ÉLECTIONS ESPAGNOLES, PREMIÈRE SAISON, par François Leclerc

Billet invité.

Le roi ayant repris ses consultations après le refus de Mariano Rajoy de former « pour le moment » un gouvernement, quelle équipe pourrait sortir des élections espagnoles, si l’on écarte l’hypothèse d’une nouvelle consultation, faute de solution ?

Cette histoire à épisodes est encore loin d’avoir épuisé tous ses rebondissements, mais les combinaisons possibles sont à l’arrivée limitées. L’hypothèse d’un gouvernement associant le Partido Popular (PP) au PSOE et à Ciudadanos – une grande coalition excluant Podemos – est à ce jour peu probable. L’alliance avec le PP de Mariano Rajoy serait proprement inconvenante aux yeux des électeurs du PSOE et de Ciudadanos alors que la litanie des scandales se poursuit.

L’émergence d’un gouvernement associant principalement le PSOE, Podemos et Izquierda Unida, qui a été d’entrée de jeu proposé par Pablo Iglesias, se heurte aux barons de la droite socialiste et répond imparfaitement à un électorat partagé à parts égales entre le souhait d’une alliance avec Podemos ou avec Ciudadanos, selon une enquête d’opinion. Cette configuration serait la plus en phase avec l’évolution de la société espagnole, et c’est donc l’hypothèse à abattre. Les banques BBVA et Santander n’ont pas tardé à chacune souhaiter que le pays « continue d’être attractif pour les investisseurs », et la Commission européenne, qui ne dédaigne pas de faire de la politique à ses heures, pourrait peser.

Ne reste de disponible que l’hypothèse d’un gouvernement minoritaire allant chercher ses majorités au fil de ses besoins. Le PSOE pourrait tenter sa chance suivant cette formule, en s’appuyant soit sur Podemos, soit sur Ciudadanos. Enfin, Felipe González – l’ancien premier ministre socialiste – a proposé une autre configuration : celle d’un gouvernement PP-Ciudadanos qui bénéficierait de l’abstention du PSOE.

Impliqués à un titre ou à un autre dans toutes les combinaisons, les dirigeants du PSOE vont débattre ce week-end, préparant la tenue d’une convention qui pourrait avoir lieu début avril. Ce n’est pas seulement la place du PSOE dans un éventuel dispositif gouvernemental qui est en jeu, c’est aussi son unité qu’il faudra préserver. Ce qui pourrait conduire ses dirigeants à préférer rester dans l’opposition pour ne pas avoir à faire de choix. De nouvelles élections seraient alors inévitables, qui auraient toutes les chances de reproduire le dilemme actuel.

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