CES BRANCHES QUI NE DOIVENT PAS CASSER, par François Leclerc

Billet invité.

À quelles branches se raccrocher dans un monde où les alertes et les incertitudes se multiplient ? Le Forum annuel de Davos a donné une petite idée de ce qui trotte dans la tête de l’élite mondiale à ce propos, ou plutôt de ce qu’elle laisse en échapper quand elle est en représentation.

L’état profond de l’économie mondiale représente toujours un risque impossible à cerner, mais puisqu’il faut bien s’y aventurer, autant y aller avec des pincettes semble-t-on s’être dit. A Davos, le ton se voulait donc rassurant à propos de l’atterrissage de la Chine, pourtant annoncé comme allant être le grand sujet éclipsant tous les autres. Cette transition ne serait pas si terrible que cela selon Mister Doom en personne, Nouriel Roubini, qui parie sur une stabilisation. Comme si le contraire ne pouvait être attendu de la seconde puissance économique mondiale en raison de ses immenses répercussions. La Chine gardera en attendant ses mystères.

Proposant de plancher sur les bienfaits économiques qu’allaient nous apporter les progrès de l’intelligence artificielle et de la robotisation, le thème de l’année se prêtait a de belles envolées qui n’ont pas manqué. Une quatrième révolution industrielle serait en cours, promesse d’une prospérité retrouvée dans un monde instable et marqué par les inégalités, sujet précédemment abordé à Davos. Ouf ! La plus grande concentration des richesses et du pouvoir qui a été annoncée en résulter en contrepoint par des chercheurs compétents n’a pas réussi à troubler la fête. Il faut bien qu’une porte de sortie se trouve quelque part.

Le raisonnement poursuivi est imparable : la robotisation va permettre la réindustrialisation des pays développés, les différences salariales ne jouant plus au profit des émergents, une fois les humains remplacés par les machines. Tout marchera bien, si les consommateurs de ces pays se substituent dans une sorte de chassé-croisé à ceux des pays développés, dont les revenus futurs restent à trouver. Ce qui explique que la Chine ne doit pas sombrer, afin que le développement de son marché intérieur assure le relais… Brillant  !

Soyons honnêtes, les participants à Davos se sont aussi interrogés sur le vide du pouvoir, constatant la multiplication des problèmes aigus de toute nature en suspens. Osons le mot, la crise serait de gouvernance ! On ne pourra pas non plus leur retirer un mérite : celui de déployer une pensée cohérente. Il ne reste plus à leurs prévisions qu’à se réaliser, car ils reconnaissent qu’ils n’ont peut-être pas tout prévu et que les menaces liées à l’incertitude et la volatilité économique et politique vont se poursuivre.

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