À force, les idées deviendraient des forces matérielles

Il n’y a pas que le virus qui rôde. Une idée jugée hier totalement irréaliste en fait autant, le revenu universel (*). Mais, devenue à ce point dans l’air du temps, les circonstances la favorisant, elle a été largement dénaturée ou vertement critiquée. Derrière les mêmes mots se cachent de nombreuses variantes. Si l’utopie de départ a pris de la consistance, le revenu universel est devenu une auberge espagnole.

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Une mutation encore en pointillés

Une notion a la vie dure, celle du simple trou d’air que connaitrait l’activité économique. Pourtant, le sort qu’a connu le transport aérien a de quoi faire réfléchir, pour s’en tenir à son cas spectaculaire. Une mutation du capitalisme est en cours, mais les gardiens du temple ne s’affranchissent pas tous des dogmes qui les habitent.

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L’avènement incertain d’un nouveau « grand bond en avant »

Sous une apparence se voulant pleine de bon sens, les expressions s’imposent sans que l’on y prenne toujours garde, ce qui ne les empêchent pas d’être significatives. La préoccupation dominante du moment est de favoriser « la relance », tout en annonçant une « réduction » de la dépendance à la mondialisation. Ni l’une ni l’autre ne sont satisfaisantes.

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Une bonne occasion à saisir ou pas

Un premier débat a été lancé à propos du sort allant être réservé à la montagne de nouvelles dettes qui sont actuellement contractées. Il a déjà pu être observé que les banques centrales se sont largement émancipées, et il est souvent prédit que ce n’est pas fini. (*) Dans un autre sens, en complément éventuellement, il est recommandé de rallonger autant que possible le calendrier de leurs remboursements. Mais un nouveau débat vient se juxtaposer au premier, qui porte non pas sur le financement de la relance mais sur son contenu.

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L’imagination est au pouvoir, disait-on

L’État est le dernier recours, c’est sans discussion ! Il l’est quand il devient vital de différer, prêter ou donner. Il l’est lorsqu’il préserve l’emploi ou quand il compense les pertes de chiffre d’affaires des entreprises et les chutes de revenu des particuliers. Son intervention pourra si nécessaire s’élargir. Quand la crise survient, l’État est une garantie tous risques. Les arbitrages ne sont plus confiés au marché qui n’est plus déifié. Il en découle bien des conséquences.

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Si on aidait les masques à tomber

Dans l’improvisation, les plans se succèdent et s’additionnent, et ce n’est pas fini ! Les banques centrales et les gouvernements tentent de faire face à ce qui est désormais comparé à la Grande dépression, devant même la surpasser. Les suicides des financiers en moins, les morts du coronavirus et tout ce qui s’en suit en plus. L’économie plonge et des craquements se sont entendre dans le système financier, dont on découvre qu’ils sont tous deux systémiques. La pire des propriétés, celle devant laquelle ils sont désarmés.

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Déclinaison : L’eau, cet or du vivant, par Hervey

 

L’eau est indispensable au vivant, hommes et animaux s’y pressent, le végétal y grandit. 

Mon très modeste village de résidence, aux multiples sources, n’est ni l’Alhambra ni Samarcande mais dispose de cette particularité : offrir en abondance cette denrée indispensable à la vie. 

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Emmanuel Macron, un président de et pour l’ancien monde

Par Jean-Michel Servet

La différence de générations entre le président français, 40 ans, et les deux journalistes qui l’ont interpelé pendant plus de deux heures trente le 15 avril dernier, Jean-Jacques Bourdin, 69 ans, et Edwy Plenel, 65 ans, aurait pu laisser penser qu’Emmanuel Macron incarnerait la jeunesse et ses deux interviewers l’ancien monde. Il n’en a rien été. Non seulement parce que le président portait cravate et les deux journalistes pas ; parce que ceux-ci n’ont jamais désigné le chef de l’État par son titre protocolaire ; ou encore parce que les symboles des drapeaux français et européen avaient été relégués en fond de décor. La différence tient surtout à la vision du monde économique et social portée par le président Macron. La différence de génération d’un état civil importe peu en matière d’idées.

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LE TEMPS DE LA POLITIQUE EST REVENU, par François Leclerc

Billet invité.

Cette année, la crise politique européenne va s’exprimer dans toute sa dimension. Du Nord au Sud, les consultations électorales qui en sont une des occasions ne vont pas manquer, et celles qui vont se dérouler en Grèce, au Portugal, au Royaume-Uni et en Espagne vont être suivies de particulièrement près, en attendant les échéances françaises et italiennes qui suivront.

Le rejet et l’affaiblissement des partis de gouvernement s’approfondit, expression du refus de leurs politiques, ce qu’elles ont en commun ayant tendance à l’emporter dans l’opinion sur ce qui les différencie. Mais le vide politique qui est ainsi apparu a été comblé de manière hétéroclite, amalgamé dédaigneusement par les élites de la politique sous le terme de populisme. Suivant les pays, certains partis et mouvements s’inscrivent dans une perspective européenne, tandis que d’autres s’affirment europhobes. Ne pas confondre.

Continuer de donner une onction démocratique à une politique qui ne s’en embarrasse pas, va impliquer la création, là où cela est possible et par défaut, de coalitions des partis de gouvernement, aucun d’entre eux ne pouvant plus à lui seul s’imposer. La Grèce, l’Espagne et le Portugal pourront être tous les trois dans ce cas, ainsi que le Royaume-Uni, l’alternance se heurtant en Écosse à la montée des nationalistes au détriment des travaillistes.

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La crise : UNE CONJONCTION INCERTAINE, par François Leclerc

Billet invité

En sept ans, la crise déclenchée au centre de la planète financière s’est progressivement étendue pour devenir mondiale, et nous en sommes là… Contenue avec succès dans la précipitation, d’aiguë elle est désormais chronique et sourde. Simultanément, elle s’est diversifiée, de financière devenant économique, puis sociale et enfin politique. Aujourd’hui, elle est incontrôlable, chacun de ses niveaux pris séparément ou pire considérés tous ensemble dans leurs interactions. Et le mot crise a presque disparu, usé, signe qu’elle s’est banalisée.

Le spectacle offert par les dirigeants politiques – par exemple à l’occasion d’un G20 représentant une gouvernance mondiale dont la référence a également disparue – illustre combien ils peinent à faire semblant de maîtriser une situation qui leur échappe. Leurs sursauts permettent de mieux mesurer leur impuissance. Ici, ils tentent de reprendre pied en adoptant – pour certains – des mesures contre l’évasion et l’optimisation fiscale afin de combattre l’érosion de la base fiscale des États et de conserver des marges de manœuvre. Là, ils multiplient les enquêtes et les amendes contre des mégabanques dont la liste des malversations ne cesse de s’allonger, en espérant les inciter à revenir dans le droit chemin et ne faisant que repousser les conduites délictueuses au sein du shadow banking impénétrable.

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