L'actualité de la crise: les banques centrales, dernier ressort, par François Leclerc

Billet invité.

LES BANQUES CENTRALES, DERNIER RESSORT

La BCE a fait ce qu’il fallait jeudi dernier pour que le remboursement des 442 milliards d’euros qu’elle attendait se passe au mieux. Elle a offert en substitution de nouvelles facilités à trois mois, afin de permettre aux banques de rouler leur dette, et si possible de l’éteindre progressivement. Il a en effet été discrètement annoncé que ces émissions illimitées de liquidités à plus court terme allaient se succéder sans interruption d’ici à la fin de l’année. On respire.

Il n’y avait donc pas de quoi s’alarmer, mais ce non événement donne matière à analyse. Une fois constaté que, dans le cours de cette crise, les catastrophes n’arrivent jamais où et quand on les attend. A croire même, cette fois-ci, que l’alerte était feinte pour mieux triompher.

Si l’on raisonne en net, en effet, un remboursement partiel de la BCE est tout de même intervenu au final. Ce qui tendrait à prouver, encore une fois, que c’est avant tout une crise de solvabilité – et non de liquidité – que le système bancaire connaît : sinon, il se serait intégralement refinancé. Suite à l’assèchement partiel des liquidités qui en a résulté, les tensions sur l’Euribor (le taux en vigueur sur le marché interbancaire) ont encore augmenté, sans atteindre les sommets de 2008. Ce qui démontre, sans discussion possible, que c’est la confiance qui fait d’abord défaut. La sous-capitalisation notoire des banques européennes aggravant leur cas.

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L'actualité de la crise: le temps des expédients va venir, par François Leclerc

Billet invité.

LE TEMPS DES EXPÉDIENTS VA VENIR

Le monde financier n’est plus ce qu’il était. Il fait preuve désormais d’un alarmisme permanent, après s’être si longtemps réfugié derrière une impassibilité de façade. Voire une morgue sans égal dont la justification fait plus que jamais défaut. Un comble pour des financiers.

Un jour, c’est l’échéance du remboursement à la BCE de 442 milliards d’euros par les banques de la zone euro qui est fébrilement attendue, son dénouement n’apportant aucun soulagement sur le marché interbancaire qui continue depuis à se tendre.

Immédiatement après, ce sont les nouvelles du marché obligataire, où se présente l’Espagne dont la notation risque d’être dégradée par Moody’s, qui sont redoutées. Ainsi que l’annonce, sans attendre, du retour de la Grèce sur ce même marché plus tard dans le mois.

En toile de fond, les mauvais indices qui se multiplient aux Etats-Unis lui font surtout beaucoup douter de la reprise américaine, et craindre une prochaine récession qui, additionnée à celle qui est attendue en Europe, ne pardonnerait pas. Même en Chine, des indices font état d’une baisse de la production manufacturière.

Cela n’en finit plus.

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L'actualité de la crise: quand tout patine… par François Leclerc

Billet invité.

QUAND TOUT PATINE…

La Banque des règlements internationaux (BRI), souvent présentée comme le saint des saints du système financier, a enfin trouvé la solution à la crise, ainsi qu’elle vient de l’exposer dans son rapport annuel. Devant le danger que représente l’existence simultanée de déficits publics grandissants et d’une nouvelle bulle d’actifs en voie de formation, elle propose de dégonfler les deux en même temps. Il fallait y penser !

La BRI vient en effet d’endosser ce qu’elle présente comme l’habit de la raison pour préconiser une vigoureuse action de réduction des déficits publics, tout en avertissant de la nécessité de restreindre les facilités monétaires des banques centrales. Les mesures de stimulus dans l’un et l’autre des domaines doivent selon elle avoir une fin, en raison de leurs effets ; le temps est donc venu de réfléchir à la manière de les arrêter. Elle précise même qu’il ne saurait être question d’attendre la reprise de la croissance pour agir, c’est à dire de tirer ces deux tapis de dessous les pieds des uns comme des autres  !

Cette prise de position remarquée de la BRI ne va pas contribuer à éclaircir une situation déjà passablement confuse à propos de la réduction des déficits publics, dont les chefs d’Etat et de gouvernement ont pris acte à Toronto en décidant pratiquement que chacun faisait comme il l’entendait (ou le pouvait). Car elle contredit les récentes prises de position du FMI, qui, sans être d’une excessive clarté dans l’expression, vont dans le sens opposé. Dominique Strauss Kahn, son directeur général, affirmant pour une fois clairement, au sortir du G20, qu’ « il serait catastrophique que tous les pays resserrent leur politique, cela pourrait détruire totalement la relance ».

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L'actualité de la crise: coup double ! par François Leclerc

Billet invité

COUP DOUBLE !

Véritable passoire, une loi de régulation financière est en passe d’être adoptée aux Etats-Unis, tandis que les pays réunis aux G8 et G20, avec au menu le retour de la bienfaisante croissance, étalent leurs divergences et contradictions d’intérêts. Est-il nécessaire d’attendre le texte du communiqué final du G20, dont une version circule déjà, pour constater ce double aveu d’impuissance ?

La taxe bancaire enterrée, les dirigeants du monde entier vont en effet ne laisser comme seule trace de leurs travaux, en dépit de l’utilisation de termes allusifs et choisis pour masquer leurs contradictions, qu’un seul résultat : les pays exportateurs ont été priés, sans succès, de se replier sur leurs marchés intérieurs, afin que les autres puissent rechercher sur le marché international un peu de cette croissance introuvable en interne.

Il n’y a pas de quoi crier victoire, même si chacun va rentrer chez soi en prétendant que son point de vue l’a emporté, condamné à faire non pas ce qui relève du domaine du souhaitable mais tout simplement ce qui relève du possible.

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L'actualité de la crise: journée faste pour les banques, par François Leclerc

Billet invité.

JOURNEE FASTE POUR LES BANQUES

En toile de fond du G20, la nouvelle phase de la crise américaine se précise, les Etats-Unis s’apprêtant à rejoindre l’Europe.

L’estimation de croissance de l’année est en baisse, passant de 3% à 2,7%. Une croissance du PIB bien trop insuffisante pour faire baisser le chômage. Le département du commerce a enregistré « une révision à la hausse des importations et une révision à la baisse des dépenses de consommation », des éléments négatifs qui ne sont que partiellement compensés par « une révision à la hausse des exportations et des variations de stocks des entreprises ». Qu’en sera-t-il dans les mois à venir ?

Alors que s’est révélé en Europe le mélange détonnant que représente la combinaison de la crise de la dette publique et de la fragilité du système bancaire privé, il se confirme qu’il n’y a plus de recours possible, les finances publiques ne pouvant plus être mises à contribution comme elles l’ont été. La balle est donc renvoyée aux marchés, qui ne savent pas quoi en faire si ce n’est encore accentuer les déséquilibres.

Barack Obama n’a pas tiré d’autre constatation, en ouverture des G8 et G20 : « Ce week-end à Toronto, j’espère que nous pourrons nous appuyer sur ces progrès en coordonnant nos efforts pour favoriser la croissance économique, continuer les réformes financières et renforcer l’économie mondiale. Nous devons agir de concert pour une raison simple : cette crise a prouvé – et les éléments continuent de le démontrer – que nos économies nationales sont inextricablement liées. Et la tourmente économique peut facilement se propager. »

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L'actualité de la crise: crise de la dette, phase II par François Leclerc

Billet invité.

CRISE DE LA DETTE, PHASE II

Nous sommes entrés dans la seconde phase de la crise de la dette publique, avec l’entrée en scène des Etats-Unis et du Japon aux côtés de l’Europe. Cela va désormais être à celui qui va bousculer les autres pour leur voler le rôle de vedette de l’actualité.

« L’économie (américaine) ne progresse pas aussi vite que nous voudrions » vient de reconnaître Barack Obama lors de sa causerie radiophonique hebdomadaire. Il en faut des précautions de langage, à un président, pour admettre que la croissance enregistrée ces derniers temps n’est qu’un feu de paille destiné à ne pas durer ! Alors que les effets des plans de soutien de l’Etat fédéral et du restockage des entreprises s’estompent et que rien n’est prévu pour la suite, si ce n’est la nécessité de réduire le déficit public.

Timothy Geithner, le secrétaire d’Etat au Trésor, a pris moins de gants en déclarant devant une commission parlementaire que « notre économie traverse encore une période extrêmement difficile. Des millions d’Américains cherchent toujours du travail et continuent de souffrir des blessures causées par une récession forte ». Dans la foulée, il a aussi admis qu’elle devait faire face « à des défis considérables ».

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L'actualité de la crise : la prochaine séance de Guignol, par François Leclerc

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LA PROCHAINE SÉANCE DE GUIGNOL

Sans désemparer, la ronde des grandes réunions internationales se poursuit. Le Canada va successivement accueillir un G8 puis un G20 à partir de jeudi prochain. Fait significatif du peu de résultats que l’on en attend, celui de Séoul qui suivra les 11 et 12 novembre prochains est déjà évoqué. Comme le veut une routine désormais installée, Barack Obama a téléphoné en ce début de semaine à Angela Merkel et José Luis Rodriguez Zapatero pour le préparer.

La question mérite être posée : sur quoi donc les membres du G20, salué en son temps comme l’expression achevée de la nouvelle gouvernance mondiale, vont-ils bien pouvoir se mettre d’accord à Toronto ? Car ils sont en désaccord ouvert sur chacun des grands dossiers sur lesquels ils sont censés sortir de la réunion unis. Dans ces conditions, risque-t-on à se demander, comment les marchés vont-ils réagir à ce qui pourrait apparaître comme une guignolade, pour de ne pas parler des opinions publiques dont l’opinion semble déjà faite ?

A propos de la relance et des restrictions budgétaires, Barack Obama vient d’écrire à ses collègues du G20 pour leur demander de ne pas s’engager trop résolument et rapidement dans celles-ci, en totale contradiction avec la position martelée d’Angela Merkel. Ainsi qu’avec celle des Britanniques, qui pour une fois se démarquent publiquement de leurs cousins et annoncent un plan d’austérité comme on n’en a jamais vu depuis l’après-guerre. Tandis que la perspective d’une restructuration de la dette grecque est envisagée à haute voix par les autorités russes et que le sort de l’Espagne  (de ses caisses d’épargne en détresse et de sa gigantesque bulle immobilière, avec de 700.000 à 1,2 millions de logements neufs en stock), inquiète à ce point les Américains qu’ils ont envoyé à Madrid en mission dont le secret a été éventé un secrétaire adjoint du Trésor, Charles Collins. L’Espagne, c’est le pont trop loin.

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L'actualité de la crise: le mirage aux alouettes de l'ajustement du yuan, par François Leclerc

Billet invité.

LE MIRAGE AUX ALOUETTES DE L’AJUSTEMENT DU YUAN

Que peut-on voir dans l’annonce par la banque centrale chinoise de son ajustement prochain du taux de change du yuan ? Un geste politique symbolique, à la vieille du G20 de Toronto de la semaine prochaine, devant la montée de la pression exercée en faveur d’une telle décision ? Le début d’un réel ajustement favorisant, comme il est espéré par ceux qui le réclament le plus fort, la croissance américaine  ?

Cette décision est présentée comme pouvant réparer la panne dans laquelle se trouve l’économie occidentale, en réduisant le déséquilibre global caractérisé de manière superficielle comme commercial. Voulant tenter, dans les faits, de corriger les effets de la mondialisation telle que le capitalisme financier l’a brutalement dessinée. Qui a abouti à une désindustrialisation rapide des pays développés, et au processus inverse dans les pays émergents. Non sans provoquer d’important dégâts. Sociaux des deux côtés, lourdement environnementaux dans les seconds.

De ce point de vue, une convergence a pu être décelée, des deux côtés, dans l’aggravation des inégalités sociales, cachées dans les pays émergents par l’amélioration des conditions de vie de classes intermédiaires qui s’y développent, bénéficiant des retombées de la croissance du produit intérieur brut (PIB). Au contraire encore dissimulée dans les pays développés, en raison de l’importance de celles-ci, en dépit de la détérioration du statut de leurs couches inférieures.

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L'actualité de la crise: ils font monter les enchères, par François Leclerc

Billet invité.

ILS FONT MONTER LES ENCHÈRES

Tout à leur souci de désamorcer une crise qui continue de leur glisser des mains, les dirigeants européens viennent de prendre le risque de faire monter les enchères à l’occasion de leur sommet du 17 juin.

N’ayant rien d’autre de tangible à proposer – une fois de plus dans l’urgence, et cette fois-ci en raison de la situation espagnole – ils se sont finalement résolus à décider de rendre public les stress tests des banques. Une suggestion qu’était pourtant venu leur faire en urgence il y a plusieurs semaines Tim Geithner, secrétaire d’Etat au Trésor américain, qui en avait déjà utilisé aux Etats-Unis la recette. Mais jusque là sans avoir été entendu.

Ce geste contraint, salué par tous les commentateurs qui en venaient à désespérer d’eux, vaut certes reconnaissance que la situation des banques est au centre des inquiétudes des marchés, ce qui prend les dirigeants européens à revers d’une stratégie de communication toute entière axée sur les déficits publics et l’austérité. Mais va-t-il être pour autant suffisant pour calmer la situation ? Depuis des mois déjà, les chefs d’Etat et de gouvernement nous ont en effet habitués à accumuler des décisions tardives et inopérantes. La dernière en date étant un mirifique plan de stabilité financière qui n’est toujours pas opérationnel et pour lequel des flous sont encore entretenus, en raison de divergences qu’ils ne parviennent pas à masquer.

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L'actualité de la crise: vite à l'étape suivante ! par François Leclerc

Billet invité.

VITE A L’ÉTAPE SUIVANTE !

Au menu d’aujourd’hui jeudi : énième sommet européen des chefs d’Etat et de gouvernement ! On sait déjà qu’ils aborderont de nouveau la même lancinante question sans intérêt, puisque leurs débats semblent se résumer à cela : quel axe de communication vont-ils privilégier ?

Comment vont-ils tenter d’illustrer leur contrôle d’une situation qu’ils ne maîtrisent pas afin de présenter un front uni de façade ? Jusqu’où vont-ils aller dans l’affirmation aveugle de la seule désastreuse politique d’austérité qu’ils parviennent à énoncer et à laquelle ils se raccrochent ? Avec quelle emphase vont-ils se réfugier derrière une pseudo-gouvernance économique masquant une absence de stratégie ? Quelle va bien pouvoir être, à ce sujet, la crédibilité de la stratégie 2020 pour la croissance économique et la création d’emplois, qui va en catimini succéder à la précédente, la fameuse stratégie de Lisbonne restée lettre morte ? En vertu de quel déni vont-ils continuer d’affirmer que l’Espagne n’est le sujet d’aucune inquiétude de leur part, et jusqu’à quand vont-ils pouvoir tenir cette fiction ? La discipline, ce nouveau mot magique, va faire son entrée en fanfare, mais elle ne se prépare pas pour autant à être respectée.

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