L'actualité de la crise: DE NOUVEAU LA BCE, PAR DÉFAUT, par François Leclerc

Billet invité.

Les salves de coups de semonce tirées les jours précédents vont-ils être entendus ? L’heure était hier mercredi à la détente sur les différents marchés, dans l’attente des résultats de la réunion de ce jour de la BCE. Le président de la commission, José Manuel Barroso, profitait de l’occasion pour exprimer « toute sa confiance » dans la capacité qu’a la BCE à « prendre les décisions nécessaires pour garantir la stabilité financière de la zone euro ». Nous voilà rassurés.

Certes, elle seule dispose des moyens de stopper la brutale glissade engagée en début de la semaine. Car la BCE alimente en liquidités les banques des pays de la zone des tempêtes et de ceux qui s’en approchent dangereusement, afin qu’elles ne s’écroulent pas ; elle intervient également sur le marché obligataire secondaire européen, afin de tenter de limiter les dégâts. Deux activités dont elle cherche à se libérer, mais qu’elle risque cependant de devoir poursuivre et développer.

Le consensus cher aux économistes s’est donc établi autour de l’idée qu’elle allait devoir une nouvelle fois manger son chapeau. Ayant ces deux armes à sa disposition : la poursuite de son programme de distribution de liquidités, dont elle annonçait l’extinction pour le début de l’année prochaine, et l’accroissement de ses achats obligataires, pour aller au-delà des limites qu’elle s’était elle-même fixées.

Sa réponse ne tardera pas aujourd’hui. Mais, même allant dans ce sens, elle permettra uniquement de gagner du temps et ne résoudra rien. Ce qui explique la floraison enregistrée ces derniers temps, du côté des analystes financiers, de nombreux projets destinés à prendre à bras le corps la crise. Ce milieux ayant enregistré l’urgence de faire preuve d’innovation, quitte à bousculer les blocages politiques actuels.

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L'actualité de la crise : UNE ÉCHAPPATOIRE RECHERCHÉE, par François Leclerc

Billet invité

Pour seule réaction au sauvetage présumé de l’Irlande, la crise européenne s’est vivement emballée hier sur les marchés. Tous les indicateurs clignotaient au rouge en un bel ensemble : les valeurs bancaires dans les bourses européennes, l’euro sur le Forex, ainsi que les taux des obligations souveraines.

De manière considérée comme très inquiétante, la liste des pays susceptibles d’entrer dans la zone des tempêtes s’allongeait dans les commentaires, pour y inclure l’Italie et la Belgique au vu de la tenue de leurs obligations sur le marché. Les autorités françaises en venaient à nier toute possibilité que la France y entre à son tour, ce qui n’est jamais bon signe. Mêmes les taux des valeurs obligataires les plus éprouvées, allemandes, néerlandaises et françaises subissaient en effet l’onde de choc. Le marché obligataire semblait déserté par les acheteurs, seuls les vendeurs y restant présents. La BCE y reprenant ses achats qu’elle avait interrompus, afin de limiter l’irrésistible montée des taux.

Les marchés apportaient leur réponse au sauvetage irlandais en montrant qu’ils attendent une toute autre initiative, à l’échelle européenne et non pas à celle d’un seul pays connaissant une crise propre, fût-elle aiguë.

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L'actualité de la crise : LES MARCHÉS SONT RATIONNELS, par François Leclerc

Billet invité

L’évolution du marché obligataire est sans équivoque. Sans même faire une pause, les marchés ont anticipé ce lundi la poursuite de la crise, aboutissant à la précipiter. Mais si les tensions sur les taux espagnols et portugais étaient prévisibles, qu’elles touchent également les taux irlandais et italiens l’était moins. Sans parler de l’euro qui retombe à 1,30 dollar pour un euro, et des valeurs financières qui ont continué à baisser. Une journée détestable pour ceux qui ne s’y attendaient pas.

Dans le cas de l’Irlande, une incertitude un moment escamotée est réapparue, annihilant l’annonce du plan de sauvetage de dimanche. L’adoption du budget irlandais est un préalable à sa mise en œuvre, sans que rien n’assure – tout au contraire – qu’il en sera ainsi le 7 décembre prochain, date prévue pour le vote.

Car la situation irlandaise s’est singulièrement envenimée depuis la publication de deux modalités du plan. Passe encore que le taux de 5,8% des prêts européens, inférieur aux estimations qui circulaient avant son annonce, soit nettement plus élevé que celui dont les grecs ont bénéficié, soit 5,2%. Mais la décision d’utiliser les 15 milliards restants du fond irlandais de réserve des retraites afin de recapitaliser les banques irlandaises reste en travers de la gorge. Non seulement les créanciers détenteurs d’obligations senior des banques ne subiront aucune décote, mais qui plus est, ils seront intégralement remboursés avec ces fonds détournés de leur usage.

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L'actualité de la crise : BANQUES = 1, IRLANDE = 0, par François Leclerc

Billet invité.

Résumant magistralement ce qu’il faut penser des chances de succès du plan de sauvetage divulgué hier soir dimanche, Christian Noyer, le gouverneur de Banque de France, a asséné qu’il n’avait « aucun doute » à ce propos. Venant de sa part, on n’en attendait pas moins. Dominique Strauss-Kahn et Olli Rehn (commissaire européen aux affaires économiques) s’y sont pour leur part mis à deux pour exprimer dans un communiqué commun qu’ils « soutenaient vigoureusement … le programme économique irlandais », préférant on ne sait pourquoi ne pas s’en attribuer la paternité.

Attendus pour plus tard, les commentaires des marchés n’étaient pas encore disponibles à l’heure où nous mettons sous presse. En Asie, l’euro était en petite forme au réveil, tenant péniblement debout avant de jouer au yo-yo.

Sans aucune ambiguïté, l’épilogue tout provisoire de la crise irlandaise se solde par une victoire à plate couture des banques européennes. En tant que créancières des banques irlandaises en totale déconfiture, elles ne sont pas atteintes (sauf à la marge, quand elles disposent d’obligations junior), tandis que les consœurs irlandaises vont continuer à être renflouées sur fonds publics. Les Irlandais payeront la très lourde addition. De manière significative, Christian Noyer, dans sa réaction au plan de sauvetage, a préféré évoquer pour l’Irlande « le boom puis la chute du marché immobilier », et s’en tenir pour la Grèce à « un problème de mauvaise gestion des finances publiques ». Les banques, moins on en parle, mieux cela vaut.

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L'actualité de la crise : DES DÉMENTIS POUR TOUTE POLITIQUE, par François Leclerc

Billet invité.

Une pluie de démentis n’a cessé de tomber durant la journée de vendredi, comme s’il avait fallu rattraper en vitesse des paroles imprudentes et pas bonnes à dire, du genre : « la contagion se poursuit en Europe » ou bien «  il risque de falloir augmenter les moyens financiers disponibles afin d’y faire face ».

José Manuel Barroso, président de la Commission, a fait cette magnifique remarque : « Je crois qu’un des problèmes que nous avons eu récemment, c’est que des responsables politiques font tous les jours des commentaires au lieu de prendre des décisions ».

Donc plus question, à en croire aujourd’hui nos édiles, que le Portugal et l’Espagne entrent dans la zone des tempêtes, encore moins d’inciter les premiers à demander sans attendre de l’aide, ni enfin de revoir la dotation du fonds de stabilité européen. C’est dit et c’est juré.

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L'actualité de la crise : DES PARIS STUPIDES, par François Leclerc

Billet invité.

Si un seul mot devait résumer la journée d’hier jeudi, et en faire sans hésiter autant des suivantes, cela serait incontestablement celui de confusion. Dans le désordre, les autorités européennes continuent d’être à la remorque des événements. Et, quand elles veulent préparer l’avenir, elles tentent de bricoler des dispositifs successifs de sauvetage en les inscrivant dans un calendrier sans rapport avec la dynamique engagée.

Pour aller à l’essentiel : l’Irlande est plus que jamais le détonateur de la bombe espagnole. Afin de ne pas être totalement démunis quand, lundi prochain, les marchés ouvriront à nouveau – il n’y a plus que deux jours à tirer avant la trêve du week-end – les représentants de l’Union européenne et du FMI ont donc décidé d’adopter dès dimanche le plan de soutien à l’Irlande. Précipitant son chiffrage et abrégeant les négociations. Faisant une fervente prière pour que le nouveau budget irlandais puisse être adopté, dans une situation de crise politique et sociale qui rend cette perspective très aléatoire, puisque cette adoption est la condition sine qua non de l’aide.

Dernier recours quand tout va mal, Angela Merkel et Nicolas Sarkozy se sont entretenus dans l’urgence. Pour décider de précipiter le mouvement afin de tenter de calmer le jeu. Faisant par la même un gigantesque contre-sens, car ce qui incite les marchés à continuer de faire monter les enchères et les taux obligataires irlandais et espagnols – créant même quelques remous bousculant les obligations allemandes et françaises – c’est le plan de sauvetage lui-même, et non pas son retard à l’allumage.

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L'actualité de la crise : TROP GROS POUR ÊTRE AVALÉ, par François Leclerc

Billet invité.

L’Espagne est un trop gros poisson, c’est ainsi qu’est généralement appréhendée la suite des événements, alors que le Portugal connaît une grève générale massive et que le gouvernement irlandais de Brian Cowen rend public son plan d’austérité pour les 4 années à venir.

Fait nouveau, jusque là réservée aux banques, l’expression too big to fail (trop gros pour faire défaut) est désormais utilisée pour un pays. L’Espagne, quatrième économie européenne, représente deux fois la taille additionnée de la Grèce, l’Irlande et le Portugal. Ce qui suscite pour le moins quelques inquiétudes, au vu des estimations du coût de son sauvetage qui circulent déjà, car elles tournent autour de 500 milliards d’euros. Celui de la Grèce a déjà représenté 110 milliards d’euros et celui de l’Irlande, pas encore définitivement chiffré, oscille entre 80 et 90 milliards. « Un abîme nous sépare de l’Irlande » a déclaré à El Pais José Manuel Campa, le secrétaire d’Etat à l’économie, le genre d’intervention qui fait sortir les calculettes à défaut de rassurer !

L’entrée de l’Espagne dans la zone des tempêtes créerait non seulement un choc considérable pour la zone euro, mais elle assécherait les ressources potentielles du fonds de stabilité financière, y compris avec l’apport du FMI, et impliquerait de mettre au point en complément un autre montage. A la manière de ce qui se fait déjà pour l’Irlande, le Royaume-Uni, la Suède et le Danemark accordant des prêts bilatéraux. L’Allemagne et la France seraient nécessairement alors mis à contribution.

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L'actualité de la crise : LA CRISE DE TROP, par François Leclerc

Billet invité

Les événements sont en train de prendre en Europe une drôle de tournure, confirmant que l’Irlande est la crise de trop. L’accalmie enregistrée lundi matin sur les marchés n’est plus qu’un vague souvenir. Annoncé à toute vitesse, le sauvetage irlandais n’a été adopté que dans son principe, et sa concrétisation est depuis devenue hypothétique. Plus on entend affirmer que la situation serait maîtrisée, moins elle se révèle l’être.

Loin d’être circonscrite à un seul pays, la crise est en train de s’inviter non seulement au Portugal et en Espagne, les deux futures victimes toutes désignées, mais menace directement par ses répercussions la Grande-Bretagne – pourtant hors zone euro – ainsi que le système bancaire européen, à commencer par celui des Allemands.

Ce ne sont pas seulement les taux obligataires des pays de la zone des tempêtes qui se retendent – après ne s’être que faiblement détendus – c’est l’euro qui connaît un nouvel accès de faiblesse prononcé vis-à-vis de toutes les grandes devises. Ce sont aussi les valeurs financières (celles des banques) qui sans exception trinquent depuis deux jours sur toutes les places boursières européennes, entraînant avec elles les indices dans leur chute.

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L'actualité de la crise : LA DETTE N’EST PAS SOLUBLE DANS L’EAU, par François Leclerc

Billet invité.

Les voies de la crise ne sont pas impénétrables. Sans doute, le sauvetage de l’Irlande restera-t-il dans les livres d’histoire comme l’un de ses parfaits exemples, de la même manière que la fameuse tulipomanie sera à jamais une parfaite illustration de la spéculation.

Hier soir dimanche, un plan a été annoncé dans ses grandes lignes, qui va encore devoir être longuement mouliné nous est-il annoncé, sans que l’on comprenne bien ce qui justifie les délais invoqués. Sinon qu’il fallait sans attendre dire à tout prix quelque chose pour stopper la propagation de la crise, mais que des désaccords subsistent – la question de la taxation des bénéfices des entreprises, sujet de profonde discorde, n’est pas réglée – et qu’il faut du temps pour sonder le fonds du gouffre dans lequel les banques irlandaises se trouvent. Sans exclure que l’enveloppe de 80 à 90 milliards d’euros annoncé soit revue à la hausse à l’arrivée, quand l’examen de leurs bilans aura été mené à son terme. L’affaire, en tout cas, n’est pas bouclée et la colère monte.

Le cas de l’Irlande est donc un cas d’école. Deux raisons concourent à son sauvetage européen, lui-même justifié par la nécessité de protéger la zone euro. Et deux vecteurs possibles de contagion au sein de celle-ci ont été clairement mis en évidence. Le premier est l’interconnexion de l’endettement bancaire, le second celui du financement de la dette des Etats par les banques.

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L'actualité de la crise : A TOUTE VITESSE, par François Leclerc

Billet invité

Tout s’est précipité avant l’ouverture des marchés, les bourses asiatiques commençant le jeu dans la nuit européenne. Dans l’après-midi de dimanche, une réunion extraordinaire du conseil des ministres irlandais a été suivie de plusieurs conférences téléphoniques, réunissant successivement les ministres de l’Eurogroupe (zone euro), de l’Ecofin (les 27), et enfin du G7. Brian Owen, le premier ministre irlandais, confirmait qu’une aide avait été officiellement demandée, tandis que les Européens donnaient leur feu vert de principe, annoncé par Didier Reynders, le ministre belge des Finances. Brian Owen a précisé à cette occasion que le montant final de l’aide serait précisé d’ici « plusieurs semaines », ce qui donne une idée de l’importance des questions qui restent à résoudre. Mais il fallait sans tarder annoncer que tout était réglé.

Reste à mettre au point les détails et montants d’un plan qui réunit de nombreux concours : la Commission octroie des garanties, le fonds de stabilité européen (EFSF) et le FMI vont prêter des fonds. La Grande-Bretagne et la Suède, qui ne font pas partie de la zone euro, y participeraient également. Le montant du plan devrait être inférieur à 100 milliards d’euros, ses conditions n’ayant pas été divulguées, les discussions se poursuivent.

Tandis que le ministre allemand des finances, Wolfgang Schäuble, expliquait à contre-courant depuis Berlin que Dublin allait devoir convaincre que la stabilité de la zone euro était en jeu, les Britanniques, d’après la BBC, se déclaraient prêts à apporter 7 milliards de livres. Le Royaume-Uni, annonçait le porte-parole du ministère des finances, « sera étroitement impliqué dans les discussions sur le montant et les modalités de l’aide », ce qui laisse entendre qu’un intérêt particulier sera apporté aux cessions d’activités que les banques irlandaises pourraient être amenées à opérer… La remise en cause de la taxation très basse des entreprises, demandée par les Allemands et les Français plus particulièrement, pourrait avoir été écartée de la discussion selon Brian Owen, mais il reste du grain à moudre…

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