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10 réflexions au sujet de « La mutation qui a commencé »

  1. Mutation , ça serait pas mal , et en tous cas ça laisserait une place à des options .

    On a plutôt le sentiment d’un fil de l’eau , sous contraintes de forces que l’on ne sait ou veut pas repérer et moduler .

  2. Avec un FMI qui soutient les pays en difficulté comme la corde soutient le pendu, des transnationales pillant et détruisant les écosystèmes, et une trajectoire à +4/5° d’ici à la fin du siècle, on imagine très mal que des hotspots ou des unités de garde-côtes suffiront à arrêter des centaines de millions d’êtres humains fuyant des terres devenues inhabitables.

    Deux voies différentes sont dès lors envisageables :

    1- Changer nos modes de productions et d’échanges commerciaux pour qu’ils deviennent soutenables pour les écosystèmes, tout en aidant les pays pauvres afin que les jeunes gens aient d’autres choix que la misère, l’exil, le banditisme ou le terrorisme.

    2- Nous transformer en nazis barricadés derrière de hauts murs (mais protégés par des systèmes d’armes létaux autonomes chargés d’exterminer, loin des caméras, la sous-humanité qui s’en approcherait de trop près).

    Naturellement, la première solution qui consiste dans les faits à sortir du capitalisme et du rapport de force, pour rentrer dans l’âge de la coopération, est totalement impossible.

    Tous les gens pragmatiques et réalistes vous le diront.

    1. Pour ce qui est du 1 , solution éminemment enviable , une des conditions sine qua non , c’est aussi que socio-politiquement on soit près côté « donneur » et côté  » receveur » .

      C’est ce qui a pu me faire écrire à propos de l’Afrique et du reste du monde , qu’on cherchait des deux côtés qui avait l’ambition et le talent de se projeter dans un avenir vivable en commun .

      Le talent passe peut être par la «  »mutation » du système économique , mais l’ambition ?

      Les premières « images  » du drame qui se noue auront elles la vertu de pousser à l’une et à l’autre , et ne sortira-t-on du crime mondial que lorsqu’il sera évident qu’il ne profite plus à personne ?

        1. La solution n°1 constitue, pardon pour les grands mots, une véritable révolution anthropologique. Si celle-ci semble difficile, voire impossible, elle peut être facilitée par les technologies de l’information qui pour la première fois dans l’histoire humaine nous donnent la possibilité de partager les mêmes imaginaires d’un bout à l’autre de la planète tout en unifiant le temps (la coupe du monde de football en ce moment, ou dans un registre plus dramatique la chute des tours du WTC par exemple).

          Il ne s’agit pas d’uniformisation comme le souhaiteraient les tenants du néolibéralisme (tous ubérisés et nikés de la tête aux pieds de Shanghai à Tombouctou), mais de quelque chose qui pourrait être le prélude d’une société mondiale, celle qui clôturerait le cycle de la grande diaspora humaine qui a vu nos ancêtres quitter – à plusieurs reprises semble-t-il – leur berceau africain.

          De toutes les manières, le réchauffement climatique (avec la question angoissante de savoir où se situent les points de bascule) et la sixième extinction en cours, ne nous laissent d’autres choix que la coopération ou l’extinction. Et la coopération implique de devoir radicalement changer nos modèles politiques, qui de l’UE aux US ou à la Chine, sont incapables de s’adapter à la nouvelle donne. Évolue ou crève en quelque sorte…

          1. Curieux, « clôturera », plutôt ‘renouvellera’ ou ‘prolongera’, et j’ai le ferme espoir, encore et encore. Parce que ‘on’ évoluera et coopérera. L’imprévu…
            C’est un détail mesquin. L’immédiat est effectivement gris.

          2. Effectivement, le verbe et la phrase peuvent être sujets à interprétation. En fait j’essayais de sous-entendre – maladroitement – que depuis la disparition de Neandertal, il n’existe plus qu’une seule espèce humaine sur cette planète et que malgré une assez grande diversité morphologique, la diversité génétique au sein des populations humaines est très faible. Signe de fragilité pour Sapiens, dernier rameau du genre Homo, marquant que nos ancêtres communs quel que soit notre phénotype, sont très proches de nous sur l’échelle des temps (certaines théories expliquent cette faible diversité par une catastrophe – géologique ? astronomique ? pandémie ? – ayant pratiquement fait disparaitre nos ancêtres).

            Par « clôturer » j’entendais la prise de conscience, après notre dissémination sur l’ensemble de la planète et l’adaptation de nos phénotypes aux conditions climatiques locales, que génétiquement « nous sommes un » : une seule et même humanité.

    1. Oui mais comme ailleurs, chez Médiapart ils disent ‘migrants’ et pas ‘réfugiés’… 🙂

  3. « La crise politique ne débouche pas sur une mise en cause de ses origines, la politique de sortie de crise qui n’a fait que l’approfondir. Le capitalisme impose sa fuite en avant »

    La recherche de l’étiologie des pathologies dans les populations animales est mon domaine de spécialité. Il y a toujours des limites de « survie » qui n’ont pas été pris en compte et qui apparaissent « ex nihilo », prenant la bien-pensance locale par surprise. Autrement dit, il y a toujours autour de nous des paramètres inconnus qui à un moment inattendu vous reviennent à la figure, plus ou moins douloureusement. Parmi les « règles de survie du parc humain », le Kapitalisme prétend abuser de tout ce qui pourrait se vendre mais l’écologie a posé des paramètres limitants qu’il prétend ignorer jusqu’à ce qu’ils nous reviennent violemment à la figure. C’est aussi le message des boat peoples.

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