtemps coexister avec une économie en panne de relais de croissance ? Un tel paradoxe est-il longtemps tenable ? Poser cette question, c’est s’interroger sur sa capacité à relancer la machine alors que de puissants facteurs de déséquilibre en font douter.

Six ans et plus de labeur acharné, de conciliabules et de mesures annoncées par une multitude d’organismes, de lois et de réglementations dont la complexité n’a rien à envier à la matière qu’elles cherchent à régenter, de calendriers d’application à rallonges et de dispositions souvent émoussées, tout cela pour en arriver là ! Une nouvelle crise est inévitable est-il reconnu par ceux qui finiraient par le revendiquer, et rien ne dit qu’elle pourra être maîtrisée !

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L'actualité de la crise : UN AVENIR TOUT TRACÉ, par François Leclerc

Billet invité.

Nous sommes donc entrés dans l’acte II. Dette publique et dette privées, ces deux facettes du même phénomène, sont en compétition pour chercher leur financement sur les marchés. Les Etats, les banques et institutions financières, ainsi que les grandes entreprises, sont entrés en concurrence, devant faire face à des besoins grandissants, l’ensemble menant inexorablement à une hausse du coût de l’argent, comme on l’observe déjà pour certains. Tel un goulot d’étranglement, le chemin de la délivrance se rétrécit au fur et à mesure que les emprunteurs s’avancent, obturant celui de la sortie de crise qu’ils s’attendent à y trouver.

Les piliers du système lui-même, sa monnaie de référence le dollar et la dette souveraine en général, s’effritent par conséquent et ne remplissent plus qu’imparfaitement leur rôle. L’implosion se poursuit, sous la forme d’un affaissement prévisible.

Les investisseurs, dont on était accoutumé à ce qu’ils réalisent des aller-retour rapides entre marchés des actions et des obligations, arbitrant moindres risques et meilleurs rendements, ne trouvent plus leur pitance ni sur l’un, ni sur l’autre et se dirigent ailleurs. Les produits financiers permettant de spéculer sur les marchés monétaires ou des matières premières, ainsi qu’en jouant dans les nombreuses salles du casino toujours grandes ouvertes, via des intermédiaires ayant pignon sur rue ou appartenant au shadow banking, sont bien plus attractifs.

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L'actualité de la crise : C'EST LE SYSTÈME QUI FAIT DÉFAUT, par François Leclerc

Billet invité.

Devant le tir de barrage de la BCE qui se poursuit, ou bien parce qu’il en partagent ouvertement les objectifs pour leurs raisons propres, comme les Français, les dirigeants européens s’engouffrent vers la seule porte de sortie qu’il leur reste : la vente du patrimoine grec, afin de rembourser un trou financier que personne ne veut combler, chacun convaincu de ses bonnes raisons. Un nouveau prêt complémentaire pourrait alors permettre de rouler la dette restante, pour voir venir.

La confiance, longtemps accordée aux Grecs, quitte à fermer complaisamment les yeux quand il l’a fallu – comme pour d’autres, et non des moindres – n’est plus au rendez-vous, et le temps presse. Il est donc fortement question, en sous-main, de créer une agence chargée de la vente de ces actifs, qui ne serait plus pilotée par les autorités grecques elles-mêmes mais par des experts. Ce qui s’apparente à une pure et simple saisie, suivie d’une vente dans des conditions douteuses, puisque effectuées dans la précipitation. Il va y avoir de bonnes occasions à saisir, la financiarisation va y trouver son compte.

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L'actualité de la crise : COMPARAISON DONNE PARFOIS RAISON, par François Leclerc

Billet invité

Se poursuivant tous les deux vers des issues incertaines, la crise financière et l’accident nucléaire de Fukushima auraient-ils des points communs ? Paul Jorion a déjà évoqué la similitude des faux remèdes qui y sont dans les deux cas apportés : l’inondation des banques par des liquidités et celle des réacteurs par de l’eau. Permettant seulement de gagner du temps, mais pas davantage.

Un autre rapprochement est éclairant : celui de l’interpénétration étroite de l’État par l’industrie nucléaire, de même nature et selon la même méthode que celle que l’on constate dans le cas de l’industrie financière. Contribuant dans les deux cas à la formation d’un système oligarchique opaque et centralisé.

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L'actualité de la crise : ATTENDUS AU TOURNANT, par François Leclerc

Billet invité

Réformer le capitalisme a-t-il aujourd’hui un sens ? Pour répondre à cette question en passe de revenir dans l’actualité électorale française, il peut être plein d’enseignements de remonter le cours de l’histoire, et de se remémorer en les dépoussiérant les débats qui ont traversé le mouvement ouvrier, opposant réformistes et révolutionnaires. Mais il est plus immédiat et tout aussi instructif de se pencher sur les actes et les intentions de ceux qui, en Europe, se réclament toujours du socialisme, actuellement au pouvoir ou espérant prochainement y parvenir.

Cette éventualité renvoie toujours à la même interrogation : le pouvoir, oui, mais pourquoi faire ? Ainsi qu’à une certitude : les temps de crise du capitalisme sont moins favorables aux sociaux-démocrates, car ils amoindrissent leurs marges de manoeuvre. De fortes contraintes économiques et financières restreignent leurs possibilités de faire du social, sauf bien entendu à procéder à des remises en cause auxquelles ils ne sont pas prêts. A sortir d’un cadre qu’ils n’entendent que réformer, d’un système qu’ils proposent d’améliorer. Ce qui est paradoxal, puisque la même situation qui favorise leur venue au pouvoir les empêche de faire la démonstration du bien fondé de leur stratégie. C’est d’ailleurs bien pour cela – argumentent certains – qu’ils sont appelés au pouvoir, et qu’ils doivent ensuite le céder, ayant fait la démonstration qu’ils n’étaient pas porteurs d’une véritable issue aux problèmes que rencontrent ceux qui les ont élus.

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L'actualité de la crise : QUAND LES ZOMBIES L'EMPORTENT, par François Leclerc

Paul Krugman titre sa dernière chronique dans le New York Times « When Zombies Win » (Quand les zombies l’emportent). Il la débute ainsi : « Quand les historiens étudieront les années 2008-2010, ils seront interloqués par l’étrange victoire que les idées fausses y auront remporté. Les fondamentalistes du marché libre, qui ont eu tort sur tout, dominant la scène politique plus fortement que jamais. »

La question mérite en effet d’être posée. Est-il possible que le système financier, qui a implosé et dont la crise se poursuit sans être maîtrisée, puisse continuer à parader en prétendant retomber sur ses pieds ? De quelles nouvelles promesses désastreuses sera-t-il dans ce cas capable ? Toutes les hypothèses, après tout, doivent être posées, même les pires.

Si l’on considère les Etats-Unis et l’Europe, des chemins opposés y sont pour l’instant empruntés, selon le rôle qu’y jouent ou non les banques centrales. La Fed et la Bank of England utilisent généreusement la planche à billet, tandis que la BCE s’y emploie plus modérément en s’en défendant maladroitement. Le déficit public américain ne cesse de croître, tandis que les Européens prétendent le freiner brutalement sans attendre.

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L'actualité de la crise: la nouvelle promesse du capitalisme financier, par François Leclerc

Billet invité.

LA NOUVELLE PROMESSE DU CAPITALISME FINANCIER

De rebondissements en rebondissements, la crise apparaît aujourd’hui sans fard dans son déroulement, qui se prolonge et permet d’en analyser la poursuite.

L’écroulement d’une montagne de crédits dans l’immobilier américain – financée en application d’une martingale étonnante de crédulité – a entraîné dans une impressionnante chute le système financier privé, en raison de l’enchevêtrement des engagements réciproques en son sein, contribuant à son opacité. Mettant ensuite à mal les finances des États qui sont intervenus – en socialisant la dette privée – pour l’endiguer et en combattre les effets.

L’ensemble alimente la poursuite d’une sourde crise financière combinée de la dette privée et publique, ainsi qu’une profonde crise économique et sociale chronique dans les pays occidentaux, les deux s’alimentant réciproquement. Les faits sont là, reste à en tirer les conséquences.

Avec le recul, il n’est pas abusif d’analyser la crise que connait le capitalisme financier comme étant en particulier celle d’un sévère blocage de la machine à faire de la dette, l’un de ses piliers. Une machine dont le champ d’action s’était considérablement élargi au fil des décennies, en raison de trois phénomènes.

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