Les cuisines de la finance

Les banques européennes ont utilisé les liquidités de la BCE pour acheter en masse des titres souverains émis par leurs pays. Leurs portefeuilles en regorgent, qui contiennent 1.600 milliards de ces titres. La part de la dette souveraine dans les portefeuilles des banques varie fortement d’un pays à l’autre: elle se situe entre 5% et 10% de l’encours total de crédit au secteur privé en Allemagne et en France, elle avoisine 20% en Espagne et au Portugal et elle approche 50% dans certains pays d’Europe centrale et orientale.

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Les temps ont changé, l’endettement n’est plus maudit

Sans que cela ne soit une grande surprise, le détricotage de la régulation financière adopté il y a une décennie se poursuit par étapes afin de permettre aux banques d’accroître le crédit, dans le but de favoriser la relance ! Et ce n’est pas fini !

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La finance durable opportunité de business

La pandémie a pris le dessus sur les émissions de gaz à effet de serre, mais il faut bien revenir à ces dernières car le compteur tourne. Si l’inquiétude à propos du chômage s’accroit dans l’immédiat, la lutte contre le réchauffement climatique et ses effets dévastateurs revient sur le tapis. Sauf à déclarer comme Donald Trump que « cela finira bien par se refroidir ».

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Keynes à toutes les sauces gâtées

Jean Castex se prévaut d’un étrange « keynésianisme de l’offre » dont on ne sait trop où il va le chercher. Tandis que la tentation est grande de voir dans l’évolution de la politique financière allemande un tournant  « conceptuel ». Les dirigeants seraient-ils devenus des keynésiens comme l’affirme la correspondante du Monde à Berlin, Cécile Boutelet ? Ou bien plus simplement, le même pragmatisme que celui qui anima les dirigeants américains lors du précédent accès de crise aigüe, il y a une dizaine d’années, n’en est-il pas plutôt à son origine ?

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Comment tourne notre monde qui cafouille

L’ingénierie financière a beaucoup fait parler d’elle lors de la crise des surprimes, à laquelle elle a apporté sa pleine contribution. On découvre d’autres méfaits de sa part lorsqu’elle contribue au montage de structures complexes de l’endettement des entreprises qui connaissent un sucés grandissant. Pour le moins, celle-ci ne facilite pas un accord des créanciers lorsque les entreprises se réfugient derrière la fameuse loi américaine sur les faillites (« chapitre 11 ») qui les en protège en leur permettant de se réorganiser afin de survivre.

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Tout tiendrait-il au fil de la Fed

Dans un monde désemparé qui aurait besoin de nouvelles recettes, le Forum de Davos qui en est un grand pourvoyeur est reporté au début de l’année prochaine, à dieu ne plaise ! Panacée par défaut, le port du masque « compense » officiellement l’absence de respect des règles de distanciation, les « zones rouges » s’étendent, ainsi que les restrictions de circulation entre pays européens. Mais il ne s’agit pas que de cela. En fait de deuxième vague, c’est celle des licenciements qui s’annonce irrésistiblement, expliquant plus que toute autre crainte la montée de « l’épargne de précaution » qui prend le pas sur toutes les autres. L’économie s’essouffle et rien n’y fait, le fond n’a pas encore été touché tandis que les premiers versements du fonds de résilience et de relance vont se faire attendre.

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L’eldorado d’Apple et des GAFAM et ce qu’il exprime

La valorisation boursière d’Apple a dépassé les 2.000 milliards de dollars, doublant en l’espace de deux ans. Les analystes de Goldman Sachs n’en reviennent pas, reconnaissant qu’ils étaient loin dans leurs prévisions d’approcher ce qui bouleverse tous les usages. Le chiffre d’affaires d’Apple étant de 274 milliards de dollars et ses profits nets de 58 milliards, une telle valorisation est du jamais vu ! Le Price-Earnings Ratio (PER) qui exprime le rapport entre la valeur des actions et les bénéfices en ressort à 35, hors de tous les sentiers battus, la norme se situant empiriquement entre 12 et 15. Pour mieux apprécier le résultat, Apple vaut aujourd’hui plus que toutes les entreprises du CAC40 réunies.

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Nos amies les banques

Et les banques dans tout cela ? Hier point faible d’un système financier qui craquait, elles prétendent aujourd’hui tenir le choc. Non sans de grandes disparités en leur sein ni présager de l’avenir.

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Les canaris dans la mine

Dans un monde financier hydrocéphale, qu’est ce qui n’est pas trop gros pour s’effondrer ? Cela a commencé avec les mégabanques, dont une liste a été dressée, puis les fonds d’investissement les ont supplantés, mais il y a pire encore, installé en son cœur. Les chambres de compensation destinées à maitriser le risque de défaut de paiement des transactions financières, à force de concentrer celui-ci, sont paradoxalement devenues un point de fragilité du système.

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Des vessies pour des lanternes, faute de mieux

Les effets d’annonce et les mesures en trompe l’œil ne manquent pas par les temps qui courent. La transition écologique se prête particulièrement à l’exercice, mais cela ne s’arrête pas là. Gouverner c’est d’abord l’art d’enjoliver ses décisions afin de les présenter à son avantage. Il vaut mieux gratter un peu pour ramener les mesures annoncées à leur juste niveau.

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