La partie chinoise n’est pas jouée

En attendant que leur tour arrive, les autorités européennes scrutent de près les négociations engagées avec les chinoises. Elles portent en général sur l’amélioration de l’accès des entreprises américaines au marché intérieur chinois et sont menées par le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin et le représentant au Commerce Robert Lighthizer, auxquels fait face Liu He, le tsar de l’économie en Chine.

La partie chinoise affecte la sérénité : « nous le disons depuis toujours : la Chine est disposée à mener des négociations avec les États-Unis afin de gérer de manière appropriée nos divergences, sur la base du respect mutuel et de bénéfices mutuels égaux », ajoutant « notre porte est toujours grande ouverte au dialogue et aux consultations ».

À cette position de principe toute formelle ont correspondu de premières représailles chinoises d’une portée volontairement limitée. Les importations de soja des terres américaines favorables à Donald Trump ou la restriction des commandes de Boeing – toutes deux la grosse artillerie – sont gardées en réserve.

Pour autant, la réplique initiale de Pékin à la taxation de ses exportations d’acier et d’aluminium, entrée en vigueur, poursuit le même objectif : cibler les taxations à l’importation de 128 produits américains là où cela fait électoralement mal à un président qui voit s’approcher les élections à mi-parcours du 6 novembre prochain. Une politique qui a déjà fait ses preuves dans le passé, sous différents présidents et dans d’autres occasions. Et que les Européens qui s’en sont inspirés avec leurs premières annonces a minima pourraient développer.

On ne pourra s’empêcher de remarquer qu’interférer dans les processus électoraux est devenu un basique de l’établissement des rapports de force internationaux, qu’ils résultent d’une politique plus ou moins ouvertement assumée ou clandestine, via de mystérieux hackers, ou bien en utilisant les données fournies par les réseaux sociaux.

Sait-on ce que veulent les américains, Steve Mnuchin ne manquant pas une occasion de rappeler que tout accord doit être in fine validé par son président ? Ils demanderaient à la Chine de réduire les taxes imposées sur les voitures américaines, davantage d’achats de semi-conducteurs américains et d’ouvrir l’accès du secteur financier chinois d’après le Wall Street Journal. Sous quinzaine, ils se préparent également à détailler la liste des produits représentant 60 milliards de dollars à l’importation qui devraient ultérieurement faire l’objet d’une taxation si un accord n’intervient pas.

L’enjeu est de contenir l’escalade de part et d’autre et de calmer le jeu. Le fantasque Trump, qui a intérêt à faire durer le plaisir, y est-il prêt ?

Recommandez par mail Recommandez par mail

Partagez

Une réflexion sur « La partie chinoise n’est pas jouée »

  1. La partie syndicale affecte la sérénité : « nous le disons depuis toujours : la CCT est disposée à mener des négociations avec le pouvoir afin de gérer de manière appropriée nos divergences, sur la base du respect mutuel et de bénéfices mutuels égaux », ajoutant « notre porte est toujours grande ouverte au dialogue et aux consultations ».

    Oui c’est très bien cet esprit d’ouverture, mais sur quelle base on engage la discute ?

    Pour la CGT c’est des concertations visant à appliquer strictement le programme électorale de Macron.

    Pour la Chine c’est des négociations qui portent « sur l’amélioration de l’accès des entreprises américaines au marché intérieur chinois ».

    Les négociations sont donc exclusivement à l’avantage des impérialismes US et français.

    Il faut juger à sa juste valeur le communiqué des syndicats cheminots d’hier soir qui , à genoux devant le gouvernement, pleure pour l’ouverture de -vraies- négociations, sous le prétexte que pour un pouvoir, c’est une « obligation » de négocier le bonheur des peuples et l’amélioration du sort des travailleurs.

    Ou ont-ils été chercher cela ???

    « Si le gouvernement persiste dans sa posture (…), une mobilisation sans précédent des usagers et des cheminots (le) rappellera à ses obligations »

    http://www.lefigaro.fr/flash-eco/2018/03/26/97002-20180326FILWWW00320-sncf-l-intersyndicale-reclame-de-nouveau-de-reelles-negociations-au-gouvernement.php

    Gouvernement chinois et directions syndicales de cheminots … les mêmes bureaucraties ouvrières, n’ayant toujours pas compris, que jamais dans l’histoire le progrès n’a été négocié, mais toujours conquit de haute lutte !

    Affaire à suivre !

Répondre à Eninel Annuler la réponse

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.