L’inconnue chinoise : LONGUE ROUTE ET GRAND TOURNANT, par François Leclerc

Billet invité.

Dans quel processus sinueux la Chine est-elle à peine engagée ? Officiellement, dans une profonde mutation de son mode de développement, afin de diminuer sa dépendance aux exportations vers un monde en crise et de privilégier son marché intérieur. C’est tout du moins ce qu’a décidé le 3 ème plenum du Comité central du Parti communiste de novembre dernier. Mais c’est plus vite dit que fait, en dépit du caractère du régime, en raison des obstacles qui se dressent sur cette route en son sein, opposition de puissants intérêts menacés par la réalisation d’un tel tournant et inertie générale du système. Un longue route reste à parcourir entre l’adoption du haut d’une tribune de principes généraux et la mise en œuvre de mesures les traduisant dans les faits.

Telle une épidémie du siècle, la Chine croule elle aussi sous la dette privée et publique, mais pour des raisons qui lui sont propres ! Selon le FMI, cette dernière est passée de 130% à 200% du PIB entre 2008 et juillet dernier, si l’on additionne les prêts bancaires traditionnels et les créances qui ne le sont pas, dont le secteur en pleine expansion de la banque de l’ombre est à l’origine. En favorisant une telle croissance exubérante du crédit, le gouvernement chinois a voulu limiter avec les moyens du bord les effets de la diminution de ses exportations vers les pays occidentaux, tétanisé par les conséquences sociales potentielles d’une brutale chute de la croissance et hanté par le syndrome de l’effondrement de l’Union soviétique.

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L'actualité de demain : À EN PERDRE LES PÉDALES, SI CE N'EST DÉJÀ FAIT… par François Leclerc

Billet invité.

Les minutes des réunions du comité de politique monétaire de la Fed (FOMC) donnent un éclairage sur ses débats qui fait toujours défaut à la BCE, celle-ci se gardant bien d’adopter une telle transparence, sa timide réflexion à ce sujet n’ayant toujours pas abouti. Cherchant à calmer le jeu, Jens Weidmann, membre du conseil des gouverneurs de la BCE et président de la Bundesbank, déplore aujourd’hui dans Die Zeit que les débats de la Fed ou de la Banque d’Angleterre sont rapportés « de manière plus sereine » que ceux de la BCE, mais à qui la faute ? En vérité, les discussions au sein des banques centrales gagnent en intensité mais sans aboutir, créant une incertitude et une confusion en contradiction avec la politique de « forward guidance » qu’elles affichent, qui est destinée à aider les investisseurs à anticiper (dans le sens souhaité).

La Fed en a conscience, qui cherche à « clarifier sa communication », selon le communiqué du FOMC, comme si c’était de cela qu’il s’agissait, les analystes étant suspendus à un éclairage de sa politique qui ne vient pas. Les inconnues sont en effet légion : calendrier et modalités de la diminution des achats mensuels de titres 85 milliards de dollars, modification du panachage entre les achats de la dette souveraine et des titres hypothécaires immobiliers, évolution future des taux, abaissement de la rémunération des réserves des banques (afin de les inciter à développer le crédit aux entreprises), diminution du taux de chômage justifiant la poursuite de ses mesures tant qu’il ne sera pas atteint, modification de ce mécanisme afin de substituer au taux du chômage les taux d’intérêts…

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L’actualité de demain: L’AVENIR EST AU PARTAGE ÉQUITABLE DU TRAVAIL, DE LA RICHESSE ET DES RESSOURCES, par François Leclerc

Billet invité

Les banques centrales ont beau battre monnaie sans compter, la machine à fabriquer du crédit (de la dette) ne retrouve pas son rendement d’antan, et c’est un véritable problème ! Outre le fait que le système financier ne renoue pas avec son équilibre, mis à mal par cette surproduction qu’il ne parvient pas à résorber, cette perte d’efficience est préoccupante pour l’avenir. Comment dans ces conditions atténuer la disparité de la distribution de la richesse et la menace d’une contraction structurelle du moteur de la croissance, la consommation ? La seule échappatoire sera de poursuivre la partie, selon les mêmes règles mais avec d’autres partenaires, dans les régions du monde au fort potentiel de croissance ; en délaissant les plus développées, où celle-ci se languit, oubliant la promesse d’une mondialisation heureuse, pour laquelle de toutes autres bases seraient nécessaires.

Dans la partie devenue la moins prometteuse du monde, la tentative de renouer avec la croissance repose sur l’augmentation de la durée et du temps de travail – a contrario d’un mouvement historique s’appuyant sur les progrès technologiques – ainsi que sur la diminution de sa rémunération. Cela accroîtra à nouveau la concentration des revenus et du patrimoine au profit d’une frange restreinte de la population.

Une logique de marché insoutenable est enclenchée, alimentée par la différence de rendement entre la spéculation financière et l’activité économique ; elle tend à saper les bases sur lesquelles les actifs financiers reposent en accroissant la disproportion entre leur volume et la taille de l’économie. Même la dette souveraine n’est plus une garantie au sein du système financier, le principe selon lequel les États ne peuvent faire faillite étant dépassé par les événements.

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L'actualité de demain : UN GRAND TOURNANT, À DÉCOUPER SUIVANT LES POINTILLÉS… par François Leclerc

Billet invité. Paru dans “La Tribune” du 17 au 23 mai.

La crise n’est pas seulement financière, elle est devenue globale dans ses manifestations comme dans sa perception. Les banques ne sont pas désignées seules coupables, l’État ne joue plus le rôle qui lui est alloué face à une économie de marché porteuse de dysfonctionnements à répétition, avec toujours la même origine : l’argent, dont l’accumulation prend le pas sur toute autre considération. Le sentiment d’insécurité s’est en conséquence élargi à de nouveaux domaines de la vie, rendant la société anxiogène. Le constat est partagé, l’avenir a cessé d’être porteur de promesses, aux vertus du progrès a succédé la prise de conscience de déséquilibres menaçants de toute nature qui s’accentuent : destruction de l’environnement, disproportion de la sphère financière par rapport à l’économie, distribution inégale de la richesse.

Au besoin de changement n’est apportée aucune réponse satisfaisante. Dans la pratique, l’impuissance des dirigeants domine et leurs discours sont ressentis comme velléitaires. Partout, leurs indices de confiance chutent, tandis que des décisions majeures sont prises par des instances hors de portée et sans mandat électif. La Banque centrale européenne, dont le rôle est déterminant et l’indépendance absolue érigée en principe, est le symbole de cette situation malsaine qui, faut-il le rappeler, résulte de la constatation que l’on ne peut pas faire confiance aux gouvernements !

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