L’insaisissable changement de l’ordre mondial

Combien de temps vont-ils continuer à jouer à faire semblant, à déplorer l’abandon des relations à l’ancienne mode ? Donald Tusk, le président de l’Union européenne, est dans le vrai quand il reproche à Donald Trump de défier « l’ordre mondial » à l’occasion du G7, mais dans le faux quand il considère implicitement que celui-ci est immuable. D’où le malaise de dirigeants devant cet ordre en train de basculer, qu’ils ne savent pas comment rattraper.

Une fois de plus, les Américains ont un temps d’avance

À la lumière des évènements, il est permis de se poser une question dérangeante. Et si Donald Trump exprimait, par ses outrances et sa vulgarité, la démesure d’une Amérique non pas déclinante mais relevant la tête et allant l’emporter ?

Certes, les images de la pauvreté et du délitement de la situation des classes moyennes ne peuvent être effacées. Mais elles n’illustrent qu’un seul déclin, celui de l’économie, auquel le président américain s’attache présentement à répondre au détriment de ses alliés. La domination américaine sur le plan financier et militaire, qui vont de pair, n’ont pas été atteints. C’est même … Lire la suite

Après l’Italie, l’Espagne va-t-elle rester sous contrôle longtemps ?

Comme s’il tâtait l’eau avant d’y pénétrer, Pedro Sànchez fait son entrée au gouvernement sur la pointe des pieds. Il ne lui est venu à la bouche que le mot de stabilité, et l’on comprend que c’est l’aventure dans laquelle il vient de s’engager qui à cet égard le préoccupe à juste titre le plus, susceptible à priori d’en manquer, de stabilité. Il vise en plus délicat la reproduction du modèle portugais d’un gouvernement socialiste minoritaire appuyé au Parlement par ses alliés, mais le contexte s’y prête nettement moins : Ciudadanos veille.

Une stabilité précaire et pas destinée à durer

Qu’attendre de la situation si, ni les dirigeants allemands, ni les partis du nouveau gouvernement italien ne veulent évoluer ? Certes, aucun d’entre eux n’a l’intention de déclencher la sortie de l’euro du pays, mais c’est pourtant bien ce à quoi ils pourraient contribuer. Et plus vite qu’ils ne le pensent, ne laissant pas le temps à la nouvelle équipe italienne de préparer la mise en œuvre de son plan B, l’émission d’une monnaie parallèle en euros, qui pourrait la différer au moins un temps tout en redonnant des marges de manœuvre.