L'actualité des crises : MÊME MOTIF, MÊME PUNITION, par François Leclerc

Billet invité

« La France n’est pas le Japon, qu’un séisme et un tsunami y ravagent une centrale nucléaire est invraisemblable ». Les défenseurs de l’électro-nucléaire s’en sont d’abord tenus à cette seule parade pour écarter tout risque, inquiétude et raison même de s’interroger. Craignant – on ne sait jamais – de voir surgir le fantôme d’une époque maintenant ancienne où l’option nucléaire était l’objet d’une vigoureuse contestation.

Fukushima tombant dans les oubliettes des médias, happés par de nouveaux sujets tous les deux ou trois jours, des tests de résistance européens allaient être séance tenante organisés, afin de lever les derniers soupçons, pour faire oublier l’alarmisme gouvernemental des premiers jours de la catastrophe, rétrospectivement sans fondement.

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L'actualité des crises : FUKUSHIMA, CATASTROPHE RAMPANTE, par François Leclerc

Billet invité.

A Fukushima Daiichi, les jours se suivent et se ressemblent avec leur lot de mauvaises nouvelles, amenant aujourd’hui Tepco à se décider à reconnaître que son calendrier de travail ne pourra pas être respecté. Prévue en janvier prochain, la perspective d’un arrêt à froid des réacteurs est repoussée à une date ultérieure, qui n’est même pas envisagée.

Une brutale augmentation de température enregistrée hier au réacteur n°5, en raison d’une panne de la pompe le refroidissant en eau, illustre l’instabilité de la situation. Il y a été remédié en changeant la pompe, mais l’eau avait entretemps presque atteint la température de 100°C, toute proche de commencer à bouillir, les barres de combustible amenées à être découvertes, le combustible appelé à entrer en fusion. L’un des deux réacteurs – avec le n°6 – resté en dehors de la série noire affectant les 4 autres a menacé de les rejoindre. Le temps de réaction de l’opérateur est particulièrement préoccupant.

Aujourd’hui, la pluie tombe très dru et les opérations sur le site en sont affectées. Un débordement de l’eau hautement contaminée répandue dans les sous-sols et les tranchées des réacteurs est attentivement surveillé, une formule laissant en suspens la description des moyens permettant d’y faire obstacle, car ils n’existent pas. Pas moins réels, le ruissellement sur le sol ou le débordement des piscines désormais à ciel ouvert ne sont pas mentionnés dans la liste des dangers potentiels. Pas plus que le vent qui pourrait s’engouffrer dans des structures très endommagées et à la résistance inconnue. L’opérateur est à la merci des éléments.

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L'actualité de la crise : PLACES COMBLES, par François Leclerc

Billet invité.

Les indignés font place comble quand ils s’y mettent. A deux bouts de l’Europe, place Syndagma à Athènes, et à la Puerta del Sol à Madrid, une immense foule de tous âges s’est rassemblée ce soir. Les Espagnols ne sont plus seuls, ils ont fait modèle, ce qui n’était pas assuré.

Des dizaines de milliers d’Athéniens (et d’habitants du Pirée tout proche) manifestent devant une gigantesque banderole qui proclame « La plus grande violence est la pauvreté ». Des concerts d’armes par destination de 3ème catégorie (les casseroles à Barcelone), alternent avec des rafales de sifflet, pour réclamer « une vraie démocratie ».

Suivant la consigne « Toma los barrios ! » (Investis les quartiers), les indignés madrilènes avaient organisé samedi plus de 150 assemblées locales dans les quartiers de la ville, dont les représentants rapportaient cet après-midi sur la Puerta del Sol, en attendant que soient décidées ce soir les modalités des suites à donner à l’acapamento. Ces assemblées locales devraient continuer à se réunir une fois par semaine, élargissant la base de la mobilisation et la structurant.

Sur la place du Rossio à Lisbonne, avec comme mots d’ordre « A bas la dictature financière ! », « FMI dehors ! » et « Démocratie réelle maintenant », les jeunes Portugais tentent à leur tour de relancer leur mouvement qui avait été en réalité précurseur, le 12 mars dernier à l’initiative de la « génération galère ».

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L'actualité de la crise : DANS LA COULISSE DE GUIGNOL, par François Leclerc

Billet invité.

Le G8 de Deauville venait vendredi à peine de se terminer que la Commission de Bruxelles signalait par voie de presse que « le temps presse » pour trouver une issue au rebondissement de la crise grecque, qui risque de tout entraîner avec elle. Les semaines qui viennent ne seront pas de trop pour tenter de dénouer le nœud de contradictions aggravées que cette affaire révèle.

Cela part mal en cette fin de week-end, le commissaire européen Olli Rehn laissant entendre que l’Union européenne pourrait ne pas débloquer la prochaine tranche du prêt de 110 milliards d’euros, d’un montant de 12 milliards, le rapport de la Troïka chargé d’examiner sur place les comptes grecs pouvant être négatif. Tout se joue sur le programme de privatisation de 50 milliards d’euros, qui représente la seule garantie de remboursement possible, en raison de la situation dans laquelle le plan de sauvetage a plongé la Grèce.

Jean-Claude Juncker, chef de file de l’Eurogroup, avait sonné le tocsin dès jeudi, mais c’était prématuré : il ne fallait pas brouiller la communication du sommet. Il avait mis en garde contre le risque que le FMI ne débloque pas, le 29 juin prochain, la tranche prévue de son prêt, entraînant l’Union européenne dans un même refus, plongeant alors la Grèce dans un défaut sur sa dette, faute d’avoir obtenu ce versement. Le même évoquait sans prendre plus de gants le méchant calcul d’un FMI cherchant à ce que les Européens se substituent à lui, éventualité hautement improbable en raison du blocage prévisible de nombreux pays.

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L'actualité de la crise : COMMENT TAIRE L'INDIGNATION ? par François Leclerc

Billet invité.

Depuis mardi dernier, les indignés ont pris un relais sur la place Syntagma. Progressivement, ils se sont installés sur la grande place d’Athènes avec armes et bagages, avec leurs banderoles et leurs tentes. Ils étaient finalement 20.000 à s’y être retrouvés le premier soir, rompant avec le rituel des défilés des grandes centrales syndicales et réclamant « une vraie démocratie », avant d’en faire un rendez-vous quotidien. Une pétition est proposée à la signature, qui réclame un référendum à propos du mémorandum signé par le gouvernement avec l’Union européenne et le FMI.

A la Puerta del Sol, au centre de Madrid, l’acapamento n’a donc pas plié bagage aux lendemains de la déroute électorale du PSOE. Les participants avaient décidé de poursuivre leur mouvement jusqu’à ce dimanche, comme à Grenade, Saragosse, Valence, Malaga ou à Barcelone. Avec la perspective de s’éparpiller dans les quartiers pour y tenir des assemblées, afin de continuer sur un autre mode.

C’est sur la place de Catalogne, au centre de Barcelone, qu’a été involontairement relancé le mouvement, la police intervenant violemment vendredi au petit matin pour dégager la place, au prétexte de la nettoyer pour qu’elle puisse accueillir samedi soir les célébrations alcoolisées faisant suite au match de football Manchester United contre le FC Barcelone. Tout un symbole.

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L'actualité de la crise : C'EST LE SYSTÈME QUI FAIT DÉFAUT, par François Leclerc

Billet invité.

Devant le tir de barrage de la BCE qui se poursuit, ou bien parce qu’il en partagent ouvertement les objectifs pour leurs raisons propres, comme les Français, les dirigeants européens s’engouffrent vers la seule porte de sortie qu’il leur reste : la vente du patrimoine grec, afin de rembourser un trou financier que personne ne veut combler, chacun convaincu de ses bonnes raisons. Un nouveau prêt complémentaire pourrait alors permettre de rouler la dette restante, pour voir venir.

La confiance, longtemps accordée aux Grecs, quitte à fermer complaisamment les yeux quand il l’a fallu – comme pour d’autres, et non des moindres – n’est plus au rendez-vous, et le temps presse. Il est donc fortement question, en sous-main, de créer une agence chargée de la vente de ces actifs, qui ne serait plus pilotée par les autorités grecques elles-mêmes mais par des experts. Ce qui s’apparente à une pure et simple saisie, suivie d’une vente dans des conditions douteuses, puisque effectuées dans la précipitation. Il va y avoir de bonnes occasions à saisir, la financiarisation va y trouver son compte.

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L'actualité de la crise : LE SCENARIO DE LEUR HORREUR, par François Leclerc

Billet invité

L’un des artisans les plus déterminés de l’opacité bancaire à la française, le gouverneur de la Banque de France Christian Noyer, vient à son tour de lancer un terrible cri d’alarme. La perspective d’une restructuration de la dette grecque entraînant l’effondrement des banques grecques et de l’économie du pays serait selon lui « le scénario de l’horreur ». L’amenant à également écarter la solution d’un rééchelonnement, car « posant des problèmes juridiques très compliqués » dont nous ne saurons rien de plus, vu le risque qu’il soit assimilé à une restructuration.

Il fait donc sienne la détermination affichée de plusieurs hauts responsables de la BCE de cesser toute aide aux banques grecques en cas de restructuration. Une menace qu’il oublie de mentionner et que Jean-Claude Trichet, qui fait pour l’instant donner ses lieutenants, n’a pas encore avalisée. Impliquant de céder ou de jouer à la roulette russe : « la BCE ira-t-elle jusqu’au bout » ?

Herman Van Rompuy, le président de l’Union européenne, n’est pas moins catégorique, tout en l’exprimant selon son tempérament : « les risques de telles opérations sont grands par rapports aux avantages potentiels ».

Der Spiegel vient de lever un coin du voile sur la nature de ces risques, qui ne se limitent pas à de seuls dommages atteignant la Grèce, comme on peut s’en douter. L’Eurosystème, qui regroupe la BCE et l’ensemble des banques centrales de l’Union européenne, a en effet engrangé 480 milliards d’euros d’actifs mis en pension comme collatéraux. Peu d’informations sont disponibles à ce propos, mais le magazine allemand affirme que ces actifs ont été pour une part indéterminée surévalués à cette occasion, et que le risque qui y est attaché est insuffisamment provisionné. Il donne l’exemple des actifs mis en gage par Depfa, le propriétaire d’HRE en grande difficulté.

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LA SITUATION À FUKUSHIMA (XVI), par François Leclerc

Mise à jour n° 254 (vendredi 09h18)

Tepco ne cesse de rencontrer d’importants obstacles au cours de ses opérations de pompage et stockage d’eau hautement contaminée.

L’opérateur est à bout de capacités de stockage disponibles, afin d’évacuer l’eau qui menace de déborder dans la mer d’un puits aux abords du réacteurs n°3, le conduisant à interrompre cette opération pour ne maintenir que le pompage dans les sous-sols du réacteur n°2. L’évacuation de 14.000 tonnes d’eau avait été planifiée, mais son niveau n’ayant pas baissé en dépit du pompage, celle de 5.000 tonnes d’eau supplémentaires serait maintenant nécessaire.

Une importante fuite a par ailleurs été découverte, une baisse du niveau de l’eau ayant été constatée dans la citerne de stockage prévue pour ultérieurement décontaminer l’eau, si le système est mis en service comme prévu début juillet.

Obturer la fuite va imposer de travailler dans des conditions très difficiles  : un niveau de radiation impliquant une exposition de 70 millisieverts par heure a été mesuré à la surface de l’eau.

Faute d’y parvenir, le risque est grand que l’eau hautement contaminée ne finisse par déborder du puits du réacteur n°3 vers l’océan, les opérations de pompage ne pouvant reprendre.

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L'actualité de la crise : DÉSIRS DE RUPTURE, par François Leclerc

Billet invité

Que l’on se souvienne des pays de l’Est, suite à l’effondrement de l’URSS et de son glacis, ou bien de ceux dont l’entrée dans l’Union européenne et la zone euro a été vécue comme l’occasion du rattrapage d’un niveau de vie particulièrement bas, il y a beaucoup à dire…

Peut-il en effet être reproché aux Tchèques, aux Polonais et aux Hongrois, aux Grecs, aux Irlandais et aux Portugais – ces paresseux notoires – et à tous les autres qui étaient dans le même cas, d’avoir voulu pénétrer dans la vitrine que représentait l’autre partie de l’Europe, nantie selon la vision éloignée et prometteuse qu’ils en avaient ? Est-il possible d’oublier si vite la misère et la grisaille qui régnaient dans ces sociétés et le profond désir d’être tout simplement comme les autres ? Ces deux moteurs de l’élargissement de l’Europe – alors acclamé – peuvent-ils être oubliés ?

Si la crise actuelle remet en question ce qui était hier salué comme une avancée victorieuse, une réflexion ne devrait-elle pas s’engager sur les moyens qui ont été déployés pour réussir cette mise à niveau, qui se révèle désormais hors de portée ? La débandade irlandaise est-elle à mettre au débit de ceux qui ont emprunté à leurs banques locales pour s’acheter une maison ou à celui des banques européennes qui ont prêté à tout-va à ces mêmes établissements et s’en sortent comme une fleur ?

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L'actualité de la crise : ESTAMOS PENSANDO…, par François Leclerc

Billet invité.

«  Maintenant, nous sommes illégaux ! » ont scandé les quelques 28.000 madrilènes (selon la police), présents sur la Puerta del Sol et dans les rues avoisinantes vendredi alors que sonnaient les douze coups de minuit, avant de lancer comme annoncé un « cri muet », la bouche barrée d’un scotch.

Samedi matin, des centaines de manifestants se réveillaient sous les bâches tendues, après avoir discuté et joué de la musique jusque tard dans la nuit.

Y faisant écho, des dizaines de milliers d’Espagnols avaient répondu à la clameur de l’Acapamento del Sol dans d’innombrables villes d’Espagne, de Vigo en Galice, à Bilbao au Pays Basque et Barcelone en Catalogne, où la protestation s’amplifiait.

Répondant à un autre appel, celui des autorités qui manifestaient leur intention de faire preuve de « compréhension », les forces de police continuaient de se faire discrètes, en dépit de l’interdiction formulée par la Commission électorale.

« Estamos pensando » (nous pensons) ont également scandé les manifestants de la Puerta del Sol, tournant en dérision la vocation officielle de ce week-end électoral destiné à la réflexion… Elle est aujourd’hui stimulée par un programme prévoyant un concert, des ateliers de clowns et des musiciens des rues, pour ne pas donner de prétexte à une intervention et préparer le rendez-vous de lundi.

Il devrait y du monde, ce soir !

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