L'actualité de demain : COMMENT NE PAS SORTIR DU CADRE ? par François Leclerc

Billet invité.

Présentée comme étant un laboratoire de la crise tant qu’il était espéré que l’expérimentation engagée allait bien se passer, la Grèce a perdu ce statut auquel l’Espagne est désormais en mesure de prétendre, tel un modèle à suivre dans la décennie perdue qui s’annonce.

Selon le FMI, le pays doit se préparer à une longue période de croissance anémique n’atteignant pas 1%, avec comme conséquence le maintien du chômage au dessus de la barre de 25%, soit 6 millions d’Espagnols (il est actuellement de 26,2%). Afin de « générer de l’emploi et de la croissance », le fonds préconise de prendre davantage de mesures d’assouplissements du droit du travail, présentées comme abaissant les barrières à l’embauche et au licenciement, en diminuant la précarité des contrats temporaires pour réduire la protection des contrats permanents. Car, remarque-t-il, « le poids de l’ajustement [fiscal] continue de reposer sur les employés temporaires et jeunes ». Il faut donc mieux le répartir, au prétexte d’améliorer la consommation et de favoriser la relance (et de rendre la situation sociale moins explosive).

Continuer la lecture de L'actualité de demain : COMMENT NE PAS SORTIR DU CADRE ? par François Leclerc

Partagez
Recommandez par mail Recommandez par mail

L'actualité de demain : AU ROYAUME DES FAUSSES BONNES IDÉES, par François Leclerc

Billet invité.

Le deuxième acte de la crise européenne que nous venons d’entamer est prévu pour durer longtemps, le temps qu’il faudra pour réaliser un désendettement qui en demande bien plus qu’originellement prévu, évalué dans l’incertitude à une décennie. Autant avouer que l’on n’en discerne pas le terme.

Comme si les rebondissements à répétition du processus chaotique de désendettement des États – qui va se poursuivre – ne suffisaient pas, celui des banques monte désormais en puissance après avoir été longtemps escamoté, sans donner de signe qu’il va être plus aisé. En attendant, les banques restreignent l’accès au crédit en privilégiant la réduction de leur bilan, et accentuent la crise économique, plus particulièrement dans les pays de la périphérie. Attendue comme le sauveur, la croissance ne va pas être au rendez-vous de sitôt, tout au plus selon une version anémiée, ce qui va encore ralentir le lent processus de désendettement des États et accentuer les conséquences sociales de la dévaluation interne qui l’accompagne. Sous les effets conjugués de la crise et du basculement économique mondial, une page a été tournée qui imposerait de changer de paradigme, un exercice aux antipodes de qui est aveuglément seriné.

Continuer la lecture de L'actualité de demain : AU ROYAUME DES FAUSSES BONNES IDÉES, par François Leclerc

Partagez
Recommandez par mail Recommandez par mail

L'actualité de demain : LA TRAGÉDIE EST EN QUATRE ACTES, par François Leclerc

Billet invité

La récession va se poursuivre et le chômage augmenter en 2012 et 2013, selon les dernières prévisions de l’OCDE. Comment pourrait-il en être autrement, vu la politique appliquée à l’instigation d’une Commission européenne qui persévère ?

Celle-ci vient d’accorder aux gouvernements des délais pour accomplir des objectifs – qui étaient inatteignables – de réduction du déficit, les assortissant à titre de contreparties de mesures visant les retraites et la réforme du travail. Là où elle devrait s’en tenir à des recommandations, le rapport de force qui s’est installé lui permet de formuler des exigences, mais il est un peu tard pour s’en offusquer après y avoir contribué ! On ne joue pas au plus fin avec la logique de contraintes budgétaires avalisées bien que sans fondements.

Sous couvert d’ajustement fiscal, la diminution du coût du travail et des retraites est au cœur de la politique préconisée par Bruxelles. C’est l’essence même de la dévaluation interne en cours, que l’on habille avec un discours péremptoire (mais particulièrement creux) sur les réformes structurelles. Celles-ci reviennent à échanger la promesse d’une hypothétique croissance future et de ses bienfaits avec l’adoption de mesures accroissant les inégalités de la distribution de la richesse. En attendant, l’essentiel du poids des sacrifices repose sur le travail (passé, présent et futur), ce qui donne un aperçu de ce qui peut être au final attendu.

Continuer la lecture de L'actualité de demain : LA TRAGÉDIE EST EN QUATRE ACTES, par François Leclerc

Partagez
Recommandez par mail Recommandez par mail

L'actualité de demain : QUELLES BRANCHES VONT-IL COUPER ? par François Leclerc

Billet invité.

Suite au G7 qui vient de se tenir et d’ici le 20 septembre, date du G20 de St Petersbourg, un sommet européen aura lieu le 22 mai, puis un G8 en juin, avec à chaque fois à leur ordre du jour un point sur l’évasion fiscale. Un forum mondial des administrations fiscales se réunira entre temps les 16 et 17 mai prochains. Quel foisonnement !

Parallèlement, une enquête est conjointement engagée par les autorités américaine, australienne et britannique, à propos de données encore plus fournies, mais cousines, que celles divulguées par le Centre international de journalisme d’investigation (ICIJ). D’autres gouvernements pourraient à leur demande bénéficier de leur communication. La Commission a par ailleurs pour mission, à la demande de neuf États européens, de préparer une nouvelle réglementation. Il serait aussi question de mettre sur pied un organisme international permanent en charge de la lutte contre la fraude fiscale. Enfin, les discussions se poursuivent en Europe et avec des paradis fiscaux comme Singapour à propos de la mise en œuvre de l’échange automatiques des données, afin de le généraliser.

Il est trop tôt pour estimer ce qui va pouvoir résulter de cette impressionnante suite de réunions, d’enquêtes et de négociations, mais pas pour se poser sans attendre quelques questions. Jusqu’où cela va-t-il aller ? Quel est l’enjeu ? Lever le voile sur les repaires de la finance de l’ombre ou bien épingler les plus maladroits des fraudeurs pour l’exemple et assurer de bienvenues rentrées fiscales ?

Continuer la lecture de L'actualité de demain : QUELLES BRANCHES VONT-IL COUPER ? par François Leclerc

Partagez
Recommandez par mail Recommandez par mail

L'actualité de demain : LE NOUVEAU MODÈLE DES SAUVETAGES, par François Leclerc

Billet invité.

La roue serait-elle en train de tourner ? « Retirer le risque du secteur financier et le reporter sur les épaules du public n’est pas la bonne approche », a déclaré le ministre des finances néerlandais, Jeroen Dijsselbloem, le successeur de Jean-Claude Juncker à la tête de l’Eurogroupe, ajoutant que l’objectif devrait être de ne pas utiliser les fonds du mécanisme européen de stabilité (MES) pour recapitaliser les banques, une position que partagent les dirigeants allemands. Comme le titre le Financial Times, qui publie ces propos : « Chypre va être le modèle des prochains sauvetages bancaires ».

Le sauvetage de Chypre a été l’occasion de le mettre en évidence, mais le mouvement avait commencé en Espagne. Les actionnaires et les créanciers des banques du pays pris dans la tourmente – tout le secteur des caixas – vont également être mis à contribution dans le cadre de la restructuration du secteur bancaire qui est engagée. Décidément, nous entrons dans une nouvelle période : il n’est plus possible d’épargner les investisseurs car les États sont à fond de cale et la solidarité financière européenne est a minima. L’union bancaire qui devait en être l’une des expressions est bloquée, faisant des sauvetages des banques de véritables casse-têtes, conduisant à se retourner vers leurs actionnaires et créanciers, y compris les déposants.

Continuer la lecture de L'actualité de demain : LE NOUVEAU MODÈLE DES SAUVETAGES, par François Leclerc

Partagez
Recommandez par mail Recommandez par mail

L'actualité de la crise : CASSE-TÊTE A CHYPRE, par François Leclerc

Billet invité

À nouveau, nous y sommes ! Réuni lundi, l’Eurogroupe a finalement décidé de renflouer Chypre, car les banques grecques dont le sauvetage fait encore débat à Athènes avec la Troïka subiraient son défaut de plein fouet, créant en retour une réaction systémique européenne. Mais comment ? Car le casse-tête qui traîne depuis juin dernier n’a toujours pas été résolu et doit pourtant l’être d’ici la fin du mois.

Les besoins de financement sont estimés à 17 milliards d’euros, l’équivalent du PIB chypriote, mais les emprunter porterait la dette publique à 147 % du PIB, un niveau insoutenable impliquant de restructurer la dette, ce qui toucherait les banques grecques également. Que faire ? Il est donc question de bâtir un programme de privatisations – dont l’expérience a montré qu’il n’est jamais accompli en temps voulu pour les montants prévus – et de puiser dans les dépôts des banques, car il ne reste plus que cela comme solution à l’équation. Ce qui risque de faire plus de mal que de bien, car cette annonce ne pourrait que précipiter une ruée des capitaux hors de Chypre, qui a d’ailleurs déjà du commencer. L’heure est grave.

Chypre représente un cas d’école. Non seulement parce que le pays est un paradis fiscal et une voie de transit des capitaux douteux, mais parce que l’interconnexion des dettes publiques avec celle de l’État y est portée à son comble.

Partagez
Recommandez par mail Recommandez par mail

L'actualité de demain : LA ROUE TOURNE, LA MAIN PASSE… par François Leclerc

Billet invité

La bête résiste ! Face aux timides tentatives de réglementer son fonctionnement, le système fait front et marque des points. Les gouvernements, qui reculent, tentent pour leur part d’élargir leurs marges de manœuvre budgétaires. Encore lointaine, la prochaine réunion du G20 sous la présidence russe va leur en donner une occasion (sans garantie qu’ils ne la saisissent), l’OCDE devant présenter à cette occasion un rapport sur la fiscalité des entreprises multinationales, pour lesquelles l’optimisation fiscale n’a plus de secret. Car, dans ce monde plein de contradictions s’exacerbant, les États sont réduits à des extrémités qu’ils pensaient ne pas connaître pour faire face aux obligations qu’ils se sont données sans parvenir à les assumer : il faut faire rentrer des sous pour ne pas trop être dans l’obligation de couper dans les budgets !

La très bonne fortune de Google et d’Amazon a symboliquement mis en évidence comment les entreprises transnationales se jouaient des réglementations fiscales nationales, au détriment d’États mal abrités derrière leurs frontières. Faisant contraste avec les temps de rigueur budgétaire et fiscale du commun des mortels, et contredisant une vision réductrice de paradis fiscaux abritant les seules grandes fortunes évadées, soulignant enfin combien le monde des affaires s’était à son tour affranchi des règles – en s’insinuant dans leurs failles – suivant en cela l’exemple donné par les financiers. Non sans le consentement des gouvernements, lorsque les temps étaient encore cléments.

Continuer la lecture de L'actualité de demain : LA ROUE TOURNE, LA MAIN PASSE… par François Leclerc

Partagez
Recommandez par mail Recommandez par mail

L'actualité de la crise : MAUVAISE ÉCONOMIE, MAUVAISE POLITIQUE, par François Leclerc

Billet invité. Dans le billet qui suit, François Leclerc écrit : « Toutefois les mêmes Allemands font un total contre-sens, ne voyant pas que le danger qui se profile est celui de la déflation, pas de l’inflation ». Personnellement, je n’écrirais jamais rien de pareil : les tensions déflationnistes et inflationnistes se développent parallèlement, bien malin celui qui dira de quel côté l’élastique se tendra d’abord, avant de péter ensuite. Si j’ai bon souvenir, j’ai dit ce qui précède pour la première fois publiquement dans une émission de France Info en juin 2009. L’Allemagne possède en ce moment, en la personne de Jens Weidmann, Président de la Bundesbank, l’un des très rares économistes qui comprennent véritablement la fonctionnement de la finance. Je suis persuadé que les faits lui donneront raison, quel que soit le niveau des ricanements que l’on entend en ce moment à son sujet dans la presse internationale.

Le gouvernement allemand et la Bundesbank n’ont pas tort de réclamer des États européens qu’ils cessent de creuser leur déficit structurel. Cela les mène directement dans les mains des marchés ou les conduit à attendre de la BCE un miracle. Toutefois les mêmes Allemands font un total contre-sens, ne voyant pas que le danger qui se profile est celui de la déflation, pas de l’inflation.

Ils sont également dans l’erreur en voulant imposer la rigueur budgétaire pour réduire le déficit et des réformes libérales du marché du travail pour relancer l’activité économique à l’exportation, sur leur modèle. Les révélations sur la fiscalité des entreprises transnationales, les havres que sont les paradis fiscaux et l’évasion des grandes fortunes montrent que rien ou très peu n’est fait côté recettes, sauf pour parler de privatisations. La raison en est simple : par construction, le système financier a deux faces, dont l’une est cachée, et cela ne doit pas changer.

Continuer la lecture de L'actualité de la crise : MAUVAISE ÉCONOMIE, MAUVAISE POLITIQUE, par François Leclerc

Partagez
Recommandez par mail Recommandez par mail

L'actualité de la crise : AH ! LES BRAVES GENS…, par François Leclerc

Billet invité.

On ne savait pas la Rhénanie du Nord-Westphalie à ce point un Land irréductible. Hannelore Kraft, chef social-démocrate du gouvernement régional, n’en démord pas : elle entend bien que son administration fiscale poursuive l’achat de CD contenant les données bancaires de fraudeurs allemands du fisc avec la complicité de banques suisses.

Entre 130 et 180 milliards d’euros auraient trouvé refuge en Suisse en 2011, selon la presse allemande, qui auraient pu rapporter jusqu’à 54 milliards d’euros de taxes.

Continuer la lecture de L'actualité de la crise : AH ! LES BRAVES GENS…, par François Leclerc

Partagez
Recommandez par mail Recommandez par mail

L'actualité de la crise : « QUE LES BOUCHES S’OUVRENT, QUE CENT FLEURS S'ÉPANOUISSENT ! »(*), par François Leclerc

Billet invité.

Dans la série l’argent n’est pas là où il devrait être, il est estimé que les entreprises américaines disposeraient d’environ mille milliards de dollars de trésorerie hors du pays, qui échapperaient ainsi à l’impôt. En vertu d’une fraude ? même pas, en application de réglementations du code fiscal !

Ce phénomène serait particulièrement répandu dans les entreprises qui disposent d’actifs intangibles, comme des droits de propriété intellectuelle dans des logiciels ou des produits pharmaceutiques, selon l’organisation Citizens For Tax Justice. Moody’s estime pour sa part que 22 groupes américains dans le secteur des technologies garderaient 70% de leur trésorerie à l’étranger. Parmi les compagnies impliquées, on trouverait aussi bien Google que Microsoft, Apple, Cisco ou encore Pfizer et Forest Laboratories.

Continuer la lecture de L'actualité de la crise : « QUE LES BOUCHES S’OUVRENT, QUE CENT FLEURS S'ÉPANOUISSENT ! »(*), par François Leclerc

Partagez
Recommandez par mail Recommandez par mail