L'actualité de la crise : LES FILS DÉCOUSUS, par François Leclerc

Billet invité.

Tandis que les autorités des pays que l’on disait développés affichent la vacuité de leur vision et leur paralysie, dépassées par une crise financière dont ils ne veulent pas reconnaître les ressorts pour ne pas les combattre, une succession d’événements imprime au monde une autre tournure.

Le profond et irrésistible mouvement qui continue de traverser le Moyen-Orient domine, par delà la cruauté des événements en cours et les incertitudes sur ce qui en résultera. De vieux comptes historiques commencent à être réglés et continue de se manifester une aspiration à la liberté devant laquelle il est impossible de rester insensible en prétextant qu’il ne faut pas ouvrir la boîte de Pandore. D’une certaine manière, cet épisode prend d’autres relais. Celui d’une Amérique latine qui est largement parvenue à s’émanciper des dictatures ou d’un camp socialiste au sein duquel le rêve de capitalisme, auquel était associé la liberté, s’est heurté en Russie et dans son ancien glacis à de dures réalités et désenchantements.

Les enchaînements sont rapides, mais à chaque fois c’est la même chose, et il pourrait en être encore une fois ainsi au Moyen-Orient : les mondes lézardés s’écroulent mais ce qui leur fait suite n’est pas à la hauteur des aspirations, de vieux démons occupent les sièges laissés soudainement vacants. Ceux qui ne possédaient rien ou peu sont à nouveau dépossédés : la liberté est une condition nécessaire mais pas suffisante, surtout lorsqu’elle est contingentée par de nouveaux interdits.

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L'actualité de la crise : DÉSIRS DE RUPTURE, par François Leclerc

Billet invité

Que l’on se souvienne des pays de l’Est, suite à l’effondrement de l’URSS et de son glacis, ou bien de ceux dont l’entrée dans l’Union européenne et la zone euro a été vécue comme l’occasion du rattrapage d’un niveau de vie particulièrement bas, il y a beaucoup à dire…

Peut-il en effet être reproché aux Tchèques, aux Polonais et aux Hongrois, aux Grecs, aux Irlandais et aux Portugais – ces paresseux notoires – et à tous les autres qui étaient dans le même cas, d’avoir voulu pénétrer dans la vitrine que représentait l’autre partie de l’Europe, nantie selon la vision éloignée et prometteuse qu’ils en avaient ? Est-il possible d’oublier si vite la misère et la grisaille qui régnaient dans ces sociétés et le profond désir d’être tout simplement comme les autres ? Ces deux moteurs de l’élargissement de l’Europe – alors acclamé – peuvent-ils être oubliés ?

Si la crise actuelle remet en question ce qui était hier salué comme une avancée victorieuse, une réflexion ne devrait-elle pas s’engager sur les moyens qui ont été déployés pour réussir cette mise à niveau, qui se révèle désormais hors de portée ? La débandade irlandaise est-elle à mettre au débit de ceux qui ont emprunté à leurs banques locales pour s’acheter une maison ou à celui des banques européennes qui ont prêté à tout-va à ces mêmes établissements et s’en sortent comme une fleur ?

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L'actualité de la crise: les démiurges malfaisants à l'oeuvre, par François Leclerc

Billet invité.

LES DEMIURGES MALFAISANTS A L’OEUVRE

Il avait pu sembler aux gouvernements européens qu’ils avaient gagné un répit prolongé, les faits viennent de les détromper. Non seulement la crise continue, mais elle a repris une mauvaise tournure en cette fin de semaine. Deux signes qui ne trompent pas : l’euro continue d’être très attaqué sur les marchés et les cours des valeurs financières (les banques) font un nouveau grand plongeon. Seuls, les taux obligataires sous surveillance renforcée et interventions de la BCE restent stables, mais à un niveau qui reste très élevé. Ce n’est pas encore tout à fait la Bérézina, mais ce n’est pas du tout le soleil qui se lève sur Austerlitz. Les marchés sont tenaces et ont les moyens de le faire savoir.

Les gouvernements grec, espagnol, portugais, et même italien, continuent de donner des gages en annonçant de nouvelles mesures d’austérité, mais les marchés n’en ont cure, car c’est l’euro qu’ils ont pris pour cible dans l’immédiat, en attendant de voir jusqu’où la BCE est prête à aller dans son soutien au marché obligataire. Certains annoncent que le tour de la livre sterling ne devrait pas tarder à venir, ces rumeurs continentales étant alimentées par les réactions qu’a suscité le refus britannique de participer au plan de sauvetage européen…

Qu’attendent donc les marchés, ces intervenants que l’on n’ose même pas identifier par leur nom, et qui aspirent au rôle de démiurges malfaisants ? Ils doutent d’abord de l’issue de la partie qui s’annonce : la réduction des déficits et la baisse de la demande des Etats sur les marchés obligataires, à laquelle ils poussent avec acharnement. Car déjà s’installe l’idée, chez ceux qui en ont encore les moyens, que pour être politiquement jouables les sacrifices vont être étalés dans le temps.

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