LE CYNISME DES CRÉANCIERS DE LA GRÈCE, par François Leclerc

Billet invité.

Il y en a qui feraient mieux de se taire ! Le Commissaire européen Pierre Moscovici qui ne résiste pas à un micro tendu, a salué la conclusion d’un accord avec le gouvernement grec encore qualifié de « préliminaire » comme étant « très positif » et allant permettre au peuple grec « de « tourner une page au chapitre de l’austérité ».

Il faut oser, car l’accord en question prévoit une 14ème diminution des retraites, de 9% en moyenne, et une nouvelle hausse d’impôts, y compris sur les très faibles revenus en raison de l’abaissement du seuil d’imposition annuel à 5.900 euros. Rappelons que le taux de chômage grec était en janvier dernier de 23,5% selon Eurostat.

Sous la contrainte, le gouvernement Syriza a accepté ces nouvelles mesures d’austérité afin d’obtenir le versement d’une nouvelle tranche de prêt de son troisième plan de sauvetage, écartant ainsi le risque de faire défaut sur le remboursement de plus de 7 milliards d’euros de créances. Ce versement ne servira donc qu’à rembourser en priorité d’anciens prêts des plans de sauvetage précédents, qui arrivent à échéance. Ce que commente très librement Paul Thomsen, le négociateur du FMI, en prétendant que « cela va permettre à la politique budgétaire d’être plus favorable à la croissance ».

Qu’ils fassent leur sale besogne, mais qu’ils se taisent donc !

La négociation n’est pas terminée pour autant, les pays de la zone euro doivent encore alléger l’endettement de la Grèce de façon « crédible » pour répondre à la demande insistante du FMI. Paul Thomsen a cependant indiqué que le Fonds était d’accord pour un compromis dans lequel une réduction de l’endettement n’interviendrait qu’en conclusion de l’accord en août 2018, après les élections allemandes, et seulement si la Grèce atteint « les cibles visées » d’excédent budgétaire.

Mais il remarque qu’il faut voir à plus long terme  : « La question, ce n’est pas les objectifs immédiats mais la crédibilité du maintien des objectifs à moyen terme avec une économie en croissance dans le même temps », rappelant que le Fonds préconise l’adoption d’objectifs nettement réduits de croissance de l’excédent primaire à 1,5% du PIB au lieu des 3,5% exigés par ses interlocuteurs allemands, arguant des effets récessifs de la rigueur budgétaire qui est prônée.

« Nous ne ferons pas de versement sans avoir un accord sur les politiques et sur une stratégie crédible sur la dette », a-t-il une nouvelle fois prévenu. La prochaine réunion de l’Eurogroupe est fixée le 22 mai, mais il est déjà prévu que les tractations se poursuivront au-delà…

Une nouvelle grève générale aura lieu le 17 Mai.

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