Revenu de base : LA BRISE INDÉCISE DES TEMPS NOUVEAUX, par François Leclerc

Billet invité.

Le revenu de base pour chaque citoyen sans condition de ressources est une idée qui trotte dans l’air sous différentes formes et avec différentes intentions, les bonnes et les moins bonnes. Dernier pays en date à l’étudier, la Finlande qui envisage de la tester en 2017.

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LE MARCHÉ DE L’ESPACE EST OUVERT ! par François Leclerc

Billet invité.

Barack Obama a signé fin novembre le « Space Act », et une nouvelle ruée vers l’or peut commencer. Désormais, toute ressource trouvée par une entreprise américaine sur une autre planète que la Terre ou un astéroïde lui appartient. La conquête de l’espace n’est plus réservée à la coopération scientifique – à connotation de compétition politique – mais devient un business de plein exercice.

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UN LABORATOIRE AU RÉSULTAT INATTENDU, par François Leclerc

Billet invité.

Quel que soit le résultat de l’affrontement qui se poursuit, la Grèce ne s’est pas pliéE au jeu et n’a pas fait la démonstration qui était recherchée : son sort est en jeu, mais la politique européenne est remise en cause comme elle ne l’a jamais été. C’est tout du moins ce que les Italiens, Européens de la première heure, expriment clairement via leur gouvernement, disant tout haut ce que François Hollande préfère taire. Pier Carlo Padoan, le ministre des finances, a affirmé ce matin que la Grèce doit être aidée pour rester dans la zone euro mais aussi pour retrouver la croissance, succédant à Matteo Renzi qui avait auparavant élargi le débat.

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L’OCDE, AVEC NOUS ! par François Leclerc

Billet invité.

Quelle mouche a bien pu piquer l’Organisation de coopération et de développement économique ? Elle vient de produire un rapport de plus, mais qui attire l’attention. Il est titré « Pourquoi moins d’inégalité profite à tous » de manière un peu biscornue, mais à la lecture il ne déçoit pas.

« Nous avons atteint un point critique. Les inégalités dans les pays de l’OCDE n’ont jamais été aussi élevées depuis que nous les mesurons. Les chiffres prouvent que les inégalités croissantes nuisent à la croissance. Le sujet pour une action politique est autant social qu’économique. En ne s’attaquant pas au problème des inégalités, les gouvernements détruisent leur modèle social et nuisent à leur croissance à long terme », avertit en allant droit au but Angel Gurria, son secrétaire général, dans le préambule. Le document est largement documenté et prête difficilement à contestation, données à l’appui. Mais si c’est l’OCDE qui le dit… cela montre que le capitalisme ne tourne plus rond, comme d’autres manifestations financières sournoises ne cessent de l’illustrer .

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LES INÉGALITÉS, UN DÉBAT RÉSERVÉ AUX AMÉRICAINS, par François Leclerc

Billet invité.

Que s’est-il passé, pour que les marchés connaissent pendant deux jours une grosse crise de hoquet, qui mérite d’y revenir ? L’épisode est maintenant dépassé et des causes immédiates puisées dans l’actualité ont en règle générale été incriminées, dont l’Ukraine et le Moyen-Orient qui ont particulièrement été mis à contribution. Décelant au choix l’effet de l’accumulation des mauvaises nouvelles, plus particulièrement la détérioration de la situation européenne et la faiblesse de l’américaine, la baisse des attentes d’inflation, ou bien encore le renversement de positions spéculatives, peu de commentateurs se sont aventurés à sonder les profondeurs du système financier. Le mystère reste entier, car il est vrai que l’on continue à n’y voir goutte et qu’il est donc préférable de ne pas les fréquenter. Christine Lagarde a même cru devoir fermer le ban en déclarant que les marchés avaient « surjoué », avant de passer à la suite de sa conférence de presse. Peut-être faudrait-il mieux considérer qu’ils ont eu à force le sentiment que la situation échappe des mains des banques centrales, leur dernier recours…

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État du monde : LEUR DÉFI ET LE NÔTRE, par François Leclerc

Billet invité.

Hier, la croissance des États-Unis donnait le ton, relayée par celle des pays émergents, source d’un émerveillement qui s’est depuis calmé. En ces temps de crise européenne cessant d’être celle de sa périphérie pour devenir celle de son centre, la croissance de l’Allemagne était présentée comme justifiant un modèle à reproduire avant, à son tour, de ne plus être ce qu’elle était. Le monde n’est pas globalement entré en récession, mais il lui est désormais prédit une longue période de faible croissance et de stagnation : l’heure n’est plus à la mondialisation triomphante, l’exportation n’est plus le moteur performant de la croissance. Olivier Blanchard, l’économiste en chef du FMI, a reconnu lors de sa réunion de Washington de la semaine passée « un incontestable changement du paysage ». Certes, cela pourrait être pire, mais n’est-ce pas une faible consolation ? Dans quel état le système peut-il survivre s’il est condamné à une croissance qualifiée désormais par Christine Lagarde de “médiocre” ? Par comparaison, les fonds de pension américain ont besoin d’un rendement qu’ils ne trouvent plus et vont le chercher – risque compris – du côté des hedge funds, que tous ne parviennent même pas à trouver. Continuer la lecture de État du monde : LEUR DÉFI ET LE NÔTRE, par François Leclerc

LE GRAND TOURNANT QU'ILS NE SONT PAS PRÈS DE NÉGOCIER, par François Leclerc

Billet invité.

Faute de sortir du cadre, le FMI préconise de tout faire à la fois, comme le Fonds nous y a accoutumé depuis un certain temps : poursuivre le désendettement, mais en ralentissant son rythme, et investir dans les infrastructures (énergie et transport). On est prié de décrypter ce nouveau modèle. Ayant constaté que la croissance économique des pays émergents sur laquelle il était tant compté pour tirer celle des pays développés fait défaut, une nouvelle formule magique est proposée.

Cette vision reposait sur l’idée sommaire qu’il faut toujours une région ou un pays pour tirer les autres. Une autre lui a succédé, exprimant la crainte que la faible croissance à venir ne s’auto-alimente par les effets d’une prophétie auto-réalisatrice. C’est celle que Christine Lagarde délivre dorénavant. On reste toujours à la surface et à l’évocation de mystérieux enchaînements, sans poser de diagnostic sur un fond qui vous échappe.

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Les iconoclastes (suite) : DETTE, TRAVAIL ET INÉGALITÉS… QUOI FAIRE ? par François Leclerc

Billet invité

Inutile de présenter Adair Turner, l’ancien dirigeant du gendarme financier britannique (FSA), dont la référence aux activités financières « socialement inutiles » n’a pas été oubliée, entre autres propos iconoclastes de sa part. Dans un entretien publié le 11 février dans Le Monde, il est revenu sur les causes de la crise et de l’instabilité du capitalisme, qu’il voit notamment dans « l’addiction à la dette privée ». Pour ensuite préciser que « tant que nous n’aurons pas trouvé une façon de bâtir une croissance qui ne soit plus fondée sur l’endettement et les effets de levier, nous retomberons dans les mêmes crises. » Parmi les causes qui sont à l’origine de cette addiction, Adair Turner voit « la tentation du recours au crédit pour soutenir la consommation ». Au titre des solutions, il préconise « la réduction des inégalités [qui] passe par des systèmes économiques plus redistributifs. »

Martin Wolf titre « Asservir les robots et libérer les pauvres » sa dernière chronique parue dans le Financial Times le 11 février également. Il constate que l’informatique va faire disparaître de nombreux emplois dans tous les domaines, en particulier les moins qualifiés et rémunérés, et va contribuer à accroître les inégalités de distribution des revenus.

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UN MONDE QUI SE FRAGMENTE, par François Leclerc

Billet invité

Les dysfonctionnements se combinent à l’échelle mondiale. Non seulement en raison des effets du tapering de la Fed, créant sur le marché des devises une volatilité destinée à durer, mais également des politiques non coordonnées des banques centrales. L’une freine, l’autre tire (la banque du Japon), la Banque d’Angleterre reste sur son quant-à-soi et la BCE est sujette à des interrogations permanentes. Si le marché est unique et l’activité financière mondialisée, aucune impulsion commune n’est donnée, chacun restant sur son pré carré. Le G20 et ses prétentions à la gouvernance mondiale ne sont plus qu’un souvenir, les contradictions d’intérêts prédominent. Pour une sortie collective de crise, c’est raté !

La contagion atteint l’économie, rançon de la gloire de la mondialisation. Non seulement en raison des effets d’une demande plus faible du côté des émergents affectant les pays développés, ceux de la zone euro en tête (qui réalise 16 % de ses exportations vers les BRICS), mais aussi de l’importance qu’ont pris les relations Sud-Sud, c’est-à-dire entre pays émergés. La croissance mondiale pourrait rapidement prendre un nouveau coup : la réorientation des économies des pays émergents vers leur marché intérieur suppose qu’ils n’atterrissent pas en catastrophe, ce qui se présente mal. La mondialisation est en crise, aux effets d’enchaînement en faveur de la croissance pouvant vite succéder une pente récessive.

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La Chine des espoirs déçus : CE COLOSSE AUX PIEDS D’ARGILE, par François Leclerc

Billet invité.

La deuxième puissance économique mondiale ne répond pas aux attentes qui, il y a encore peu, s’exprimaient avec insistance en Occident. Au contraire, elle occasionne beaucoup d’inquiétude. Non seulement la Chine ne tire pas la croissance mondiale, mais elle fait face avec de grandes inconnues, prise à son propre jeu pour avoir voulu compenser les effets de la crise sur ses exportations et sa croissance, en ouvrant les vannes du crédit. En l’espace de quatre ans, de 2008 à 2012, la dette chinoise globale est passée de 125 à 215% du PIB et la stabilisation du système financier a acquis le rang de priorité. Les résultats d’un audit national de la dette – dont la nécessité en dit long sur l’absence de maîtrise – ont été rendus publics en décembre dernier, faisant apparaître qu’en seulement trois ans les collectivités locales ont augmenté leur endettement de 70%, et que leurs dettes doivent désormais être impérativement roulées.

La nature du régime peut permette de croire qu’il ne se laissera pas déborder par une crise financière, contrôlant étroitement la banque centrale et disposant d’un imposant système bancaire officiel, mais l’endettement a atteint de telles proportions que sa maîtrise est cette fois-ci devenue problématique, contrairement à d’autres épisodes. Les dirigeants du parti-État sont aux prises avec les gigantesques enjeux d’un renversement de vapeur et d’un changement de modèle de développement, afin comme objectif de diminuer la dépendance de l’économie aux résultats des exportations en favorisant la consommation intérieure. Mais ils connaissent d’immenses difficultés à stabiliser leur système financier hybride, où un secteur de shadow banking en pleine expansion, dont la croissance a atteint 50% l’an, coexiste avec les banques publiques.

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