L'actualité de la crise : LE SYSTÈME MARCHE SUR LA TÊTE, par François Leclerc

Billet invité

Dans la série, l’argent ne se trouve pas là où il devrait être, les mégabanques américaines, britanniques et de la zone euro ont considérablement augmenté leurs dépôts auprès de leurs banques centrales respectives.

Comme le décrit de manière imagée le Financial Times qui consacre un article à la question, les grandes banques « planquent leur argent sous le matelas ». Les incertitudes du moment liées à la zone euro se conjuguent avec le difficile atterrissage de l’économie chinoise et le ralentissement de celle du Brésil. Les exigences en termes de liquidités de Bâle III y concourent également, imposant prochainement aux banques des normes de détention de cash ou d’une liste limitée d’actifs liquides alors que cela était auparavant laissé à leur discrétion.

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L'actualité de la crise: ACTE II, LE RIDEAU S’OUVRE, par François Leclerc

Billet invité

Que n’a-t-on pas déjà dit du nouveau plan de sauvetage de la Grèce, alors qu’il est loin d’être bouclé ? Et que la soudure financière de la mi-juillet permettant d’éviter un défaut immédiat n’est même pas garantie, puisque si les Européens ont donné leur accord pour verser cette tranche de leur prêt, il est conditionné au versement par le FMI de sa quote-part. Or ce dernier ne s’est pas encore engagé, attendant l’adoption du plan de sauvetage qui garantira son remboursement sur fonds publics, dont il est à son tour dit que « des semaines » vont être nécessaires afin d’y parvenir. Sans plus attendre, septembre et l’automne sont évoqués comme calendrier ! Le serpent se mord le bout de la queue.

Des détails techniques d’une extrême complexité (sic) doivent encore être réglés pour que soit bouclé le dossier de la participation en façade des banques à ce deuxième plan, ce qui fait office d’explication au retard qu’il prend. L’Institute of International Finance (IIF), le lobby mondial des mégabanques, est même monté au créneau, assurant « être résolu à travailler avec ses membres et d’autres institutions financières, les autorités et la Grèce pour fournir un soutien substantiel en liquidités ». En d’autre termes, les autorités européennes, dont on doute ouvertement Outre-Atlantique de la capacité à résoudre le problème, sont priées de céder la place aux spécialistes qui vont le régler… Charles Daralla, le directeur général de l’IIF, avait précédemment déclaré au Wall Street Journal, « la voie est étroite, je ne le nie pas ». Va-t-il mettre ses talents de persuasion au service de ses mandants ou bien des États européens qu’il vient épauler ?

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L'actualité de la crise : HISTOIRE DE SOUPAPES, par François Leclerc

Billet invité.

Sous l’influence de la télévision, qui reste le média dominant, l’actualité fonctionne abusivement sous le régime des dominantes. La durée de vie d’une information est réduite, une nouvelle chassant la précédente pour lui prendre le pas et écraser toutes les autres. En général, cela ne contribue pas à la rendre intelligible.

Que plusieurs crises simultanées surviennent, et c’est la cacophonie, dans un système modelé pour n’en traiter qu’une seule. C’est la situation que nous connaissons actuellement, avec la catastrophe japonaise et l’internationalisation de la guerre libyenne, reléguant à l’arrière plan la crise européenne.

Cela pourrait laisser faussement croire que celle-ci est en train de se calmer. Or, il n’en est rien. Au contraire, des illusions sont en passe de tomber, rapprochant le moment où des remises en question devront être ouvertement opérées, comme d’habitude sous la contrainte.

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L'actualité de la crise : DES AVEUX DÉGUISÉS, par François Leclerc

Billet invité.

A quoi servent aujourd’hui les banques centrales ? Cette question renvoie à d’immenses débats théoriques, comme à chaque fois que l’on aborde les questions monétaires. Mais ce n’est pas le biais choisi pour y répondre. Présentées comme clé de voûte d’un système en fâcheuse posture, on en vient à se demander si elles ne le sont pas également, et quel rôle elles peuvent prétendre jouer dans les faits. Le mieux étant alors de suivre leurs traces à la faveur des derniers rebondissements de l’actualité de la crise.

L’attention est d’abord sollicitée par la 6 éme conférence des banques centrales, organisée par la BCE à Francfort. A cette occasion, Jean-Claude Trichet a rappelé que le relèvement du principal taux directeur de la BCE et l’arrêt des mesures non conventionnelles (robinet à liquidités et achats obligataires) étaient deux mesures indépendantes l’une de l’autre, voulant mettre en valeur un changement de politique de la BCE. Une manière d’amuser le parterre, car rien n’est sérieusement envisageable dans les deux domaines.

Pour toute audace, Jürgen Stark, l’économiste en chef de la BCE, avait confirmé cette semaine qu’on envisageait pour l’année prochaine la fermeture progressive du robinet à liquidités ouvert pour les banques. Mais la crise irlandaise a mis en évidence qu’un obstacle de taille subsiste, les banques de pays de la zone des tempêtes étant devenues totalement dépendantes de cette facilité, qui ne peut leur être retirée sans solution de remplacement.

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L'actualité de la crise : LA MARCHE DES CRABES, par François Leclerc.

Billet invité.

Hier lundi, les banquiers centraux se sont réunis à Bâle, en Suisse, mais nous ne saurons rien de leurs discussions et encore moins de leurs décisions. Jean-Claude Trichet, qui a ensuite tenu une conférence de presse, a été encore moins disert que d’habitude, ce qui n’est pas peu dire. Faisant pour le moins contraste avec la manière dont la Fed étale ces derniers jours ses divergences internes, après avoir reçu dans le monde entier une volée de bois vert. Cela est impressionnant et en dit long sur le désarroi qui y règne, permettant de comprendre la décision des banquiers centraux de serrer les coudes, l’objectif non avoué de leur réunion, car que leur reste-t-il d’autre à faire ?

Ces derniers temps à l’offensive contre le gouvernement chinois à propos des déséquilibres mondiaux et de la sous-évaluation du yuan, l’administration américaine a du rapidement se replier sur des positions préparées à l’avance, selon la célèbre périphrase utilisé par les militaires pour ne pas dire retraite. Le seul consensus qu’ils sont parvenus à réunir s’est fait contre eux, les amenant sur la défensive et ne pouvant s’y résoudre, comme on va probablement le constater.

Contribuant à la confusion déjà largement entretenue sur le dossier de la réforme monétaire, le républicain Robert Zoellick, président de la Banque Mondiale, vient de jeter un pavé dans la mare en publiant une tribune dans le Financial Times. Il préconise le retour à l’utilisation de l’or, non pas comme étalon mais « comme un point de référence international lié aux prévisions du marché pour l’inflation, la déflation et la valeur future des monnaies ». Un mécanisme qui reste à ce stade particulièrement obscur et qui n’a été commenté par Ben Bernanke et Jean-Claude Trichet que du bout des doigts, pour l’en laisser glisser. Il n’empêche, le ver est dans le fruit et va très lentement le grignoter.

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L'actualité de la crise : LES BANQUES CENTRALES, DERNIERS RECOURS A CONTRE-CŒUR, par François Leclerc

Billet invité.

En adoptant le principe d’une révision du traité de Lisbonne afin de pérenniser un dispositif collectif de sauvetage financier d’un Etat en difficulté, les 27 de l’Union européenne se sont engagés dans un tournant dont il ne voient pas la fin.

Ce premier coup de canif dans le contrat de mariage pourrait en effet être suivi d’autres. Reconnaître l’hypothèse que certains pays ne seraient pas en mesure de respecter le contrat d’austérité qu’il leur est exigé de suivre pourrait impliquer que, pour d’autres, du mou devrait être donné à la laisse. Mais n’anticipons pas…

Dans l’immédiat, à peine engagé, ce tournant a suscité une passe d’arme entre Jean-Claude Trichet et Nicolas Sarkozy, rapportée de plusieurs sources. « J’ai l’impression que certains ne se rendent pas compte de la gravité de la situation » a tonné le premier, en pure perte.

Non seulement le président de la BCE n’a pas obtenu gain de cause sur un sujet à propos duquel il s’était exprimé sans ambages – l’automaticité des sanctions pour les pays allant hors des clous – mais il n’a pu empêcher que soit adopté un mécanisme anti-crise qui pourrait selon lui susciter sans tarder une réaction des marchés, furieux devant la perspective de devoir participer demain à d’éventuelles restructurations de dette. Ou, pour le dire sans détours, craignant que les banques européennes ne causent une nouvelle hausse des taux obligataires de pays comme la Grèce et l’Irlande. Pour commencer.

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L'actualité de la crise: L'HEURE DES FUITES EN AVANT A SONNÉ , par François Leclerc

Billet invité

Durant des mois et des mois – et même encore aujourd’hui – un déni généralisé a prévalu. Une attitude adoptée par tous ceux qui, dépassés par les événements ou dissimulant leur collusion, se sont ingéniés à ne pas reconnaître l’étendue et la profondeur des dégâts.

Minimisant ceux-ci et se conduisant comme s’ils étaient en mesure d’y faire face. Montant des opérations de diversion, comme l’ont été la traque des évadés fiscaux ou la lutte avortée contre les primes et les bonus des banquiers et traders. S’essayant à désigner des boucs émissaires. Usant de toutes les ficelles de la communication pour masquer l’inanité de leurs réponses à la crise. Ainsi que la légèreté avec laquelle ils abordaient la mise en place d’une régulation financière.

Tout cela n’a qu’un temps et ne va pas pouvoir être poursuivi sur le même mode. La guerre monétaire ne fait que commencer et ne va plus permettre de persévérer dans le même autisme.

Aux Etats-Unis, la Fed se prépare à attiser le feu en remettant en marche la planche à billets, accentuant la chute du dollar. En Europe, la BCE fait le grand écart avec elle en adoptant une stratégie opposée, l’Allemagne accentuant sa pression pour imposer sa stratégie de lutte prioritaire contre les déficits publics. Ces deux fuites en avant se valent l’une comme l’autre en raison des dangers qu’elles recèlent.

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L'actualité de la crise : un mort qui ne le sait toujours pas, par François Leclerc

Billet invité.

UN MORT QUI NE LE SAIT TOUJOURS PAS

Les dirigeants européens affichent leur détermination, mais va-t-elle tenir jusqu’au bout ? Ils affirment la nécessité de renouer sans tarder avec des déficits publics conformes aux normes datant de la création de l’euro, et à en faire de même pour le montant de la dette. Le tout au prix d’importantes restrictions budgétaires et d’augmentations de la fiscalité. Mais sont-ils réellement d’accord sur les rythmes et les modalités ? Quel est l’avenir de cette politique, au-delà des divergences supposées ?

Une première interrogation porte sur le danger de création de la spirale descendante qui en résulterait. Ces mesures pesant sur la croissance, accentuant les tendances récessives globales dans un contexte régional et mondial déjà peu favorable, les pays les plus éprouvés étant plus immédiatement menacés. Si cela devait se produire, les recettes des Etats s’amoindrissant et les taux auxquels ils empruntent sur les marchés montant, un effet ciseau interviendrait. Il ferait obstacle à la poursuite de cette aventure. Une première restructuration de dette aurait un effet domino, le caractère opérationnel du fonds de stabilité restant à démontrer, comme on va le voir plus loin.

La seconde interrogation s’appuie sur l’ampleur à venir du mouvement de protestation aux mesures gouvernementales, dans un climat social qui ne laisse pas nécessairement paraître au grand jour de profondes inquiétudes, et dont la traduction est incertaine. Résignation et rejet sont les deux faces de cette même médaille, et l’on ne sait pas à l’avance de quel côté elle tombera. L’expérience en la matière tend à prouver que plus les mouvements d’opinion sont souterrains, plus ils peuvent être massifs lorsqu’ils font finalement surface. C’est un gros pari que de vouloir jouer au plus fin avec cela.

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L'actualité de la crise: le crépuscule des banques centrales, par François Leclerc

Billet invité.

LE CREPUSCULE DES BANQUES CENTRALES

Les mêmes qui ont déjà raconté tant d’histoires – qui se sont révélées être des menteries – sont en train de recommencer leur chanson. Ils sont tombés sur la date du deuxième anniversaire de l’effondrement de Lehman Brothers, à deux jours près, pour annoncer que cette fois-ci, c’est certain, une nouvelle chute libre du système financier ne pourra pas se reproduire grâce aux décisions qu’ils ont prises. Comment y croire ?

Le processus qui a conduit le Comité de Bâle a arrêter de nouvelles mesures de renforcement des fonds propres des banques n’a, pour le moins, pas été marqué par la plus grande transparence. On a compris que des assouplissements avaient été finalement accordés aux banques, suite à des marchandages opérés en coulisse, à la faveur d’intenses campagnes de lobbying. Mais on ne sait trop ni lesquels, ni en faveur de qui. En ces temps où il est parfois question d’élargir les prérogatives des banques centrales, un tel modus operandi est inquiétant, puisque Bâle III – le petit dernier du nom – est présenté comme dressant une barrière infranchissable pour toute nouvelle crise qui pourrait survenir et que les arbitrages auxquels il a donné lieu ont été pris dans le secret des dieux de la finance. Est-ce bien cela la nouvelle gouvernance mondiale qui nous est proposée ?

Une même absence de transparence entoure les conséquences de l’application de ces mesures, dont le calendrier très étalé dans le temps fait redouter qu’elles interviendront quand il sera trop tard. Les lobbies bancaires ont ainsi produit un document décrivant les sévères restrictions de crédits à l’économie qui en résulteraient, la Banque des règlements internationaux établissant à contrario des effets beaucoup plus mesurés pour défendre son propos. Et, lorsqu’il s’agit de tenir l’inventaire des banques qui vont devoir augmenter leurs fonds propres en vertu des nouveaux ratios, puis d’établir les besoins de financement cumulés que cela représente, les estimations les plus diverses circulent, dont on doit penser qu’elles ne sont pas sans intentions cachées. D’après Nout Wellink, le président du Comité de Bâle, l’ordre de grandeur des besoins des banques européennes serait tout de même de plusieurs centaines de milliards d’euros. Alors que presque toutes affectent de n’en rien paraître, où est l’erreur ?

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L'actualité de la crise: pour prévenir, il faudrait guérir, par François Leclerc

Billet invité.

POUR PRÉVENIR, IL FAUDRAIT GUÉRIR

A Bâle, le plus distingué des aréopages vient de mettre au point le nouveau dispositif destiné à ce que nous ne connaissions plus jamais cela. Afin que plus jamais le système financier ne soit dans l’obligation d’être renfloué par les Etats sur fonds publics, car ils n’en ont plus les moyens. C’est tout du moins ce qui est reconnu par ses ténors quand ils sont en mal de franchise.

L’histoire dira, mais on ne sait pas quand, s’il s’agit ou non d’une forfanterie de plus. D’un accord de circonstance marqué dès l’origine par une incompréhension de la nature profonde de la crise actuelle, par une incapacité à remettre en cause des rouages qui vont tôt ou tard reproduire les mêmes effets. Dans un contexte qui aura évolué – que l’on voit se dessiner à grands traits – et d’une manière qui ne sera pas la même que la dernière fois.

Dans l’immédiat, un notable renforcement des fonds propres que vont devoir détenir les banques a été décidé par les représentants des banques centrales et des régulateurs des 27 pays membre du Comité de Bâle, sous les auspices de la Banque des règlements internationaux. Le prochain G20 de Séoul devrait donner l’occasion aux Chefs d’Etats d’entériner cet accord.

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