L’indépendance des banques centrales privilège douteux

Il faut bien qu’il y en ait un pour ruer dans les brancards, mais quel dommage que ce soit Matteo Salvini ! Le leader de la Ligue qui se sent pousser des ailes s’est en effet attaqué à l’un des grands dogmes de la doctrine économique : l’indépendance des banques centrales. Continuer la lecture de L’indépendance des banques centrales privilège douteux

L’impensable italien

L’impensable semble vouloir se réaliser dans les jours qui viennent. Un gouvernement de coalition qualifié d’eurosceptique ou de populiste – les qualificatifs en viennent à manquer – va finalement accéder au pouvoir en Italie par la voie électorale. Et les autorités européennes y assistent impuissantes. Le démantèlement de la zone euro va faire un grand pas en avant, même si elles ne veulent pas se l’avouer, prises totalement à contrepied.

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Dette publique : TANT VA LA CRUCHE À L'EAU QU'À LA FIN ELLE SE BRISE, par François Leclerc

Billet invité.

Les événements se précipitent : les marchés manifestent leur impatience en appelant au lancement par la BCE d’un début de création monétaire en grand, Jean-Claude Juncker annonce qu’il va présider « la commission de la dernière chance » et les rumeurs se multiplient sur l’échec aux stress tests de nombreuses banques, en attendant l’affichage des résultats le 26 octobre prochain, une fois passé le cap du tout proche sommet européen.

La cause est entendue, la stagnation va être séculaire et la dette un problème lancinant. Cultivant une vision malgré tout optimiste, tout en ne s’en tenant qu’à la dette publique, le FMI constate que « les efforts budgétaires au cours des cinq dernières années ont stabilisé le ratio entre dette publique et PIB, même s’il reste à un niveau élevé ». Mais il relève un « sentiment de saturation » vis à vis des réformes et que « les perspectives d’un durcissement des activités financières et d’un éventuel tassement de la croissance potentielle (…) sont autant de facteurs qui exigent une reconstitution des marges de manœuvre utilisées durant ces dernières années ». En d’autres termes, il serait nécessaire de « judicieusement » concilier la viabilité de la dette publique et la croissance… Dit autrement : dans les hautes sphères, on ne sait pas quoi faire devant la faillite d’un modèle de désendettement qui ne fonctionne pas.

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L'actualité de demain : LE MALAISE POLITIQUE GRANDIT, par François Leclerc

Billet invité.

Heureux résultat, l’interdiction des parachutes dorés décidé par un referendum d’initiative populaire en Suisse est-il une surprise ou tout simplement l’accomplissement de ce qui devait finir par arriver et va se poursuivre en Europe ? Car, un profond malaise s’est installé dans les opinions publiques et s’exprime quand l’occasion s’en présente, ou bien quand ce n’est vraiment plus possible, il emprunte les chemins disponibles et prend les formes les plus variées, y compris parfois les pires.

C’est le cas au Royaume-Uni avec la montée en puissance électorale de l’UKIP, ce parti sous la pression duquel se trouve David Cameron et qu’il a traité de « barjots, de cinglés et de racistes ». Ce qui n’a pas empêché celui-ci de devancer les conservateurs lors de l’élection partielle de Eastleigh avec 27,8% des suffrages. Mais l’extrême-droite ne donne pas le ton en Europe, en dépit également de l’apparition en Grèce d’Aube dorée, le parti néo-nazi.

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L'actualité de demain : LA CRISE REBONDIT SOUS SA DIMENSION POLITIQUE, par François Leclerc

Billet invité.

La crise a atteint sa dimension politique en Italie : Silvio Belusconi n’a raté la victoire que de moins d’un demi-point et un électeur sur quatre a voté pour le Mouvement des 5 étoiles (M5S). Au final, le Parti démocrate est majoritaire à la Chambre mais minoritaire au Sénat.

La crise n’avait jusqu’à maintenant que provoqué la sortie des sortants, au Portugal, en Espagne, en Grèce (et en France), mais elle débouche aujourd’hui sur un vide politique. A leur manière, les électeurs italiens ont manifesté leur rejet de l’austérité et, en donnant au M5S un score auquel il n’avait même pas osé rêver, celui du monde de la politique et de la corruption mélangée. Le paradoxe voulant qu’ils ont failli en même temps adouber celui qui le représente au mieux.

Cette double contestation traverse désormais toute l’Europe, particulièrement dans les pays subissant une crise sociale aiguë, tous connaissant leur lot de scandales. La désaffection vis à vis du monde politique s’accentue. Au Portugal, pas un ministre ne peut plus apparaître sans que « Grândola Vila Morena » – la chanson qui avait donné le signal de la chute de la dictature – ne retentisse désormais. Ce n’est pas seulement une politique qui est contestée mais ceux qui en sont porteurs et en sont les profiteurs.

Stabilisée aux bons soins de la BCE, la crise est relancée en Europe, sa troisième puissance économique entré dans une ère d’instabilité, alors que le gouvernement français doit assumer ses choix et ne peut plus tergiverser.

L'actualité de demain : AVANTI POPOLO ! par François Leclerc

Billet invité.

Les résultats des élections italiennes ne seront connus que dans la soirée et les commentaires craignant qu’ils ouvrent une ère d’instabilité vont bon train. Sous-entendu : que la mise en œuvre d’un programme « réaliste » poursuivant ce qu’à engagé Mario Monti rencontre de grandes difficultés.

Figure emblématique d’une politique qui n’a procuré une accalmie qu’en s’abritant sous le parapluie de la BCE, Mario Monti a d’ores et déjà perdu son pari. De même que Silvio Berlusconi, désormais tout entier consacré à son propre sauvetage. Le « Tsunami-tour » que Beppe Grillo a effectué dans tout le pays a par contre payé, lui permettant de cristalliser les rejets, mais aussi d’affirmer quelques idées force fédératrices. Si l’on prend également en compte la baisse de la fréquentation électorale (voire la désertion des urnes dans le Sud du pays), c’est de toute évidence le phénomène le plus important : les Italiens ont trouvé l’occasion d’exprimer à la fois leur rejet de l’austérité et du monde politique.

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L'actualité de demain : "A CASA !", par François Leclerc

Billet invité

Combien étaient-ils hier venus écouter Beppe Grillo pour son dernier meeting électoral à Rome ? Il a lui-même annoncé 800.000 participants, mais qu’importe : il y avait la foule des très grands jours sur la place Saint-Jean de Latran, pour ceux qui y ont connu l’enterrement de Togliatti ou les grandes manifestations syndicales unitaires. Reprise en chœur, une simple injonction adressée au hommes politiques rend compte de ce qui les unissait avant tout : « A casa ! » (à la maison).

Les candidats du Mouvement 5 étoiles se sont succédés sur l’estrade, réclamant la fin des grands travaux inutiles et dispendieux mais la gratuité des transports publics et de l’accès à Internet, ou bien encore un service public de l’eau, le plafonnement des hauts salaires et l’instauration d’un « revenu de citoyenneté » de 1.000 euros pendant trois ans, et enfin un référendum portant sur la sortie de l’euro et la renégociation de tous les traités européens.

Combien seront-ils aujourd’hui dans toute l’Espagne, ayant choisi pour protester à un « coup d’état financier » le jour anniversaire de la tentative de coup d’État militaire de 1981 ? La plateforme 23F appelle à manifester pour exiger « une vraie démocratie », l’estimant menacée. Elle regroupe une multitude de mouvements et dénonce « les politiques brutales de rigueur sociale » et « la corruption et la perte de légitimité des institutions ».

Terreira do Paço à Lisbonne, Omonia à Athènes, Puerta del Sol à Madrid, Saint-Jean de Latran à Rome…