Flash – 13h : MAIN BASSE SUR L'ITALIE, par François Leclerc

Billet invité

Après le plongeon des bourses asiatiques enregistré à la clôture, leurs consœurs européennes ne parviennent pas à garder le nez hors de l’eau, en dépit des interventions destinées à soutenir les cours. Même Madrid et Milan redescendent après être montées. La nervosité est grande sur les marchés, à la mesure des incertitudes et de l’approche de l’ouverture de Wall Street.

Les CDS sur la dette américaine se tendent, atteignant 57,55 points de base, tandis qu’ils baissent légèrement sur la dette des pays de la zone euro. Reflétant la petite détente intervenue sur le marché obligataire après l’annonce de l’intervention de la BCE.

Cette dernière a, selon le Corriere della Sera, adressé une lettre au gouvernement italien, co-signée par Jean-Claude Trichet et son successeur Mario Draghi. Selon le journal, elle dresse la liste des mesures à prendre, leur calendrier d’application et même les décrets législatifs à adopter. Comme si la banque centrale prenait la main en Italie, avec l’exigence détaillée d’une libéralisation de l’économie, de privatisations accélérées et de réformes libérales du marché du travail. Un véritable programme de gouvernement, toujours selon le journal.

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L'actualité de la crise: le temps des expédients va venir, par François Leclerc

Billet invité.

LE TEMPS DES EXPÉDIENTS VA VENIR

Le monde financier n’est plus ce qu’il était. Il fait preuve désormais d’un alarmisme permanent, après s’être si longtemps réfugié derrière une impassibilité de façade. Voire une morgue sans égal dont la justification fait plus que jamais défaut. Un comble pour des financiers.

Un jour, c’est l’échéance du remboursement à la BCE de 442 milliards d’euros par les banques de la zone euro qui est fébrilement attendue, son dénouement n’apportant aucun soulagement sur le marché interbancaire qui continue depuis à se tendre.

Immédiatement après, ce sont les nouvelles du marché obligataire, où se présente l’Espagne dont la notation risque d’être dégradée par Moody’s, qui sont redoutées. Ainsi que l’annonce, sans attendre, du retour de la Grèce sur ce même marché plus tard dans le mois.

En toile de fond, les mauvais indices qui se multiplient aux Etats-Unis lui font surtout beaucoup douter de la reprise américaine, et craindre une prochaine récession qui, additionnée à celle qui est attendue en Europe, ne pardonnerait pas. Même en Chine, des indices font état d’une baisse de la production manufacturière.

Cela n’en finit plus.

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L'actualité de la crise: de conciliabules en bricolages et en tâtonnements, par François Leclerc

Billet invité.

DE CONCILIABULES EN BRICOLAGES ET EN TÂTONNEMENTS

Une nouvelle série de réunions internationales au plus haut niveau format G20 est en préparation dans les antichambres. Des ministres des finances et des présidents des banques centrales, en Corée du sud les 4 et 5 juin, puis des chefs d’Etat, à Toronto les 26 et 27 juin. A croire que la tenue de ces rencontres obéit à une loi étrange : moins elles aboutissent à des décisions pratiques, plus elles se multiplient. Comme si toute une énergie devait leur être dépensée, consacrée à la difficile rédaction d’un communiqué final aussitôt classé que publié.

De quoi sera faite l’unité de circonstance qui va être affichée ? Deux grands sujets vont former la trame publique de ces réunions : la quadrature du cercle d’une réduction des déficits publics n’affectant pas la croissance, toutes deux présentés comme salvatrices, et l’ajustement international des mesures de régulation financière, dont les chefs d’Etat ont besoin de se prévaloir, puisque les marchés sont par ailleurs les maîtres incontestés, voire même revendiqués. Un troisième sujet sera certainement évoqué, mais pas nécessairement depuis les tribunes : la fragilité toujours très grande du système financier et bancaire, comme la crise européenne vient de l’illustrer.

De toutes les voix qui commencent à s’exprimer à propos du danger que représenterait un arrêt brutal des aides publiques à la relance de l’économie, en raison de réductions budgétaires trop précoces au nom de la lutte contre les déficits, une mérite d’être mise en exergue. Celle de Wen Jiabao, le Premier ministre chinois. « Certains disent que l’économie mondiale est déjà repartie et que nous pourrions arrêter les mesures de soutien, mais je considère ce jugement trop hâtif », a-t-il estimé à Tokyo devant le patronat japonais. « La crise de la dette dans quelques pays européens pourrait entraver la reprise économique de l’Europe (…), le taux de chômage aux Etats-Unis ne baisse pas ». Prédisant que « Nous devons nous préparer à des difficultés », il a assuré que la Chine en tirait sans attendre les conséquences, faisant en sorte « de rester en alerte et de prendre des mesures avec calme (….) afin d’éviter une nouvelle baisse de la croissance ».

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L'actualité de la crise: le temps des discrets conciliabules, par François Leclerc

Billet invité.

LE TEMPS DES DISCRETS CONCILIABULES

Les marchés sont nerveux, les gouvernements sont inquiets, voici venu le temps des conciliabules, qui ne contribuent pas à leur tour à rassurer.

Ne sachant plus à quoi s’en tenir, les analystes sont à la recherche fébrile de l’indice ou du taux qui cette fois-ci annoncera à temps que le lait va à nouveau déborder, brutal et irrésistible. La volatilité qu’ils constatent du côté des marchés est en soi un indice de la crainte qui s’y est installée et qu’ils partagent.

Mais quel sera le signal qui leur permettra d’anticiper ? Afin de se replier à temps de positions avancées et hasardeuses, ou au contraire de se préparer à faire de bonnes affaires (car, comme en tant de guerre, une crise financière aiguë est une opportunité à ne pas manquer pour profiter des meilleures occasions).

En attendant, de nerveuses et massives transhumances de capitaux sont signalées quasi quotidiennement, du marché des actions à celui des obligations d’Etat et réciproquement. Manifestant un bel opportunisme ou la recherche du meilleur et incertain refuge, au choix. Pêle-mêle, toutes les raisons de cette situation sont données. Mais c’est la crise européenne qui a la vedette, allez savoir si elle va s’accélérer ou se tasser! Les paris, toutefois, se prennent très majoritairement en faveur de la première hypothèse.

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L'actualité de la crise: ils ont inventé la crise perpétuelle…, par François Leclerc

Billet invité.

ILS ONT INVENTE LA CRISE PERPÉTUELLE…

Après la téléconférence des ministres des finances du G7 de la fin de la semaine dernière, présentée de la manière la plus anodine possible une fois révélée de Tokyo, ceux de l’Eurogroupe vont se retrouver une nouvelle fois à Bruxelles lundi matin. Avec une grosse question à l’ordre du jour : comment stopper la chute brutale de l’euro, qui a repris ?

Ils vont devoir faire face à une situation paradoxale : les marchés, après s’être inquiétés de l’ampleur des déficits publics et avoir réclamé des mesures énergiques pour les diminuer, craignent maintenant que ces mêmes mesures n’entravent la croissance économique…

Wolfgang Schäuble, le ministre allemand, vient de prévenir dans le Spiegel qu’il va plaider pour la mise en place d’un « programme concerté » de réduction des déficits budgétaires. Angela Merkel a appelé les membres de la zone euro à « mettre de l’ordre dans leurs finances publiques » et à « améliorer leur compétitivité ». Mais les Allemands sont en retard d’un train, une nouvelle fois.

Dénoncer la simple spéculation sans en chercher les raisons, comme ils s’y tentent, sans les combattre, c’est se résoudre à perdre d’avance la bataille qui est désormais engagée à l’échelon supérieur. Exit la Grèce, bonjour l’Europe. Crier au diable ne l’a jamais fait renoncer. C’est lui qui imprime sa marque aux événements, reléguant les gouvernements – à la tête des Etats – dans un rôle subalterne qu’ils cherchent à nier contre toute évidence.

Jean-Claude Trichet, président de la BCE, qui cultive le genre mesuré et ferme, vient de reconnaître que les marchés se trouvent « dans la situation la plus difficile depuis la deuxième guerre mondiale, voire depuis la première (…) Nous avons vécu et vivons des temps véritablement dramatiques » a-t-il poursuivi, révélant que, la semaine dernière, « les marchés ne fonctionnaient plus, c’est presque comme  au moment de la faillite de Lehman Brothers en septembre 2008 ».

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L'actualité de la crise: les démiurges malfaisants à l'oeuvre, par François Leclerc

Billet invité.

LES DEMIURGES MALFAISANTS A L’OEUVRE

Il avait pu sembler aux gouvernements européens qu’ils avaient gagné un répit prolongé, les faits viennent de les détromper. Non seulement la crise continue, mais elle a repris une mauvaise tournure en cette fin de semaine. Deux signes qui ne trompent pas : l’euro continue d’être très attaqué sur les marchés et les cours des valeurs financières (les banques) font un nouveau grand plongeon. Seuls, les taux obligataires sous surveillance renforcée et interventions de la BCE restent stables, mais à un niveau qui reste très élevé. Ce n’est pas encore tout à fait la Bérézina, mais ce n’est pas du tout le soleil qui se lève sur Austerlitz. Les marchés sont tenaces et ont les moyens de le faire savoir.

Les gouvernements grec, espagnol, portugais, et même italien, continuent de donner des gages en annonçant de nouvelles mesures d’austérité, mais les marchés n’en ont cure, car c’est l’euro qu’ils ont pris pour cible dans l’immédiat, en attendant de voir jusqu’où la BCE est prête à aller dans son soutien au marché obligataire. Certains annoncent que le tour de la livre sterling ne devrait pas tarder à venir, ces rumeurs continentales étant alimentées par les réactions qu’a suscité le refus britannique de participer au plan de sauvetage européen…

Qu’attendent donc les marchés, ces intervenants que l’on n’ose même pas identifier par leur nom, et qui aspirent au rôle de démiurges malfaisants ? Ils doutent d’abord de l’issue de la partie qui s’annonce : la réduction des déficits et la baisse de la demande des Etats sur les marchés obligataires, à laquelle ils poussent avec acharnement. Car déjà s’installe l’idée, chez ceux qui en ont encore les moyens, que pour être politiquement jouables les sacrifices vont être étalés dans le temps.

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L'actualité de la crise: banques zombies et trading mutant, par François Leclerc

Billet invité.

BANQUES ZOMBIES ET TRADING MUTANT

Une course de vitesse est engagée entre les grandes places boursières du monde entier ; c’est à celle qui aura le système informatique de traitement des ordres le plus rapide. Leurs performances sont désormais comparées en utilisant les millisecondes (millièmes de secondes), alors que la norme était de l’ordre des 2 à 3 secondes il y a encore à peine deux ans. Cette sévère compétition ne se déroule pas seulement entre les Bourses elles-mêmes, mais également entre celles-ci et tous ces nouveaux venus sur le marché que sont les plate-formes alternatives de négociations ultra-rapides, souvent créées et soutenues par les mégabanques elles-mêmes. En un temps lui aussi record, on a assisté à la montée en puissance du trading algorithmique (appelé High Frequency Trading), aux Etats-Unis en premier lieu, puis en Europe. L’Asie n’est encore que peu touchée, mais elle se prépare à suivre.

Les chiffres les plus divers circulent, mais il est permis de penser que ce trading à très haute vitesse représente 60% des volumes échangés sur le marché américain et 30 % sur le marché européen. L’amélioration très récente des performances des systèmes informatiques des grandes places boursières contribue grandement à cette fulgurante progression. Nyse-Euronext a ouvert le bal en 2009, suivie par le London Stock Exchange et Deutsche Börse. Le Tokyo Stock Exchange vient d’annoncer qu’il avait sauté le pas à son tour. L’objectif stratégique est d’attirer la clientèle des hedge funds et des arbitragistes et de faire ainsi face, à temps espèrent les Bourses, à la menace potentielle que représentent les plate-formes alternatives qui se sont multipliées en très peu de temps, mais qui sont encore à la recherche de leur rentabilité.

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