Un coupable tout trouvé

Ce n’est pas la seconde vague de l’épidémie qui vient, et pour cause, c’est le rebondissement de l’initiale ! La communication est un art bien difficile quand il faut à la fois avertir du danger et rassurer pour préparer la rentrée…

Le fléau du coronavirus n’est pas le seul, car il s’accompagne de l’accumulation de l’épargne des particuliers sensibilisés par ce qui les attend. En premier lieu la multiplication des plans de licenciement et le chômage. La consommation était annoncée comme repartant, mais cela semble n’avoir eu qu’un temps. À la sortie du confinement, les ventes de voitures et d’électro-ménager ont grimpé, mais ce sont des achats que l’on ne renouvelle pas tous les mois… En attendant, l’économie s’affaisse et l’emploi est congelé, alors que les mesures de soutien public ne sont pas éternelles.

La relance poussive qui intervient ne répare pas les dégâts intervenus et certains secteurs d’activité ne vont pas s’en remettre de sitôt. Le coupable est tout trouvé : les consommateurs ne sont pas au rendez-vous ! Pire, une abondante épargne continue d’être constituée, elle atteignait en France 75 milliards d’euros début juillet d’après l’OFCE, un record. Et le rebond de la pandémie qui est enregistré ne va pas la contrarier, le pire serait de basculer à nouveau vers une épargne forcée due au retour du confinement.

Que faire ? Selon les gouvernements, les réponses divergent. En Allemagne, une réduction de la TVA sur les biens et services a été décidée. Aux États-Unis, cela prend la forme d’un chèque distribué aux ménages. Le gouvernement français tente de faire coup double afin d’aider l’industrie automobile en subventionnant l’achat des voitures neuves, et le BTP en soutenant l’isolation thermique des logements. Il va également diminuer les impôts de production, mais avec quel effet sur la relance ?

Il n’y a pas de solution miracle. L’épargne fait planer « un gros risque » sur la reprise, entend-on dire, le rattrapage intégral du niveau antérieur de la consommation n’étant pas envisageable. L’aversion au risque, pour parler comme les financiers, l’emporte sur la soif de la consommation ! Reste l’investissement, et quand on parle de celui-ci, on le voit reposer sur des fonds publics. Il est appelé à jouer un rôle central, car il n’est pas trop compté sur le privé. Les subventions du plan de relance et de résilience de la Commission seront donc les bienvenues, mais réussir à stabiliser le niveau de l’endettement, ce nouvel objectif empreint de plus grande modestie, ne va pas aller de soi.

La conclusion s’impose, les épargnants sont de mauvais Français !

3 réflexions au sujet de « Un coupable tout trouvé »

  1. Bonjour,

    Franchement, les frenchies sont fortiches. Ils ont réussi à épargner 75 milliards d’euros en quelques mois.
    Il serait intéressant de savoir quelles sont les catégories sociales qui ont autant économisé. Un beau sujet pour M.Piketty.
    http://impotsurlerevenu.org/la-fiscalite-francaise/728-qui-paie-l-impot-en-france-.php
    Sur la base des données ci-dessus, et sur l’ensemble des foyers fiscaux, les 75 milliards d’épargne représentent une économie de 1978 euros par foyer fiscal.
    Si l’on considère uniquement les 16,5 millions de foyers imposables – dont je fais partie – cela fait une épargne moyenne de 4545 euros par foyer et je suis très très loin de ce niveau, probablement plus proche des 500/800 euros vu l’évolution de mon compte bancaire. Et je m’estime chanceux de ne pas avoir été impacté par les mesures de chômage partiel limitant le salaire à 84% du brut. Assurément, l’épargne ne provient pas de ces catégories là.

    Je dois être considéré comme un mauvais français, mais il y a encore plus mauvais français que moi !!

  2. Baisser la TVA?
    Vraiment ces allemands font tout à l’envers.

    En plus je croyais que baisser la TVA n’était pas autorisé par Bruxelles, vu que la contribution des pays à son budget est issue de la TVA.
    Se souvenir, par exemple, des discussions picrocholines entre Bruxelles et un gouvernement de Sarkozy qui voulait baisser une TVA, sur les bars et restaurant, je crois. Baisses sans effet notables, par ailleurs, mais peut-être pas au plan électoral.

    1. La mesure est provisoire et sans être dans le secret des dieux, puisque l’Allemagne est le moteur de la zone euro (mais toujours avec logiciels truqués Wirecard ou Deutsche Bank), je ne pense pas qu’ils aient eu beaucoup de mal à obtenir une bulle bruxelloise pour s’écarter quelques temps du dogme.

      Le chiffre vient de tomber, sur un an, le PIB recule de 11,7% en données corrigées de l’inflation.

      https://www.boursorama.com/actualite-economique/actualites/coronavirus-chute-historique-du-pib-allemand-au-deuxieme-trimestre-1ee6f7e2caa9370bc1bca0ee7ffc1c2b

      Vu l’ampleur de la chose, la baisse de la TVA avec un chômage stabilisé et des emplois industriels préservés peut sembler un pari raisonnable pour relancer l’économie en générale et l’industrie en particulier.

      Bien entendu le monde n’étant pas parfait et la zone euro étant le premier marché export de l’Allemagne, Merkel a dû se résoudre à ne pas appliquer – pour cette fois- un remède à la grecque aux feignasses du club Méd.

      Conclusion : le bon Français consomme et si en plus il est un bon Européen, il roule allemand !

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