L'actualité de la crise : UN PLAN A', par François Leclerc

Billet invité.

Alors que les désaccords à propos de la restructuration de la dette grecque se précisent, les grandes données du plan de sauvetage du Portugal sont désormais connues. Rien qui ne contribue à clarifier une situation déjà très confuse et à élargir les marges de manœuvre des autorités européennes.

Ne disposant pas de plan B, celles-ci cherchent à mettre au point un plan A’, non sans de grandes difficultés pour se mettre d’accord sur ses modalités, comme on peut s’en douter.

Certes, il semble avoir été tiré quelques leçons des deux précédents plans de sauvetage, qui se sont vite révélés impraticables, le Portugal en bénéficiant. Une autre raison de ce relatif infléchissement est que sa situation n’est pas équivalente à celle de la Grèce, de l’Irlande… ou de l’Espagne, et que l’économie portugaise souffre d’autres maux – de toujours – que ces derniers. Un même remède de cheval n’est donc pas indispensable.

Les représentants de la Troïka chargés de négocier ce troisième plan en date pour le compte de l’Union européenne, la BCE et le FMI, ont parlé d’un programme « dur, mais nécessaire et juste »( chaque mot étant pesé). On pourra douter de son caractère juste, au vu des mesures qui ont fini par être annoncées, même si elles sont moins pire qu’escompté les précédents jours par la presse portugaise. De quoi permettre à José Socrates, – premier ministre socialiste démissionnaire, qui va affronter les électeurs le 5 juin prochain – de faire valoir ses talents de négociateur.

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L'actualité des crises : TOUT FOUT LE CAMP ! par François Leclerc

Billet invité.

Sans même attendre que l’Espagne soit à son tour dans l’obligation de demander l’aide financière de l’Europe, ni même que le Portugal ait pu parvenir à négocier son propre plan de sauvetage, dans des conditions politiques très scabreuses, l’édifice déjà bien fragile de la stabilisation financière menace désormais de s’écrouler tout seul.

Le taux obligataire grec à 10 ans a atteint ce jeudi 13,13% – du jamais vu – dans l’attente d’une restructuration de dette négociée considérée comme inévitable, étant donné la mission impossible exigée des Grecs. Le taux à deux ans était ce jour de 17,44%.

Le gouvernement grec ne parvient pas à être dans les clous de son plan de sauvetage, la diminution de ses dépenses n’étant pas suffisante, contrecarrée par une baisse des recettes budgétaires là où une hausse serait nécessaire, en raison notamment d’une très forte récession (baisse de 4,5% du PIB en 2010). En conséquence, un plan triennal va être présenté, qui va devoir procéder à de nouvelles coupes budgétaires. 23 milliards d’économies budgétaires vont être recherchées d’ici 2015.

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L'actualité de la crise : DÉSESPOIR DE CAUSE, par François Leclerc

Billet invité.

Il y a des fois où, comme on ne sait plus quoi faire, on se résout faute de mieux à des expédients. Les exemples ne manquent pas en ce moment.

Attendant que se concrétisent des aménagements adoucissant sa peine, après avoir plongé dans l’austérité le pays, le gouvernement grec tire le diable par la queue, n’ayant accès au marché obligataire qu’à court terme et à des taux très élevés. Il coule donc les yeux doux à la diaspora, nombreuse de 7 millions d’âmes, le pays en comportant 11 millions. Un emprunt qui leur serait réservé est à l’étude, d’un montant qui pourrait être selon le quotidien Kathimerini d’un milliard d’euros, à échéance de moins de 10 ans, et selon des taux inférieurs à ceux du marché. Cela a un petit côté fond de tiroir.

En Irlande, où de prochaines élections anticipées créent de fortes incertitudes au sujet de la mise en œuvre du plan de sauvetage européen, la banque centrale a carrément pris le relais de la BCE, afin de continuer à alimenter en liquidités les banques sinistrées. 51 milliards d’euros leur auraient été déjà versés. Celles-ci ne disposaient plus d’actifs à mettre en pension (en garantie) à la BCE, qui leur a déjà prêté 132 milliards d’euros à fin décembre, et il a fallu improviser une solution. C’est donc avec l’aval de la BCE que cette opération de création monétaire hors normes est désormais en cours.

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L'actualité de la crise : DONNANT-DONNANT, par François Leclerc

Billet invité.

Les dirigeants européens font de la politique, et quelle politique ! Les voilà embarqués dans la négociation entre quatre yeux d’un paquet de mesures destinées à gérer la crise, où chacun glisse son grain de sel et cherche à protéger ses intérêts. Un exercice délicat qui pourrait fort bien ne pas être terminé à temps pour leur prochain sommet du 4 février, continuant d’alimenter toutes les incertitudes. Prochain arrêt : les 24 et 25 mars prochains.

Concentrée sur ses échéances de l’année à venir, la coalition gouvernementale allemande CDU-FPD voudrait trouver les meilleurs arguments électoraux pour justifier de prochains sauvetages européens – c’est en tout cas ainsi qu’elle voit les choses. Avec comme stratégie d’échanger sa participation financière à un dispositif d’aide renforcé contre de nouvelles assurance de réduction des déficits publics.

Dans l’obligation de ne pas décrocher des Allemands, les Français tentent de tempérer leurs ardeurs renforcées, avec en vue leur propre élection présidentielle et la crainte de devoir trop vite obtempérer à leurs injonctions. Tout en s’efforçant d’avancer leur projet d’harmonisation progressive (de convergence), fiscale puis sociale. Afin d’entraîner les Allemands vers la définition d’une politique économique commune et de les écarter de leur intransigeante rigueur budgétaire. Ministre des affaires européennes, Laurent Wauquiez vient de suggèrer ainsi le lancement de « project bonds » (des obligations européennes destinés à financer des grands projets d’infrastructure).

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L'actualité de la crise : MISSIONS IMPOSSIBLES, par François Leclerc

Billet invité.

Alors que la cafouillage européen bat son plein, les Allemands fortement divisés entre eux sur l’attitude à tenir, le retour de l’inflation ajoute une nouvelle menace à celle d’une dette dont on ne sait comment s’en défaire. Ragaillardie et en terrain connu, la BCE reprend pied et fourbit ses armes monétaires.

Une fois encore, les chiffres sont sollicités sans toujours trop s’embarrasser de leur analyse. L’inflation a ceci de miraculeux que, si ses causes sont multiples, son remède est unique : le chiffon rouge agité, les banques centrales remontent leur taux directeur et le tour est joué ! Sans trop avoir à se soucier des facteurs à l’origine des hausses de prix.

Regardons-y de plus près. Eurostat confirme un taux d’inflation de 2,2% pour la zone euro, les Britanniques sont au-delà, connaissant un taux de 3,3% (calculé en novembre dernier en valeur annuelle), et Ben Bernanke annonce que le danger de la déflation a « considérablement baissé » aux Etats-Unis. On remarque que le prix du pétrole et celui des matières premières alimentaires n’y sont pas pour rien, n’ignorant pas leur sensibilité à la spéculation financière. Enregistrant, sans que la corrélation soit formellement établie, les résultats faramineux que vient d’annoncer JP Morgan Chase, intervenant de pointe reconnu sur ces marchés (avec des bénéfices 2010 en hausse de 47% par rapport à 2009, soit 17,4 milliards de dollars).

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UNE CRISE DU SYSTEME BANCAIRE, PAS DE L'EURO, par Philippe Legrain *

Depuis Bruxelles, Eurointelligence adresse quotidiennement ses News Briefing – qui commentent avec pertinence l’actualité de la crise européenne – et publie également des articles d’analyse. Dont ceux de Wolfgang Münchau, publiés par les éditions allemande et britannique du Financial Times, dont il est chroniqueur.

Avec l’autorisation de Eurointelligence ainsi que celle de son auteur, nous publions une traduction de la contribution de Philippe Legrain.

Billet invité.

Les dirigeants européens doivent regarder la réalité en face : leur stratégie contre la crise qui traverse l’eurozone échoue lamentablement. Loin de prévenir la contagion, elle la favorise. Elle n’allège pas le problème de la dette, elle l’aggrave. Elle provoque des conflits entre pays et en leur sein. Et elle n’aborde pas le problème de fond : le pétrin du système bancaire européen. N’est-il pas temps de s’y prendre autrement ? 

Le problème provient en partie d’une analyse erronée de la crise. Celle-ci est d’abord une crise non de l’euro, mais du système financier mondial. Il y a peu de temps, la préoccupation majeure du marché était le dollar et l’assouplissement quantitatif de la Réserve Fédérale américaine. Aujourd’hui, la question clé en Europe n’est pas celle des mérites de la monnaie unique mais l’état périlleux du système bancaire. 

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L'actualité de la crise: ils font monter les enchères, par François Leclerc

Billet invité.

ILS FONT MONTER LES ENCHÈRES

Tout à leur souci de désamorcer une crise qui continue de leur glisser des mains, les dirigeants européens viennent de prendre le risque de faire monter les enchères à l’occasion de leur sommet du 17 juin.

N’ayant rien d’autre de tangible à proposer – une fois de plus dans l’urgence, et cette fois-ci en raison de la situation espagnole – ils se sont finalement résolus à décider de rendre public les stress tests des banques. Une suggestion qu’était pourtant venu leur faire en urgence il y a plusieurs semaines Tim Geithner, secrétaire d’Etat au Trésor américain, qui en avait déjà utilisé aux Etats-Unis la recette. Mais jusque là sans avoir été entendu.

Ce geste contraint, salué par tous les commentateurs qui en venaient à désespérer d’eux, vaut certes reconnaissance que la situation des banques est au centre des inquiétudes des marchés, ce qui prend les dirigeants européens à revers d’une stratégie de communication toute entière axée sur les déficits publics et l’austérité. Mais va-t-il être pour autant suffisant pour calmer la situation ? Depuis des mois déjà, les chefs d’Etat et de gouvernement nous ont en effet habitués à accumuler des décisions tardives et inopérantes. La dernière en date étant un mirifique plan de stabilité financière qui n’est toujours pas opérationnel et pour lequel des flous sont encore entretenus, en raison de divergences qu’ils ne parviennent pas à masquer.

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