Premières égratignures pour le dollar-roi

Certes encore faibles, les signaux de la crise monétaire à venir se perçoivent. Il faut la retenue et la poursuite d’une politique s’inscrivant dans le long terme des dirigeants chinois pour qu’elle ne s’accélère pas à la faveur de la guerre commerciale actuelle.

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PERTE DE CONFIANCE DANS LES BANQUES CENTRALES, par François Leclerc

Billet invité.

Que peuvent les banques centrales ? La question parait bizarre tellement il en est attendu, mais le scepticisme grandit devant leur absence de résultats en dépit de la multiplication de leurs mesures non conventionnelles, ainsi que de leurs innovations, comme l’adoption de taux négatifs par certaines.

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LES ALLEMANDS N’ONT PAS TOUJOURS TORT ! par François Leclerc

Billet invité

Membres du gouvernement ou de la Bundesbank, les autorités allemandes nous ont habitués à des jugements à l’emporte-pièce, ainsi qu’à la défense inflexible d’une ligne invariable en raison de ses promesses futures, en dépit de ses effets désastreux et des tentatives de l’infléchir qui s’accentuent. Pas question de faire marcher la planche à billets pour soulager le poids de la dette, de la mutualiser en grand ou trop ouvertement, ou de ralentir le désendettement pour financer l’investissement et la relance qui le faciliterait !

La tentation est grande de n’y voir, au choix, que l’expression d’un égoïsme national – même s’il est à courte vue – ou d’une pensée économique dogmatique à laquelle la Bundesbank nous avait accoutumés lors d’épisodes précédents. D’autant qu’en Allemagne même l’affaiblissement de la croissance économique inquiète les milieux d’affaire, qui le font savoir par la bouche des quatre principaux instituts de recherche du pays – IFO, DIW, RWI et IWH – en dépit d’orientations divergentes.

Mais une autre approche peut être avancée, qui consiste à ne pas rejeter en bloc l’argumentation des autorités allemandes, tout du moins lorsqu’elle évacue des solutions qui n’en sont pas, sans autant avaliser les leurs. Lorsque par exemple elle s’oppose à l’appel lancé à la BCE d’escamoter la dette publique en l’achetant, ce qui évite de statuer sur le rôle de celle-ci comme substitut au développement des inégalités. Ou à la croyance que la croissance résoudra tout, afin d’éluder l’interrogation qui s’impose sur sa nature, son moteur et ses objectifs. En se réfugiant dans les deux cas derrière un tour de passe-passe.

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La chute des monnaies : UNE GUERRE NON DÉCLARÉE, par François Leclerc

Billet invité

Le marché monétaire continue de manifester une grande volatilité, selon cette expression qui affecte de rendre compte de ses soubresauts de manière vénielle. « Les problèmes des pays émergents vont-ils rester ceux des pays émergents ? », se demande-t-on aux États-Unis. Car cela devait arriver, à finance mondialisée, contagion généralisée. La « guerre des monnaies » est relancée sans être déclarée. Une fois encore, les États-Unis exportent leurs problèmes et perturbent l’économie des pays émergents, mais ils craignent cette fois-ci un retour de flamme.

Quels pourraient-être les canaux de transmission empruntés ? Des faillites en série des entreprises des pays émergents, endettées dans des devises étrangères, sont d’abord craintes, car elles affecteraient le commerce international. Ou bien des retraits de capitaux atteignant à leur tour des pays comme l’Espagne et le Portugal, qui relanceraient la crise de la zone euro. Car les banques centrales des pays émergents ne sont pas parvenues à empêcher le plongeon de leur monnaie, en dépit de la palette des mesures mises en œuvre, y compris en augmentant leur taux dans une ultime tentative d’attirer les capitaux étrangers, vitaux étant donné les déficits extérieurs ou budgétaires enregistrés. Plus préoccupant encore, les capitaux nationaux s’enfuient afin d’anticiper de nouvelles dévalorisations et se protéger.

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SUSAN GEORGE ET PAUL JORION : QUE FAIRE ?

Ils ne s’étaient jamais rencontrés, c’est maintenant chose faite. Avant d’échanger leurs livres (1), se les dédicaçant réciproquement, ils ont parlé à bâtons rompus, à partir de l’actualité qui était ce jour-là le début du Forum de Davos, tentant ensuite de répondre aux questions : que faire, que proposer ? FL.

Susan George : Réglons leur sort à Davos et au G20 que personne n’a élu, ni l’un ni l’autre. Le G20 est né de la crise qui a fait trembler le monde. J’étais à Londres lors du premier, nous étions 35.000 à manifester ; la presse du lendemain, de même que Gordon Brown, s’empressaient de souligner leur accord avec nous. Tout a depuis bien changé. C’est très rapidement devenu un simple rituel où les points de vue sont trop divergents pour que des décisions soient prises. Quant à Davos, l’on y affirme que la crise est terminée. Le fondateur, Klaus Schwab, publie un texte dans Foreign Policy intitulé « Gérer le monde après la crise ». Pour qui se prend-il ? Davos n’a rien vu et ne verra rien venir, ceux qui s’y rendent ne vont y chercher, en plus des « deals », qu’une sorte de sagesse conventionnelle ; c’est un rituel aussi. Et d’après les nouvelles de ce matin, « Davos » pense que le risque, aujourd’hui, c’est de trop réguler les banques.

On subit le G20 comme on subit Davos, à cette différence près que c’est ce dernier qui imprime le plus sa marque car la finance gouverne. Que faire alors ? Je pense qu’il faut placer son espoir dans un travail hélas long et patient, comme nous le faisons l’un et l’autre, en construisant des alliances entre gens qui ont des idées et savent à peu près ce qu’il faut faire. Notamment, selon moi, une taxation sur les transactions financières qui permettrait de financer le tournant de civilisation nécessaire : conversion verte, réduction de la pauvreté dans le Sud, transfert de technologie hors OMC, etc. – autant de projets dont la finance pourrait être la vache à lait.

Paul Jorion : On exprime en effet dans certains milieux l’opinion que la crise est terminée, en particulier au G20 et à Davos. Comment peuvent-ils ignorer l’existence de différentes bombes à retardement dont, aux Etats-Unis, le déficit public faramineux, l’immobilier résidentiel qui connaîtra encore une aggravation cette année, l’immobilier commercial sans solution, ainsi que le marché obligataire des États et des autorités locales et, en Europe, les phases encore à venir de la crise de la zone euro. Or, les faits sont têtus, nous en sommes d’accord. Ce qui amène d’ailleurs à s’interroger sur l’influence réelle que ces instances ont sur les événements, dont elles semblent incapable de modifier le cours.

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L'actualité de la crise: Quand les monnaies s'en mêlent… et s'emmêlent, par François Leclerc

Billet invité

QUAND LES MONNAIES S’EN MÊLENT… ET S’EMMÊLENT

Irrésistibles montées du yen japonais et du franc suisse, maintien déterminé de la parité actuelle du yuan chinois vis à vis du dollar, les déséquilibres monétaires s’installent de plus en plus dans l’actualité, tandis que cahin-caha la réforme du FMI avance petitement et que se profilent à plus long terme d’inévitables grands chamboulements.

Non sans un paradoxe de plus : bien que nécessaires, ceux-ci sont pourtant bloqués, car ils devraient sanctionner la fin de cette extraordinaire facilité dont les Etats-Unis ont largement profité et abusé, à savoir l’adoption du dollar comme monnaie de réserve. Déjà profondément atteinte par la crise en cours, la première puissance économique et financière mondiale recevrait alors un coup fatal, si le privilège suprême que représente sa suprématie monétaire devait cesser.

Le chemin en est cependant tout tracé, puisqu’elle est déjà bien entamée, mais tout sera fait pour repousser cette échéance, synonyme de déchéance. Ne manquant pas d’accentuer la crise monétaire, au lieu de la résoudre, ainsi que ses retombées économiques, ce qui ne va en rien les arranger.

Cela peut être un sujet d’inquiétude supplémentaire, dans une situation qui n’en manque pas. Alors que la profondeur de la crise américaine, atteignant lourdement une société perdant pied et repères – dont on va observer les conséquences politiques – ne semble pas encore estimée à sa juste importance en Europe.

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