L'actualité de demain : QU’EST-CE QU’ILS NE VONT PAS INVENTER ? par François Leclerc

Billet invité

On connaissait l’assurance-vie, par le biais de laquelle ses possesseurs peuvent se retrouver sans le savoir détenteurs de titres de dette souveraine qui subiront demain une décote ; on avait enregistré sous Nicolas Sarkozy la volonté gouvernementale d’accroître le nombre de propriétaires de logements et l’endettement des ménages, ou bien encore la tentative de lancer la retraite par capitalisation, mais avant la crise. Le tout dans l’intention de mouiller le plus de gens possible et de les rendre dépendants et solidaires du système.

Dans ce même esprit, il nous vient du Royaume-Uni une nouvelle idée qui ferait du plus grand nombre possible de Britanniques les actionnaires des banques. C’est tout du moins la proposition de Policy Exchange, un think tank qui entend créer « une nouvelle génération d’actionnaires ». Avec l’avantage incontestable, mais pas revendiqué, que leur présence représenterait un obstacle à la participation des actionnaires d’une banque à son renflouement !

La réflexion s’est engagée à propos de la privatisation de RBS et Lloyds, les deux banques partiellement nationalisées en 2008, qui devrait être prochainement annoncée par George Osborne, le chancelier de l’Échiquier. En attendant, 70 % des parts de l’État dans celles-ci pourraient être vendues à une population estimée entre 20 et 30 millions de Britanniques, selon ce rapport. Chacun d’entre eux pourrait acheter des titres pour un montant évoluant entre 1.100 et 1.600 livres, en fonction de la demande, avec la garantie gouvernementale de ne rien perdre en cas de baisse de la valeur de l’action (au bout de dix ans). Autres avantages de ce scénario, il permettrait de réaliser l’opération avec les prochaines élections législatives, prévues en 2015, et d’illustrer les bienfaits de la politique gouvernementale.

Peut-on prochainement espérer la réalisation d’un partenariat entre la Loterie nationale et un opérateur de trading de haute fréquence pour un nouveau jeu ?

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LE PRINCE ET L'APPRENTI-SORCIER, par Zébu

Billet invité.

« Il ny a pour un prince de défense bonne, certaine, et durable, que celle qui dépend de lui-même et de sa propre valeur », ‘Le Prince’, Machiavel.

Lorsque le 7 novembre 2012 Christiane Taubira présente au Conseil des Ministres le projet de loi du ‘Mariage pour Tous’, la cote de confiance du Président de la République s’est déjà inversée et ce depuis septembre 2012.

 Le mariage pour tous aurait donc pu être un palliatif politique décidéà la va-vite pour faire face à la chute de popularité de l’exécutif. Pourtant, ce projet qui est une des 60 promesses de campagne présidentielle de François Hollande est préparé par le cabinet de la Ministre de la Justice dès l’été 2012 et l’annonce qu’il sera déposé au parlement pour être voté au premier semestre 2013 est réalisée dès début août. Avec seulement une semaine de retard par rapport à l’annonce du premier ministre Jean-Marc Ayrault pour sa présentation au Conseil des Ministres, ce projet bénéficie donc d’une attention toute particulière mais ne déroge cependant pas avec ce que le calendrier du candidat François Hollande avait annoncé dans son programme pour octobre 2012 et ce que le Président de la République décida ensuite d’appliquer.

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L'actualité de demain : DYNAMIQUES DE GROUPE, par François Leclerc – En débat demain mardi, de 11 h à 14 h.

Billet invité. Le débat a commencé ICI

Parvenus à ce stade de la crise dans sa dimension politique et sociale, une interrogation toute simple s’impose : pour quelles obscures raisons, que ce soit aux États-Unis ou en Europe, ceux qui sont en responsabilité (comme ils aiment jargonner) sont-ils incapables d’en sortir ? Que cherchent-ils à obtenir ?

Les prises de position des plus péremptoires d’entre eux sont connues : « Pas d’impôts supplémentaires pour les riches ! » et « Taillez dans l’État-providence ! », désignant à chaque fois la même victime. De fait, les uns continuent de bloquer toute adoption d’un budget aux États-Unis, et les autres coupent dans ceux-ci sans se soucier du désastre. Dans les deux cas, une véritable fuite en avant s’ensuit, en défense du statut des nantis, de leur fortune, de leurs aises et privilèges. C’est aussi simple que cela. En Europe, ce sont des pays entiers qui sont détruits, des générations qui en subissent les effets, condamnés au nom de la Rédemption.

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L'actualité de demain : L'IRRÉVÉRENCE S’IMPOSERAIT-ELLE PARFOIS ? par François Leclerc

Billet invité.

Le suspens est à son comble dans l’attente de la diffusion dimanche sur BBC Radio one de son hit parade intitulé « The Official Charts Show ». « Ding Dong! The Witch is Dead » (La sorcière est morte) devrait y figurer comme le veut le principe, car ses ventes ont explosé. Or le disque est rien moins qu’une actualité puisqu’il s’agit d’une chanson chantée par Judy Garland, encore adolescente, à partir d’une scène de The Wizard of Oz, l’un des premiers films en couleur, sorti sur les écrans en… 1939 !

Les milieux comme il faut crient à la manipulation politique, en raison de la transparence de l’allusion à la disparition de Margaret Thatcher, surnommée durant toute sa carrière politique, « The Wicked Witch » : la méchante sorcière, par la partie de la population britannique qui n’appréciait guère celle que l’on appelait chez ceux qui, au contraire, l’aimaient, « The Iron Lady » : la dame de fer.

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L'actualité de demain : L'HYDRE N'A QU'UNE SEULE TÊTE, par François Leclerc

Billet invité

Évacués par l’OCDE et ses tours de passe-passe, les paradis fiscaux sont de retour ! Sous cette appellation exotique résultant d’une erreur de traduction, les « juridictions non coopératives » des technocrates internationaux – qu’entre eux ils appellent « juridictions à palmiers » – sont trop grosses pour être cachées ! La liste des « trop grosses… » s’allonge donc : pour faire faillite, pour aller en prison, pour être cachées… Il ne reste plus qu’à savoir comment les faire maigrir.

Dans les discours qui ne manquent pas, et qui restent sans lendemain, il n’est le plus souvent traité que de l’évasion fiscale des particuliers (ce qui la rend presque sympathique, car peut-on être contre la liberté ?). Sur le mode d’une indignation qui n’a pas encore été au bout de ses surprises, l’éditorial du jour du journal « Le Monde » vilipende ainsi les « riches particuliers », laissant prudemment poindre une interrogation sur des banques françaises qu’il ne désigne pas encore mais que tout le monde connait (une de ces précautions de langage qui sont assimilés à de la connivence, comme si le temps des convenances n’était pas révolu). S’il ne s’agissait que d’individus isolés, en effet !

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L'actualité de cet après-midi : LES OFFSHORE À MARÉE BASSE, par François Leclerc

Billet invité

Suivant la formule déjà utilisée avec succès par Wikileaks, c’est ce soir à 17 heures (16h GMT) qu’un ensemble d’informations sur les paradis fiscaux va être mis en ligne par une trentaine de grands quotidiens nationaux dans le monde entier. Le résultat de l’exploitation depuis plusieurs mois par une équipe de l’International consortium of investigate journalists de Washington (ICIJ) de deux millions d’e-mails, la liste de 122.000 sociétés qui y sont abritées et celle de 12.000 intermédiaires.

Le quotidien belge Le Soir sera de la partie !

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L'actualité de demain : SI TOUT S'EN MÊLE… par François Leclerc

Billet invité

D’importants fonds russes auraient pris la poudre d’escampette de Chypre pendant la semaine chaotique qui a précédé l’accord obtenu à l’arraché. Ioannis Kasoulides, le ministre chypriote des Affaires étrangères, l’a confirmé et les filiales londoniennes des banques chypriotes sont pointées du doigt pour avoir permis l’évasion des fonds… d’un paradis fiscal vers un autre. La Lituanie, qui se prépare à entrer dans la zone euro début 2014, aurait été l’un des destinataires de ces transferts. Une commission parlementaire chypriote a demandé des noms à la banque centrale du pays.

Le gouvernement a de son côté rendu publiques les restrictions apportées aux retraits de fonds des banques du pays, sans indication de durée, et annoncé la réouverture des banques demain jeudi. Même dans ce cadre, la réaction des déposants est redoutée. La bourse grecque a aujourd’hui été très secouée. Le destin de l’île n’est pas réjouissant, son modèle économique cassé, ce qui d’après l’Institute of International Finance (IIF) – qui exprime le point de vue des grandes banques internationales – nécessitera un nouveau soutien européen tôt ou tard, car l’économie du pays va être « en chute libre » et sa dette insoutenable en dépit des efforts pour la limiter.

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L'actualité de demain : UN SOMMET PAS TRÈS ÉLEVÉ, par François Leclerc

Billet invité.

Les 15.000 manifestants qui hier scandaient à Bruxelles « Habemus austeritate » se sont en quelque sorte invités au sommet européen. Réunis à l’initiative de la confédération européenne des syndicats (CES), ils ont symbolisé une contestation montante de la politique d’austérité que les dirigeants n’ont pas ignorée et qui a donné le ton à leurs discussions, immanquablement « sereines et intenses », d’après Herman Van Rompuy, le président de l’Union européenne.

Jean-Claude Juncker, le premier ministre luxembourgeois, a le plus clairement exprimé l’inquiétude ambiante en déclarant : « Je n’exclurais pas que nous courons le risque de voir une révolution sociale, une rébellion sociale », n’ayant à ajouter que «  il faudra que nous expliquons mieux notre politique ». Les uns parlaient « d’urgence sociale », les autres du « niveau inacceptable » atteint par le chômage. Herman Van Rompuy expliquant « nous sommes pleinement conscients du débat qui monte et même du désespoir de certains ».

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L'actualité de la crise : NOUS ENTRONS DANS LA DERNIÈRE DIMENSION, par François Leclerc

Billet invité

Avec la récession qui se poursuit, la construction européenne continue lentement de se désagréger. Ne sont pas seulement en cause les contractions du PIB qui se généralisent (et rendent le désendettement illusoire), mais également le resserrement du crédit qui affecte particulièrement les pays du sud de l’Europe, devant lequel la politique monétaire de la BCE est impuissante. La Confidustria, l’organisation du patronat italien, s’en alarme et la BCE cherche une solution, comme vient de le reconnaitre à Londres Vitor Constâncio, son vice-président. Benoit Coeuré, de la BCE, avait déjà évoqué le danger que le mécanisme de la transmission monétaire soit cassé, mais Jens Weidmann, président de la Bundesbank, vient de lancer un nouvel appel à l’ordre en refusant par avance des mesures en faveur des entreprises de l’Europe méridionale, qui selon lui relèvent des banques d’investissement nationales (qui n’en ont pas les moyens). Les banques européennes continuent de réduire la taille de leurs bilans afin de se mettre en conformité avec les nouveaux ratios de fonds propres (plutôt que d’augmenter ces derniers), ce qui aboutit à une raréfaction du crédit plus ou moins prononcée suivant les pays. En conséquence, les gestionnaires d’actifs commencent à se positionner sur ce marché, créant une situation toute nouvelle en Europe. Mais en Italie, la Banque d’Italie poursuit son examen des 20 plus grandes banques et se prépare à réclamer le renforcement urgent des fonds propres de celles-ci, particulièrement pour celles de taille moyenne.

C’est face à ce constat que les chefs d’État et de gouvernement européens vont les 14 et 15 mars se réunir sans aucune assurance de trouver une solution. Pendant ce temps, les missions de technocrates de la Troïka, tout à l’exercice de leur mandat, continuent à Athènes et à Lisbonne d’exiger l’impossible, dans des ambiances très tendues, à des gouvernements discrédités, et le FMI réclame à nouveau des assouplissements qui ne viennent pas. Sombre tableau qui serait incomplet si n’était pas constateé la montée de la crise politique, dernier échelon après ceux de la crise financière, économique et sociale.

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L'actualité de demain : UNE FRACTURE POLITIQUE QUI S'ÉLARGIT, par François Leclerc

Billet invité.

Les dirigeants européens ont déplacé leurs attentes et, n’espérant plus apercevoir les petites pousses vertes de la croissance, cherchent des lueurs dans le ciel. Campés sur un terrain qu’ils connaissent et maîtrisent mieux que la finance, puisqu’il s’agit du leur, celui de la politique telle qu’ils la pratiquent.

Deux grandes échéances s’annoncent : les législatives italiennes en février, précipitées à cause de Silvio Berlusconi, ainsi que les élections allemandes, prévues pour l’automne prochain. Toutes deux sont porteuses d’incertitude : la victoire du Parti Démocrate italien pourrait déboucher sur une alliance avec Mario Monti, tandis qu’Angela Merkel serait forcée de constituer une grande coalition avec le SPD en raison de la chute du FDP. Les conditions politiques seraient alors réunies, tout au moins sur le papier, pour qu’un infléchissement de la stratégie actuelle de désendettement puisse enfin avoir lieu. Déjà, la campagne électorale italienne se fait sur fond de mises en cause et de promesses d’allégements du système fiscal.

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