LES FAUSSES SOLUTIONS DE TOUJOURS, par François Leclerc

Billet invité.

Les réfugiés et la Grèce vont payer le maintien sur le papier de Schengen, tandis que la procédure permettant d’étendre à deux ans les contrôles à ses frontières intérieures a été hier activée, la laissant de facto dans son état de mort clinique.

En chargeant la Grèce de tous les péchés, les ministres de l’intérieur européens ont comme attendu fait de celle-ci leur bouc émissaire lors de leur réunion d’hier. L’agence européenne Frontex elle-même a beau expliquer combien la longue frontière maritime de la Grèce est impossible à contrôler, et que le droit international ne permet pas de refouler des réfugiés secourus en mer, il fallait un responsable et le ministre grec Iannis Mouzalas qui a développé cette argumentation ne pouvait pas être entendu puisque les autres ministres n’avaient rien à se reprocher.

À la recherche d’une solution de contrôle de l’exode, ces derniers ont des deux mains avalisé un projet d’assistance à la Macédoine déjà exploré par la Commission afin que ce pays qui a de sérieux contentieux avec la Grèce assure le contrôle de ses frontières avec elle, déplaçant de facto la frontière externe de Schengen vers le nord.

Dans ces circonstances, les réfugiés pourront-ils ou non continuer de la franchir et si oui, selon quel critères  ? Car si un filtrage était finalement mis en place pour ne laisser passer que les Afghans, Irakiens et Syriens – qui peuvent aujourd’hui prétendre bénéficier du droit d’asile – le nombre des arrivants ne diminuera pas substantiellement, car ceux-ci représentent 90% des réfugiés. A l’évidence, seules les autorités turques pourraient les contenir, et le prix à payer ne se limitera pas au versement de trois milliards d’euros : vu l’accentuation des dérives du régime, les dirigeants européens devront fouler aux pieds leurs principes, s’en étonnera-t-on ? L’attitude timorée de la Commission vis à vis des inquiétants développements polonais, en conjonction avec ceux qui sont déjà intervenus en Hongrie, alimente toutes les craintes à ce sujet.

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