L'actualité de la crise: Grèce: qui veut démontrer quoi ? , par François Leclerc

Billet invité.

GRECE: QUI VEUT DEMONTRER QUOI ?

Il est en train de se jouer dans les coulisses une partie acharnée à propos de la Grèce. Dans un premier temps, les marchés – dont on aimerait bien connaître l’identité des acteurs qui mènent leur danse – ont exercé une pression maximale et se préparent à la reporter sur le Portugal et l’Espagne. Des agences de notation leur prêtant main forte d’une manière douteuse. Des voix se lèvent pour s’alarmer de l’avenir de la zone euro.

Dans un second, tout le monde s’y étant mis, le gouvernement grec est finalement venu à résipiscence, n’ayant pas d’autre choix. Il a accepté d’appliquer un plan drastique de réduction de son déficit.

Dans un troisième où nous sommes, l’annonce d’une aide sous une forme ou sous une autre, venant des pays européens de la zone euro, se fait toujours attendre. Les jours passent et la satisfaction des besoins de financement de la Grèce coûtent de plus en plus cher (et sont de plus en plus profitables pour certains), rendant la situation encore plus tendue.

Depuis Athènes, et de manière dramatique, le ministre grec des finances a dit hier attendre cette décision de façon pressante. Le directeur général du FMI, prêt à intervenir, suggère ce matin aux gouvernement européens de le faire. Que se passe-t-il ? Qui fait obstacle à ce qu’un accord soit trouvé  ? Que cherche-t-on à démontrer ou à susciter  ? Quel exemple veut-on donner ?

Est-il acceptable que l’avenir d’un pays membre de l’Union européenne, et de ses habitants, soit traité de cette façon, dans le silence de cabinets que l’on va finir par appeler noirs  ? La vision que cela donne de l’Europe, et de tous ceux qui prétendre parler en son nom, n’augure rien de bon pour son avenir. Est-il possible de s’en réjouir ?

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L'actualité de la crise: l'Europe à la recherche d'un mécanisme de crise, par François Leclerc

Billet invité.

L’EUROPE A LA RECHERCHE D’UN MECANISME DE CRISE

Après avoir déversé le froid, les autorités et gouvernements Européens font couler l’eau tiède. En choeur, soudainement, ils assurent la Grèce qu’elle ne va pas être laissée seule dans l’épreuve, continuant de réaffirmer qu’elle doit faire un gros effort et va être surveillée de très près, afin de ne pas se déjuger. Ce que chacun traduira par : « nous sommes peut-être allés un peu trop loin, nous n’avons pas mesuré les conséquences de ce que nous avons engagé, il est temps de calmer le jeu ».

Que faut-il penser de cette histoire qui n’est pas terminée ? Elle est à la mesure de l’improvisation dans laquelle ces autorités et gouvernements agissent, de leur absence de stratégie commune. Car, si l’objectif était de signifier que le temps de la rigueur était venu et de faire un exemple, elles ont surtout illustré qu’elles ne savaient agir que pour montrer qu’elles n’avaient pas l’intention d’intervenir ensemble ! Ce qui augurait, inévitablement, d’une cascade d’autres catastrophes, allant au-delà de leurs intentions, si tant est que celles-ci soient claires. Après la Grèce, c’était au tour du Portugal, de l’Espagne, de l’Italie, commençait-on à dire et à entendre…. (pour ne parler que de la zone euro, et taire la situation de la Grande-Bretagne, le grand malade de l’Europe). Or, elles ne pouvaient pas se permettre ce délitement.

Les alertes des uns, les spéculations des autres, avaient en effet donné petit à petit corps à l’idée que la zone euro était susceptible, sinon d’éclater, de se désagréger. Qu’autour de l’Allemagne, à la manoeuvre dans cette affaire grecque, allait se constituer un pôle économique droit dans ses bottes, auxquels pourraient se joindre ceux des pays qui en seraient encore capables, et qui satisferaient à ses conditions.

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L'actualité de la crise: un système qui marche totalement en crabe, par François Leclerc

Billet invité.

UN SYSTEME QUI MARCHE TOTALEMENT EN CRABE

Donald Kohn, vice président de la Fed, a sonné l’alarme vendredi à l’occasion d’une conférence organisée par l’agence gouvernementale FDIC, à Arlington (Virginie). « Emprunter à court terme et prêter à long terme est une stratégie risquée par nature », s’est-il soudainement rappelé, en tirant comme leçon de cette constatation que ceux qui développent ce business (les banques) « doivent être certains que, la relance économique apparaissant, ils ne risquent pas d’être coincés par la hausse des taux d’intérêt … ». Se contentant de mentionner, comme cause de celle-ci, le moment où la Fed modifiera sa politique de très bas taux d’intérêt, ce dont il n’est pas question dans l’immédiat. Nous amenant à nous interroger sur les raisons de l’opportunité de son intervention; sur ce qui pourrait, selon ses propres termes, amener les banques à naviguer dans des « eaux inexplorées » et donc périlleuses.

Paul Tucker, numéro 2 de la Banque d’Angleterre, a également évoqué cette inconnue devant les parlementaires britanniques, la semaine dernière, mais il a été plus explicite. Il s’exprimait dans le contexte de la réunion de la semaine à venir du comité de politique monétaire de la banque centrale britannique – qui pratique le très bas taux de 0,5% – qui va devoir décider ou non de prolonger et d’étendre son programme d’achat des obligations d’Etat (les gilts). Tandis que les milieux d’affaires, craignant un redémarrage de l’inflation, préconisent l’arrêt de ce programme. Prélude, dans un second temps, à l’augmentation des taux de la BoE.

Les craintes qui s’expriment à propos de la capacité des banques à supporter une future hausse des taux sont suffisamment importantes pour avoir fait l’objet d’une réunion à la Banque des règlements internationaux, a révélé Paul Tucker. Un autre facteur poussant à la hausse des taux, sur le marché obligataire cette fois-ci, aurait été pris en compte. Dans l’immédiat celui de la crise grecque, et à terme les effets de la campagne qui s’exerce sur les gouvernements pour qu’ils entament la réduction de leurs dettes. Pouvant aboutir à un surenchérissement général des taux du marché, celui-là même sur lequel les banques seront appelées à lever des capitaux, une fois fermés les robinets à liquidités des banques centrales.

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L'actualité de la crise: discret sommet de la nouvelle gouvernance mondiale à Davos, par François Leclerc

Billet invité.

DAVOS : DISCRET SOMMET DE LA NOUVELLE GOUVERNANCE MONDIALE

Le Forum économique mondial de Davos vient de se terminer, mais ce n’est pas à sa tribune que le plus important aura été dit. Mais bien à l’occasion d’une de ces rencontres privées qu’affectionnent les grands de ce monde, une de ces discrètes réunions dont tout le monde parle mais personne ne sait – sauf les participants – ce qui y a exactement été discuté. Devant nous contenter, à défaut, de reconstituer la liste de ceux-ci, de prendre connaissance de son ordre du jour présumé, déchiffré sur un paper-board par un journaliste profitant d’une porte un instant entre-baillée (sic). Et, faute d’un communiqué final qui de toute façon arrondirait les angles, de soupeser les indiscrétions et confidences recueillies au vol à la sortie de la réunion par les unes et les autres des agences de presse. Le secret, toujours le secret, ce mode-là n’en finira donc jamais  ?

Que peut-on tenter d’en comprendre à l’arrivée  ?

Ils étaient plusieurs dizaines, venus d’Europe et d’Amérique du Nord, banquiers centraux, dirigeants d’organisations internationales, ministres, conseillers des présidents, présidents de commissions parlementaires, ou plus prosaïquement mégabanquiers (en espérant n’avoir oublié personne). Comme si un véritable sommet réunissant tous les acteurs privés et publics avait été convoqué, avec l’avantage d’être informel, en vue d’arriver enfin à quelque chose. Permettant de se dire plus facilement ses quatre vérités et d’avancer vers un accord global. Il étaient donc tous là ou presque, profitant de leur présence à Davos, sans que l’on sache si leur rencontre avait été organisé à l’avance ou était le résultat, improvisé, de l’offensive menée depuis le début du Forum par les représentants vedettes des mégabanques, Josef Ackermann de la Deutsche Bank et Bob Diamond de Barclays (entourés de très nombreux illustres collègues, ceux de Morgan Stanley et Goldman Sachs brillant seuls par leur absence).

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L'actualité de la crise: les vrais raisons du désendettement des Etats, par François Leclerc

Billet invité.

LES VRAIES RAISONS DU DESENDETTEMENT DES ETATS

Il est fait aujourd’hui grand cas dans les cercles gouvernementaux, faute de pouvoir se prévaloir d’autres succès notable, d’une stabilisation de la situation financière faisant suite à la phase aiguë de la crise, qui a été dominée. Sans encore reconnaître franchement que cette nouvelle phase est chronique (qu’elle est installée), mais sans continuer à se hasarder à en prédire le calendrier de sortie. On entend bien dire, ici ou là, que l’on est entré dans l’après crise, mais ce sont des propos légers et téméraires qui ne sont pas repris par les politiques, devenus prudents à force de voir leurs pronostics démentis.

Est-on bien certain, en réalité, que la situation financière soit si stabilisé que cela  ? Les éléments constitutifs de nouveaux dérapages, qui pourraient se révéler très sévères, ont en effet été clairement identifiés. Rien de moins que de nouvelles profondes secousses des marchés hypothécaires américain résidentiel et commercial, chacun selon ses échéances et sa logique. Aboutissant à ce que le château de cartes des actifs financiers bâti sur son socle s’écroule à nouveau, retouchant durement des établissement bancaires qui sont loin d’avoir digéré (déprécié en termes comptables) les conséquences du précédent effondrement et reconstitué d’autant leurs fonds propres. L’incertitude, à propos de cette nouvelle séquence de la crise, portant d’avantage sur son ampleur que sur sa venue.

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L'actualité de la crise: montée d'impératifs contradictoires, par François Leclerc

Billet invité.

MONTEE D’IMPERATIFS CONTRADICTOIRES

Les gouvernements occidentaux, qui n’ignorent pas que la crise est installée et chronique, sont toujours à la recherche d’une ligne de conduite, sans avoir évacué la crainte d’une possible rechute aiguë. Ils font face à deux dilemmes, plus faciles à identifier qu’à trancher. L’un concerne la réduction des déficits publics, l’autre le renforcement des fonds propres des banques, tous deux apparemment contradictoires avec la reprise économique.

A propos du premier d’entre eux, les gardiens du temple – BCE en tête, qui mène une campagne acharnée – martèlent tous le même discours: les déficits publics doivent être impérativement réduits. Mais ils ne disent pas comment s’y prendre, car – admettent-ils – il ne faut pas casser la reprise économique. Le dernier communiqué du FMI illustre parfaitement ce choix impossible entre des impératifs contradictoires, justifiant d’être abondamment cité.

L’organisation internationale vient de relever ses prévisions de croissance pour 2010, tout en reconnaissant que celle-ci restait dépendante du soutien des Etats dans les pays développés. Ce qui implique, selon elle, « de soutenir la reprise là où elle n’est pas encore fermement enclenchée » (dans les pays occidentaux). Utilisant une formule qui ne manque pas de saveur : « On ne discerne encore guère de signes de solidité de la demande privée autonome, tout au moins dans les économies avancées ».

Mais, une fois de plus, le FMI souligne que « les pays où la viabilité des finances publiques est de plus en plus préoccupante doivent avancer dans la conception et la communication de stratégies de sortie crédibles ». Avec pour objectif de « concevoir des stratégies crédibles qui permettront de s’affranchir du soutien de la politique monétaire, et de les communiquer». En vue de diminuer « les craintes d’inflation ou de nouvelle instabilité financière ». Remarquant également que « l’inquiétude croissante concernant la dégradation des situations budgétaires et la viabilité des finances publiques pourrait déstabiliser les marchés financiers et enrayer la reprise, en rehaussant le coût de l’emprunt pour les ménages et les entreprises ». Mais aussi que d’autres facteurs pourraient « freiner la reprise dans les économies avancées », comme « le niveau élevé du chômage » ou bien « l’existence de systèmes financiers qui ne sont pas encore complètement rétablis et, dans certains pays, la fragilité des bilans des ménages ».

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L'actualité de la crise: repeindre les transats du Titanic, par François Leclerc

Billet invité

REPEINDRE LES TRANSATS DU TITANIC

Deux angles étaient possibles pour apprécier la portée du nouveau plan de Barack Obama de restriction des activités financières des banques, dénommé la « réglementation Volcker » pour tenter de lui donner une légitimité dans les milieux financiers. Un angle politique américain, immédiatement adopté parce qu’il s’imposait dans le contexte électoral et qu’il confirmait que la dimension politique prenait le dessus dans la crise, et un angle plus purement financier et global, relégué dans un premier temps au second plan, car les intentions exprimées par le président n’étaient pas, comme à l’accoutumée, accompagnées des mesures qu’elles impliquaient. Et qu’il était anticipé que le rouleau compresseur des lobbies et du Congrès réunis allait couper aux mesures des banques le nouvel habit qui leur était proposé d’endosser, tandis que les uns après les autres les gouvernements européens saluaient ce plan tout en expliquant qu’il était parfait pour les Américains mais inadapté à la situation de leur pays (ou qu’il adoptait enfin leur vision des choses, pour le Français !).

Il apparaissait ainsi, pour que l’exercice soit complet et que l’analyse intègre toutes les facettes de cette nouvelle donne, qu’il était également nécessaire de la transposer au plan international, dimension obligatoire tant politique que financière de cette crise. L’ouverture du Forum de Davos, dès mercredi prochain, allant être au hasard du calendrier une caisse de résonance propice.

Enfin, il s’imposait que l’événement soit mis en perspective, intervenant peu de temps après une autre annonce américaine, celle du projet de taxation des banques selon la taille de leur bilan, pour une période estimée à dix ans et à concurrence de la perception d’environ 100 milliards de dollars. Le commentateur était sollicité de toutes parts dans le contexte confus du foisonnement des réflexions en cours. Enregistrant d’un côté les travaux du Comité de Bâle (et du Conseil de stabilisation financière, qui cherche à justifier son existence dans le monde très peuplé des régulateurs financiers), statuant sur le renforcement des fonds propres des banques et la définition de leur nature. D’un autre l’action des travaillistes britanniques poussant leurs pions en faveur d’une taxation des transactions financières, en attendant que le FMI s’exprime et tranche entre les diverses modalités possibles de celle-ci. D’un troisième encore, en s’interrogeant sur la vision encore à préciser des Allemands, qui viennent d’annoncer la tenue de leur propre conférence internationale (de « haut rang », avant le prochain G20 de juin de Toronto), pour ne pas être en reste.

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L'actualité de la crise: la crise de société américaine, par François Leclerc

Billet invité.

LA CRISE DE SOCIETE AMERICAINE

Une bagarre à l’issue incertaine est en cours à Washington, là où on ne l’attendait pas. Elle a pour cadre le Sénat et pour objet la confirmation de la nomination à la présidence de la Fed, pour un second mandat, de Ben Bernanke. Un vote pourrait intervenir à partir de mercredi prochain, alors que le mandat en cours se termine le 31 janvier, le calendrier est donc serré. Ce qui est le plus significatif, dans cette situation que nul n’aurait prédit il y a quelques semaines, c’est que les votes qui pourraient manquer à Ben Bernanke viennent à la fois du camp démocrate et de celui des républicains. Prenant doublement à revers Barack Obama, qui a réaffirmé son soutien à son candidat et pourrait le voir défait, et qui peut constater que l’alliance bipartisane dont il n’a cessé de se revendiquer depuis qu’il a été élu, cherchant l’appui à la fois des démocrates et des républicains, se constitue bien, mais contre lui en l’occurrence !

Ce n’est pas non plus un des moindre paradoxes de la situation politique Américaine actuelle que de constater que le président assure de son soutien, pour diriger la Fed – principal artisan et bailleur de fonds du sauvetage du système financier – un homme qui était aux commandes durant toute la période de montée en puissance de la crise et n’a rien fait pour l’endiguer. Alors qu’il a entrepris depuis peu, en proposant une taxation des mégabanques, puis dans la foulée un projet de restriction de certaines de leurs activités (à la portée toutefois indécise), une véritable croisade contre ce que représente ce même candidat, qui était et reste l’homme de Wall Street.

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L'actualité de la crise: un nouvel épisode US qui s'annonce mouvementé, par François Leclerc

Billet invité.

UN NOUVEL EPISODE US QUI S’ANNONCE MOUVEMENTE

Levant de premières incertitudes pour en créer d’autres, la journée de jeudi a été marquée par deux importantes nouvelles aux Etats-Unis. L’annonce inopinée par Barack Obama, qui avait préparé masqué son coup, des mesures de restrictions qui pourraient être apportées à l’activité des mégabanques. Ainsi que la décision de la Cour Suprême de supprimer les entraves existantes au financement des campagnes électorales par les entreprises, une vraie déclaration de guerre qui prélude à des midterms sanglantes, suscitant en retour une réaction musclée de Barack Obama.

Il se confirme donc que celui-ci ne pouvait pas rester les bras croisés et qu’il a repris l’initiative, après la défaite lourde de symboles du parti démocrate aux élections sénatoriales partielles du Massachussetts. Car celle-ci annonce, si rien n’est fait, un score calamiteux aux midterms de novembre prochain. Dans le contexte de mauvaises nouvelles persistantes, enregistrant une nouvelle progression des chiffres officiels du chômage et de la dégradation de la situation réelle de l’emploi. Incitant à penser qu’après plus d’un an d’une mandature peu démonstrative, Barack Obama va être obligé, s’il veut obtenir un minimum de résultats lui permettant de renouer avec son électorat, d’entrer plus franchement dans le vif du sujet. Alors que sa réforme de la santé – élément clé de son dispositif – déjà fort émasculée, risque désormais de ne pas passer la barre de l’approbation par le Sénat.

Ce dernier va devoir maintenant prendre ses responsabilités, tant vis à vis de cette réforme que de celle de la régulation financière. Avec le poids des électeurs entièrement sur ses épaules. Les mégabanques étaient en train de mettre au point leur plan de bataille afin que le projet de taxation n’accède pas aux séances plénières du Congrès, ayant comme solution de repli d’obtenir de ce dernier que cette taxation, si elle est adoptée, ouvre droit à des déductions d’impôts ! Mais il va leur falloir désormais bloquer en plus le nouveau projet scélérat annoncé par Barack Obama. Alors que certains, chez les républicains, ne sont pas aussi farouchement opposés à des mesures de séparation des activités bancaires qu’ils ne le sont d’une taxe.

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L'actualité de la crise: incertitudes politiques américaines, par François Leclerc

Billet invité

INCERTITUDES POLITIQUES AMERICAINES

Avant même que le parti démocrate ne perde au début de la semaine les élections sénatoriales du Massachusetts, et par la même occasion Barack Obama la majorité empêchant au Sénat le flibustage (qui permet à la minorité de faire dérailler le processus d’adoption d’un texte de loi), de nombreux commentateurs s’interrogeaient sur ce que ce dernier était susceptible de préparer. Remarquant que sa chute de popularité, ainsi que celle des élus démocrates, prenait de l’ampleur et devenait problématique, alors que se profilent les midterms (les élections à mi-mandat). David Axelrod, conseiller de Barack Obama a d’ailleurs commenté ainsi l’élection perdue: « Ce que nous avons vu au Massachusetts, c’est la même inquiétude (que partout) de la part de la classe moyenne sur la situation de l’économie : les salaires bloqués, les emplois perdus ».

Il avait été déjà noté que l’annonce par le sénateur Christopher Dodd, président de la commission des banques, qu’il n’allait pas se représenter en vue d’être éventuellement réelu, n’était pas bon signe pour la suite des discussions sur la loi de régulation financière. Car cela le libérait de la pression des électeurs, alors qu’il est considéré comme proche des intérêts des milieux financiers (il a du s’expliquer sur les conditions préférentielles d’un prêt immobilier hypothécaire consenti par l’organisme spécialisé Countrywide). Première victime annoncée de cette situation : l’agence de protection financière des consommateurs (CFPA), défendue avec acharnement par l’administration, combattue avec virulence par les banques, finalement adoptée par la Chambre des représentants, dont il est prédit que les sénateurs pourraient ne pas retenir le principe de sa création. Elisabeth Warren, présentée comme susceptible d’en prendre sa tête, a déclaré à ce propos à Reuters qu’il sera possible de coller une étiquette avec écrit « Made in Wall Street » sur la loi de régulation financière, si les lobbyistes des banques parviennent à avoir la peau du projet d’agence des consommateurs.

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