L'actualité de la crise: Les raisons de la colère, par François Leclerc

Billet invité.

LES RAISONS DE LA COLERE

Pour rebondir sur le dernier billet de Paul consacré au « naufrage du Titanic » et à la politique de Barack Obama, il n’est ni nécessaire de rappeler les chiffres du chômage, ni ceux de la consommation, ni ceux des expulsions de logements. Tous largement connus. Le Sénat venant d’adopter des mesures plus larges que prévues en vue de l’indemnisation plus longue des chômeurs, signe à la fois que les perspectives ne sont pas roses et que les mesures prises ne sont que des pis aller. Ce que vient d’annoncer aujourd’hui le Wall Street Journal, la prévisible explosion des bonus en 2009 dans le secteur de la banque d’investissement, ne va pas manquer d’encore exacerber les réactions des Américains si cela se confirme en fin d’année, mais aussi d’amplifier les tentatives de récupération politique douteuse de leur colère.

Cela justifie de revenir sur l’audition organisée jeudi dernier à Washington par la Commission des finances de la Chambre des représentants, à propos du nouveau projet de « loi d’amélioration de la stabilité financière », qui a pour objectif de définir un mécanisme permettant d’éviter que les fonds publics soient à nouveau mis à contribution, en cas de faillite d’une institution TBTF (toot big to fail). A cette occasion, les interventions sont parties dans tous les sens, le projet en discussion critiqué de tous les horizons, républicains de toutes obédiences et même démocrates, annonçant des débats qui ne vont pas être simples et rendant difficile d’en déterminer l’issue. Après la situation financière, puis économique et sociale, c’est la situation politique qui risque de devenir à son tour peu contrôlée, si cette audition préfigure les débats du Congrès.

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L'actualité de la crise: de Charybde en Scylla, par François Leclerc

Billet invité.

DE CHARYBDE EN SCYLLA

Avec obstination, la machine économique continue à ne pas vouloir bien fonctionner. Afin de ne pas caler après avoir bien failli sombrer corps et âme, deux soutiens permanents lui sont nécessaires : celui des banques centrales (ces mystérieuses entités détentrices du pouvoir régalien de la création de la monnaie), ainsi que celui des pouvoirs publics (ces entités qui nous représentent et nous endettent pour sauver le système financier). Ces deux pompes à phynance doivent tourner afin que la machine ne grippe pas, que les apparences soient sauves, que la fiction d’un capitalisme capable de se réformer conserve sa crédibilité (bien que ses hérauts fassent tout pour démontrer le contraire), sans autre perspective que de continuer à pomper. Comme de vrais Shadoks. Sans non plus sembler mesurer le risque grandissant de préparer une nouvelle crise.

De plus en plus nombreuses, des voix s’inquiètent en effet de la formation d’une nouvelle bulle financière résultant de l’envol actuel du marché des actions grâce à la quasi gratuité de l’argent dispensé par les banques centrales. Craignant, pour les mêmes raisons, les effets de l’exercice à grande échelle du carry trade, avec comme leviers le taux zéro de la Fed et le dollar. Remarquant qu’au grand bal privé du marché des produits dérivés, un nombre restreint de danseurs accapare tous les prix. Constatant que les bilans des banques centrales enflent au fur et à mesure qu’elles accumulent les actifs toxiques en contrepartie de leurs prêts, jouant par défaut le rôle des « bad banks » qui n’ont pas été crées. Et l’on n’en finirait pas d’énumérer ces menaces, tandis que le système financier continue à se remettre très lentement de ses aventures en s’appuyant sur nos épaules tout en s’accrochant à notre cou à nous en faire couler. Le deleveraging (le désendettement) se révèle hors de prix et pas dans nos moyens.

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L'actualité de la crise: "les choses ne redeviendront pas comme avant", par François Leclerc

Billet invité

« LES CHOSES NE REDEVIENDRONT PAS COMME AVANT »

Mario Draghi ne fait pas beaucoup parler de lui mais n’est pas pour autant n’importe qui ! Gouverneur de la Banque d’Italie, c’est également le président du Conseil de stabilité financière (CSF), à qui le G20 a confié dans les flonflons d’importantes responsabilités en matière de régulation financière mondiale. Il est aussi parfois présenté comme le successeur de Jean-Claude Trichet à la tête de la BCE. A Rome, jeudi dernier, il a lâché un lapidaire « les choses ne reviendront pas comme avant », dans l’intention d’anéantir l’espoir plus ou moins caché de tous les acteurs du marché financier. Rajoutant, pour être bien compris : « Il n’est pas souhaitable que cela arrive ». Sans expliciter son propos, dans la grande tradition des banquiers centraux. Ne pouvant faire état de la réalité de leur pouvoir, leurs décisions étant le plus souvent confidentielles, ceux-ci s’efforcent en effet de donner de cette manière une portée à leur propos. Cultivant le mystère, comme les médecins d’autrefois, détenteurs d’un savoir qu’ils ne partagent pas, membres d’une confrérie d’initiés dans un monde qui prétend à la transparence.

Ils redescendent pourtant parfois sur terre, ces banquiers centraux, pour reconnaître qu’ils sont comme nous dans la plus totale des incertitudes. A propos de la situation actuelle de l’économie mondiale, Mario Draghi a ainsi constaté qu’elle « avait recommencé à croître (…) même si c’est à un niveau modeste et de façon hétérogène selon les zones ». Mais, si la « chute s’est arrêtée », a-t-il ajouté, « nous sommes moins surs qu’une reprise durable, qui ne s’appuie pas uniquement sur le soutien extraordinaire des politiques économiques, ait effectivement démarré ».

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