L'actualité de la crise : BOUTS DE COURSES, par François Leclerc

Billet invité.

Continuer d’épingler comme des papillons dans une boîte les déclarations contradictoires à propos de la restructuration de la dette de la Grèce n’a pas de sens. Comprendre en quoi ce serait « une recette pour la catastrophe » que certains annoncent (Jürgen Stark de la BCE) ou un sujet qu’il n’est « pas question de mettre sur la table » (Christine Lagarde) pourrait être plus instructif, sauf que les raisons données en restent vagues, une fois insisté avec des larmes de crocodile sur les lourdes conséquences qui en résulteraient pour la Grèce elle-même.

Une telle véhémence doit pourtant bien avoir sa justification ! Mais il ne faut pas en chercher l’origine du côté des banques françaises, qui ont toutes déclaré qu’elles pourraient soutenir l’épreuve. On croit donc comprendre qu’il est difficile, après avoir tant claironné que les banques n’avaient plus de souci, d’admettre qu’elles pourraient être déstabilisées par les effets domino potentiels d’une telle mesure honnie.

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L'actualité de la crise : L'AVEUGLE ET LE PARALYTIQUE, par François Leclerc

Billet invité.

Dans une ambiance qui ne s’y prêtait pas, les regards tournés vers un commissariat de Manhattan, puis un tribunal, les ministres des finances européens ont sans surprise donné leur feu vert au plan de sauvetage du Portugal, l’obstacle des Finlandais levé, leurs conditions acceptées. Les banques portugaises sont instamment priées de ne pas se délester en douce de la dette de leur pays ! Le FMI devrait suivre d’ici vendredi.

78 milliards d’euros seront prêtés dans le cadre d’un programme de trois ans, en contrepartie d’un ensemble de mesures budgétaires et de privatisations déjà négociées. Le communiqué commun ne mentionne toutefois pas le taux auquel le prêt est consenti, une question qui faisait débat et a une forte résonance en Irlande et en Grèce, les deux pays demandant une révision à la baisse du leur. Selon le ministre portugais des Finances, Fernando Teixeira dos Santos, un taux d’intérêt moyen d’environ 5,1% devrait être appliqué.

Pour la Grèce, il a été décidé de reporter la décision, après un échange montrant l’étendue des désaccords. Au final, le si déterminant signal envoyé aux marchés est d’une grande confusion. Tout est donc loin d’être bouclé, tant en raison de la demande allemande d’attendre le rapport de la Troïka, pour gagner du temps, que des fortes divergences persistantes qui ont tourné à la foire d’empoigne ces derniers jours. Chacun y allant de sa formule selon un large éventail allant d’une restructuration de la dette – les variantes ne manquant pas – à la réalisation prioritaire d’un programme massif de privatisations en Grèce. Le tout dans une cacophonie que le défaut subit du directeur général du FMI n’a pas contribué à résorber. La BCE reste intransigeante et les Allemands louvoient, tout le monde y va de sa recette ou préfère se taire. Aux dernières nouvelles Angela Merkel et son ministre des finances, Wolfgang Schaüble, ne seraient pas d’accord.

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L'actualité de la crise : RENDEZ-VOUS AU TOURNANT, par François Leclerc

Billet invité.

Si l’on ne craignait d’employer des images mortifères, l’expression creuser sa propre tombe serait assez appropriée pour qualifier les conséquences de la nouvelle valse-hésitation des autorités européennes. Plus les enchères montent entre elles, plus les solutions à leurs petits problèmes s’éloignent et risquent d’être onéreuses, ose-t-on pronostiquer. Les analystes financiers au fait de la chose le disent eux-mêmes : renflouer les banques coûterait moins cher que les Etats, mais c’est le chemin inverse qui a été choisi.

Lors du précédent épisode, nous avions laissé celles-ci écartelées à propos de la Grèce et de la réponse à apporter à l’impasse financière dans laquelle le pays a été plongé par son brillant plan de sauvetage. Sauf miracle – que l’on attend de pied ferme, mais le mouchoir humide – elles le sont toujours autant. Selon Die Welt, qui n’est pas spécialement un titre de la presse à sensation, l’Allemagne, le FMI et la Commission seraient prêts à une restructuration, refusée avec toujours autant de véhémence par la BCE qui mène la chasse en tête du peloton. Les démentis n’ont depuis pas cessé de pleuvoir, accréditant ce qu’ils niaient, si l’on veut en croire une expérience jamais démentie. Mais le feuilleton n’est pas terminé.

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LA SITUATION À FUKUSHIMA (XV), par François Leclerc

Mise à jour n° 236 (mercredi 14h36)

D’autres épisodes décisifs décrivant le chaos initial sont apportées par le Wall Street Journal, après analyse des 2.000 pages de documents rendus publics par Tepco.

Il est confirmé que – pour des raisons non élucidées dans ces documents – un système de refroidissement de secours par condensation avait mis hors service avant que le tsunami ne se déchaîne et produise ses effets. Ne ralentissant pas comme il aurait du l’élévation de la température et de la pression à l’intérieur de la cuve du réacteur n°1, avec les conséquences que l’on connaît.

Les téléphones du bunker de l’autorité de sûreté nucléaire (NISA), situé à 15 minutes de route du site de la centrale, ne fonctionnaient pas, pas plus que le téléphone satellitaire. La pompe du générateur d’électricité de secours non plus, laissant le responsable sans aucun moyen de communication avec la centrale et avec Tokyo. La pompe ensuite réparée, la réserve de fuel ne dura que 24 heures.

L’alarme initiale et l’ordre d’évacuation de la population dans un rayon de deux miles n’a été donnée que tardivement, l’exposition à l’air des barres de combustible du réacteur n°1 encore ignorée, la situation au sein du réacteur n°2 étant seule considérée à tort comme préoccupante, son système de refroidissement étant arrêté pour repartir ensuite avant de finalement stopper.

La décision très tardive de relâcher des gaz contaminés dans l’atmosphère, au risque d’une explosion de la cuve du réacteur n°1 (incident du type Techernobyl, à 350 kms de Tokyo) aurait eu en autre cause que le président de Tepco, seul habilité à prendre la décision, était bloqué à environ 165 miles à l’ouest de Tokyo, n’étant pas parvenu à prendre un avion militaire qui devait l’y transporter et qui avait été dérouté pour se rendre dans les régions atteintes par le tsunami sur ordre du gouvernement. Il revint ensuite le chercher.

Le tuyau d’évacuation des gaz n’était pas muni d’un filtre destiné à empêcher la contamination de l’atmosphère, amenant le gouvernement à étendre de 2 à 6 miles la zone d’évacuation avant de procéder au dégazage (sans avoir le temps et les moyens de vérifier que son ordre était exécuté).

Il était nécessaire d’injecter de l’eau dans la cuve, car le dégazage allait diminuer la pression et la température à laquelle l’eau bout. Mais le camion de pompier qui l’aurait permis avait été enlevé par le tsunami, retardant considérablement l’opération.

Ouvrir la valve permettant le dégazage devant se faire manuellement, les systèmes hydraulique et électrique ne fonctionnant plus, le directeur de la centrale a donné le coup d’envoi, suivi par 18 ouvriers qui se sont relayé en courant pour tourner la manivelle, afin de rester très peu de temps sur place, étant donné le niveau des radiations. Finalement, la valve fut ouverte d’un quart. La seconde valve le fut totalement grâce à un compresseur et une batterie amenée à l’intérieur du bâtiment du réacteur.

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Mise à jour n° 235 (mercredi 11h22)

Une longue enquête du Wall Street Journal (réservé aux abonnés) tente une reconstitution du début de la catastrophe. elle s’appuie notamment sur 2.000 pages de documents publiés par Tepco.

Elle met en premier lieu en évidence le chaos qui a résulté de l’interruption totale de toute fourniture d’électricité et de la panne des moyens de secours, groupes électrogènes et même de la plupart des batteries qui donnaient une autonomie de huit heures. Pour en donner une illustration, elle révèle que les ingénieurs ont du utiliser les batteries des voitures qui n’avaient pas été détruites par le tsunami pour simplement essayer de remettre en marche les instruments de mesure de température, niveau d’eau et pression (le crépuscule tombait à ce moment-là sur la centrale). C’est ainsi qu’ils comprirent que les barres de combustible allaient être découvertes dans le réacteur n°1.

L’enquête confirme qu’un premier camion-générateur était bien ensuite arrivé sur le site (à 11 heures du soir) mais n’avait pu être connecté, son câble de raccordement trop court. Un seul camion générateur a pu être branché durant les 24 premières heures.

Plus impressionnant encore, l’enquête révèle que le premier ministre est venu en personne et par hélicoptère sur le site de la centrale, afin d’obtenir que le dégazage de l’intérieur de la cuve, au sein de laquelle la pression avait dépassé de 50% la limite autorisée, intervienne finalement.

Un état de grande confusion et d’absence de communication régnait et il a donc considéré n’avoir plus comme ressource que ce déplacement dans l’urgence, faisant face à un refus déguisé d’obéir à ses instructions. A la suite de vifs échanges avec le directeur de la centrale et un ingénieur, dans une pièce du bunker de la centrale, il est en plus apparu qu’il était nécessaire d’ouvrir manuellement une valve et que les systèmes électrique et hydraulique permettant de le faire ne fonctionnaient pas. C’est finalement le directeur de la centrale qui le fit, s’exposant à hauteur de 106,3 millisieverts.

Tepco n’a pas donné suite à la demande du journal de rencontrer les interlocuteurs présumés du premier ministre.

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L'actualité des crises : MÊME MONDE OPAQUE, par François Leclerc

Billet invité

Les parallèles n’ont pas manqué d’être soulignés entre la crise économique et financière mondiale que nous continuons de subir et la catastrophe nucléaire de Fukushima qui se poursuit. Toutes deux mises dans le même sac, celui d’un système dont les justifications ont été dans les faits mises brutalement en cause et dont les supposés bienfaits s’effacent dans les deux cas devant les désastres qu’il suscite.

Une nouvelle opportunité vient de se présenter permettant d’opérer un autre rapprochement : des stress tests (tests de résistance) vont être presque simultanément menés en Europe dans le but d’éprouver la solidité des banques et celle des centrales nucléaires. Avec en commun de chercher à démontrer qu’elles le sont, tout du moins dans leur grand majorité, à l’exception éventuelle de quelques victimes expiatoires. Illustrations un peu trop criantes de ces opérations de propagande qui semblent désormais être l’âme même de l’action politique, que l’on préfère appeler plus noblement stratégie de communication.

On avait déjà remarqué, lors des précédents tests bancaires, qu’ils obéissaient à une méthodologie biaisée, n’ayant pas comme objectif de déterminer des points de rupture – leur fonction présumée – mais de se limiter à tester des cas calibrés pour aboutir à des résultats connus d’avance. Au regrettable risque de laisser croire que ces cas ont été choisis pour les besoins de la cause, celle bien entendu des ordonnateurs. Qu’est-ce qui pourrait nous laisser penser que cela sera cette fois-ci différent, si l’on ne tient pas compte des sempiternelles promesses qui les accompagnent ?

Il y a cependant une différence notable entre ces deux tests. La méthodologie de ceux des banques a été élaborée par l’European Banking Authority (EBA) et rendue publique au terme de consultations qui ne l’ont pas été. Elles sont d’une technicité financière à faire fuir. Celle des centrales nucléaires n’a pu être encore adoptée au sein du collège des responsables européens de la sûreté nucléaire, faute d’accord entre eux. Nous en connaissons mieux les arguments, notamment grâce à Günther Oettinger, le commissaire européen, qui a clairement refusé d’apposer sa signature sur ce qu’il a appelé devant les députés européens « un test de résistance allégé ». Les mêmes responsables devront se réunir une nouvelle fois, les 19 et 20 mai. « Le contenu est plus important que le calendrier. Le public souhaite des tests de résistance crédibles couvrant un large éventail de risques et répondant aux questions de sécurité. » a déclaré le commissaire.

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L'actualité de la crise : MINIMUM DE RÉALISME, par François Leclerc

Billet invité.

La Grèce va devoir patienter, ayant entretemps réussi à emprunter 1,625 milliards d’euros à six mois, au taux pénalisant record de 4,88%, afin de tenir dans l’immédiat.

La Commission parle d’une décision prise « dans les prochaines semaines », et Angela Merkel veut pour se prononcer attendre les résultats de la mission de la Troïka, qui vient juste d’arriver à Athènes et doit y rester une bonne semaine. Le temps de se dégager un peu de la pression qu’exerce sur elle son allié du FDP, qui anime en Allemagne le front du refus.

Tous espèrent ainsi faire retomber la tension que la réunion de vendredi dernier avait contribué à faire grimper, et gagner du temps pour trouver une position commune. Christine Lagarde, pour rassurer, a de son côté déclaré sans savoir comment qu’« on allait continuer à les aider », tandis que George Papandréou appelait les Grecs au « sang froid ». Ce nouveau numéro du cirque ne fait que commencer, car les intérêts des uns et des autres sont clairement divergents.

Ce qui est certain, c’est que plus le temps passe, plus la dette grecque va être garantie par les Etats via le fonds de stabilité, car les banques non seulement n’en achètent plus sur le marché mais s’en délestent autant qu’elles peuvent. La charge est donc progressivement reportée en totalité sur les Etats, rien qui ne soit vraiment étonnant.

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L'actualité de la crise : SAUVETAGES À LA PONZI, par François Leclerc

Billet invité.

Les commentaires pleuvaient hier lundi sur le thème : « Que vont bien pouvoir encore trouver les Européens pour se sortir de ce nouveau mauvais pas ? ». Non pas pour évoquer le cas du Portugal – dont le plan de sauvetage doit encore être finalisé, la Troïka ayant déjà mis au point ses conditionnalités – mais celui de la Grèce, qui a déjà le sien, réaménagé mais ne suffisant pas.

Les crises nationales ont commencé à se télescoper et non plus se succéder.

Les autorités européennes seraient en passe d’adopter dans ses grandes lignes un plan consistant à ne rien décider de nouveau, faute de pouvoir se mettre d’accord. Il implique cependant, pour ne pas créer les conditions d’un défaut catastrophique du pays dès l’an prochain, de remettre au pot en lui concédant un nouveau prêt de plusieurs dizaines de milliards d’euros et en serrant davantage la vis. En exigeant en contrepartie la réalisation d’un plan de privatisation de 50 milliards d’euros.

Ces autorités poursuivent avec application un schéma qui a déjà failli… mais elles se disent qu’elles gagnent ainsi du temps, le plus précieux des alliés faute de mieux !

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LA SITUATION À FUKUSHIMA (XIV), par François Leclerc

Mise à jour n° 218 (jeudi 22h40)

Tepco a confirmé non seulement la fusion partielle ou totale du combustible dans le réacteur n°1, mais également l’existence d’un trou de plusieurs centimètres de diamètre dans sa cuve, permettant de comprendre à la fois la baisse du niveau de l’eau malgré les injections d’eau massives et la contamination relevée dans le bâtiment, hors de l’enceinte de confinement.

Le corium résultant de cette fusion et tombé au fond de la cuve serait cependant refroidi, telles que les températures du bas de la paroi de la cuve le confirment selon l’autorité de sûreté nucléaire japonaise.

Cette situation remet en question toute perspective de poursuivre le refroidissement du réacteur – pris comme test, car considéré comme le plus favorable pour l’opération – en installant un circuit fermé d’eau. Dans l’immédiat, l’opérateur n’a pas d’autre choix que de poursuivre les injections d’eau avec les moyens actuels, sachant que la fuite va alimenter la masse d’eau hautement contaminée, sans savoir où elle est répandue vu les difficultés d’exploration du réacteur et de ses bâtiments.

Tepco reconnaît aussi que la même situation pourrait exister dans les réacteurs n°2 et 3, lui imposant de reconsidérer son analyse de la situation des réacteurs et remettant en cause son planning de travail devant aboutir à un arrêt à froid vers janvier 2012 des réacteurs.

La fusion partielle du combustible au sein des trois réacteurs était déjà connue. Mais le fait que leurs cuves soient percées modifie totalement les données. Il n’était envisagé jusqu’à maintenant qu’une déchirure dans le tore du réacteur n°2 et aucune fuite n’avait été localisée dans le réacteur n°3, ce qui est désormais le cas.

Toute reprise en main de la situation est remise en cause. L’opérateur a annoncé qu’il rendrait public un nouveau planning de travail le 17 mai prochain. La question étant de savoir sur quelles effectives nouvelles ressources il peut s’appuyer dans cette situation, qui accroit brutalement les incertitudes et les dangers potentiels.

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L'actualité de la crise : LE DÉFICIT… DES IDÉES ! par François Leclerc

Billet invité.

Une grande confusion règne à propos de la Grèce, que la dernière réunion au sommet n’a fait qu’accentuer. Celle-ci a en effet mis à nouveau en lumière que les dirigeants européens étaient totalement indécis et divisés sur la suite à donner à leur plan de sauvetage en train de sombrer corps et âme. Confirmant que c’est toute leur stratégie qui l’accompagne par le fond.

Toutes les options qu’ils ont retournées dans tous les sens avaient de leur point de vue plus d’inconvénients que d’avantages ; ils les ont donc logiquement rejetées. Pour se retrouver démunis, en attendant leur prochain rendez-vous, qui finira par être celui de la dernière chance à ce train-là.

A force d’avoir trop attendu, ce qui aurait pu être négocié à froid, mais n’aurait pas suffit – comme une restructuration de la dette se limitant à son rééchelonnement – va devoir être décidé à chaud et tailler plus profond, en espérant que cela passera au lieu de casser. Rien n’est moins sûr.

Les marchés se sont de leur côté révélés plus lucides que les autorités politiques, ces dernières piégées par leur propre aveuglement, en réclamant une véritable restructuration de dette dont les politiques ne sont pas prêts à assumer les conséquences.

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L'actualité de la crise : C'EST RATÉ ! par François Leclerc

Billet invité.

C’est raté ! Une discrète réunion devait se tenir à Luxembourg à propos de la dette de la Grèce et des irresponsables de la presse ont tout foutu par terre en publiant l’information, « sapant l’effort de la Grèce » et alimentant la spéculation. C’est tout du moins ce qu’a fait savoir dans la nuit George Papaconstantinou, le ministre grec des finances.

Une belle brochette de hauts responsables avait pourtant tenté de s’y retrouver en catimini : Elena Salgado et Christine Lagarde, Wolfgan Schaüble et Giulio Tremonti, ainsi qu’Olli Rehn et les deux Jean-Claude pour fermer la marche (Juncker et Trichet). A l’arrivée, ils ne sont parvenus à se mettre d’accord que sur ce qu’ils ne voulaient pas : ni de sortie de la Grèce de la zone euro – une « option stupide », selon Jean-Claude Junker – ni de restructuration de sa dette, tout en reconnaissant que cette dernière option est « activement discutée sur les marchés financiers ». Piètre résultat.

Il ne reste alors que deux solutions sur le tapis, soit un inévitable défaut de la Grèce, dès 2012 quand elle devra revenir sur le marché pour financer sa dette – où elle est attendue de pied ferme – soit lui accorder une nouvelle grosse rallonge financière pour sortir de ce mauvais pas. La première issue est impensable, la seconde n’est politiquement pas praticable. Voilà au moins ce qui ressort de cette réunion loupée.

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