L'actualité de la crise : L'OBÉSITÉ CAPITALISTE, par François Leclerc

Billet invité

Avant même d’être ficelé, le paquet se défait décidément par tous les côtés. Le 11 mars prochain, dans moins de dix jours, les dirigeants européens auront à leur agenda l’adoption d’un plan global pour faire face à la version européenne de la crise, alors que les mesures déjà mises en pratique doivent être revues et que des voix discordantes se multiplient à propos de ce qu’il faudrait ou non faire pour la suite.

Dans l’immédiat, Steffen Seibert, le porte-parole du gouvernement allemand, a jugé que la version adoucie du pacte de compétitivité proposée par Herman Van Rompuy, le président de l’Union européenne, « était une étape encourageante sur le chemin d’un accord », tout en précisant que beaucoup était encore à discuter. Nul doute que des formulations seront trouvées pour le communiqué final, mais que les Allemands devront pour cela mettre de l’eau dans leur vin. Que restera-t-il des contraintes du pacte initial ? Que permettra-t-il d’obtenir en contrepartie à propos des mécanismes de stabilisation financière ?

Au chapitre des délitements, les formations ayant gagné les élections irlandaises ont fait leur campagne en mettant l’accent sur la baisse du taux des emprunts de l’Union européenne et du FMI, tandis que les Grecs préfèrent négocier un allongement de leur calendrier de remboursement avec ces deux mêmes instances. Les Portugais, afin d’éviter de tomber dans le gouffre d’un sauvetage européen – dont ils peuvent constater l’inanité – tentent d’obtenir des Allemands que le fonds de stabilité européen puisse donner suite à leurs prochaines émissions obligataires. Ce n’est plus à une négociation de détails que l’on assiste, c’est à un véritable démantèlement pierre par pierre !

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L'actualité de la crise : HISTOIRES A DORMIR DEBOUT, par François Leclerc

Billet invité.

Ils ne sont pas loin du storytelling – cette technique narrative de communication qui a si bien servi pour les armes de destructions massives irakiennes, ou à laquelle le danger islamique s’apparente également – mais ils s’y essayent. Qu’ils appartiennent au parti républicain américain, au gouvernement britannique ou à la coalition CDU/CSU-FPD allemande, les leaders politiques qui tiennent actuellement le haut du pavé et monopolisent le verbe n’arrêtent pas de fabriquer de belles et édifiantes histoires destinées à formater les esprits.

Les premiers font de l’amoindrissement du rôle de l’Etat, auquel tous les maux ou presque sont attribués, leur nouvelle religion. N’envisageant pour tout programme que des coupes budgétaires et des baisses d’impôt. Les yeux rivés sur l’échéance présidentielle, avec pour seul objectif de faire chuter Barack Obama, ils ne veulent en aucun cas être associés à de nouvelles dépenses budgétaires ou, pis, à des augmentations d’impôts. Ils sont d’autant plus prêts à exiger des mesures drastiques qu’ils savent la majorité démocrate du Sénat et l’exercice du droit de veto présidentiel se préparer à si nécessaire les bloquer.

A terme, les uns comme les autres n’ont d’autre foi que dans la croissance économique, à propos de laquelle ils fondent des prévisions irréalistes et placent tous leurs espoirs. Telle la poursuite infernale d’une fuite en avant américaine qui en masque une autre, celle de la dette et de son financement.

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