Une désinvolture largement partagée

De qui faut-il s’horrifier, de la désinvolture cynique de Matteo Salvini ou de la paralysie des autorités européennes qui s’y apparente ? À nouveau, celles-ci se retrouvent confrontées à une situation devenue répétitive : l’Ocean Viking et l’Open Arms ont à leur bord plus de 500 réfugiés sauvés en mer d’une mort certaine et ne sont pas autorisés à les débarquer dans un port sûr, comme l’exigent les conventions internationales, faute d’un accord préalable de répartition de leur prise en charge.

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L’Europe dans toute sa gloire inconsciente

Faute d’être parvenues à un accord entre elles, les autorités européennes sont condamnées à bricoler au coup par coup, tandis que les navires des ONG poursuivent sans relâche leurs sauvetages en mer de réfugiés en détresse. Un accord de répartition, le minimum que l’on pouvait attendre d’elles pour celles et ceux qui échappent à la noyade, reste inaccessible. En attendant un hypothétique accord lors d’une prochaine réunion, à Malte en septembre.

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La démission des élites

Pour dissimuler l’échec de la réunion de lundi dernier destinée à décider d’un dispositif permanent de répartition des réfugiés – à titre provisoire, comprenne qui pourra – Emmanuel Macron a mis en avant l’accord de participation de quatorze gouvernements qui aurait été enregistré à l’occasion.

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Assez de simagrées

L’Europe est mal en point et la mise en place de ses institutions le traduit avec éloquence, comment s’en étonner ? Les tractations ayant abouti à nommer des personnalités inattendues à leur tête n’ont pas été l’occasion d’un débat sur son avenir d’une grande hauteur de vue. Et, à peine nommées, celles-ci ont été contestées pour leur manque présumé d’aptitude à exercer leurs futures responsabilités.

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Ils n’en ont pas fini avec les ONG en Méditerranée

En trois années de campagne avant d’avoir été immobilisé pour avoir perdu son pavillon, l’Aquarius aura secouru 30.000 réfugiés en mer Méditerranée. Combien de temps le nouveau venu « Ocean-Viking » qui vient d’être annoncé tiendra-t-il ?

SOS Méditerranée a affrété avec Médecins sans frontières cet ancien navire de 69 mètres de long d’assistance aux plate-formes pétrolières, afin qu’il patrouille dans une vaste zone au large des côtes libyennes où 426 réfugiés ont trouvé la mort depuis le début de l’année. La nouvelle équipe va prendre le relais de celle de « Sea-Watch 3 », dont le navire est immobilisé dans le port italien de Lampedusa, et maintenir la présence symbolique et active des ONG.


Coïncidence, les autorités européennes se réunissent lundi avec les responsables de l’agence Frontex, du HCR et de l’OIM (l’Organisation internationale des migrations). Ils n’ont pas comme intention d’étudier la réforme des accords et du mécanisme de Dublin, qui est résolument au point mort, mais d’éviter la répétition des longues tractations menées aux fins de répartition des réfugiés pour qu’ils puissent être sans délais débarqués dans un port européen, une fois secourus en pleine mer. La détérioration de la situation en Libye, qui participe de la dénonciation de la carence actuelle a également favorisé cette initiative franco-allemande qui devrait aboutir à l’engagement d’une quinzaine de pays européens, est-il espéré.

Dans le projet d’accord-cadre, informe Le Monde, figure « une relocalisation rapide des arrivants dans d’autres pays que ceux où ils débarquent et une procédure accélérée de retour pour ceux qui ne peuvent prétendre au statut de réfugié. » L’intervention des navires des ONG est encadrée et il est question d’un nouveau renforcement des moyens en garde-côtes de la Libye, car tout doit être fait pour que les réfugiés soient interceptés avant qu’ils ne quittent ses eaux territoriales afin d’être reconduits dans des camps de détention où ils sont traités de manière indigne.

Ne voulant pas le voir, les autorités européennes tentent de se donner bonne conscience à peu de frais avec ce nouveau mécanisme qui ambitionne d’accueillir tout au plus quelques dizaines de réfugiés sauvés de la noyade et ayant échappé à l’interception des garde-côtes libyens. Après avoir tout fait pour les faire bloquer en Turquie, en Libye et au Niger. Mais cela ne donne pas toute la portée limitée d’engagements qui devraient n’être valables que jusqu’en octobre prochain, fin présumée de la période la plus propice aux départs clandestins…

Une journée comme les autres

La Commission européenne a l’œil. Elle réitère ses prévisions de croissance (faibles) pour cette année et pour 2020, mais elle convient que les risques de se tromper augmentent. Heureusement, Valdis Dombrovskis, le commissaire chargé de l’euro, a le remède en magasin, « il est grand temps de réformer tout en maintenant des finances publiques saines » a-t-il commenté, muni de ses œillères habituelles.

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Il n’y en a pas un pour racheter l’autre

Depuis que le Mare Jonio battant pavillon italien a été placé sous séquestre dans le port de Lampedusa, plus un seul navire affrété par une ONG n’est en mesure de porter secours aux réfugiés en Méditerranée.

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Quand le fond est atteint

Il restait un seul navire humanitaire opérant le sauvetage en mer des réfugiés en danger, c’est fini ! Le Mare Jonio a été saisi par un navire de la Guardia di Finanza italienne au large de Lampedusa, où il s’était réfugié en raison du très mauvais temps, bloqué en mer faute de pouvoir accoster dans un port italien.

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Chronique de la honte, suite

D’incontestables progrès ayant été enregistrés, les 47 réfugiés à bord du Sea-Watch 3 n’ont cette fois-ci attendu que dix jours en mer avant d’être autorisés à débarquer, transis de froid, dans le port sicilien de Catane.

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Le cimetière de la honte

Combien de réfugiés se sont noyés en mer Méditerranée ce week-end en tentant de rejoindre les rives européennes ? Plus de deux centaines, et les moyens déployés pour les sauver ont été dérisoires. La chasse aux navires des ONG ayant été fructueuse, ce renfort qui fut décisif n’est plus que symbolique.

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