ON EN DÉCOUVRE TOUS LES JOURS ! par François Leclerc

Billet invité.

Un rapport de l’Office of Financial Research (OFR) américain (1) a dévoilé que des banques européennes – qu’il n’identifie pas – utilisent une technique éprouvée de maquillage de leur bilan, appelée Repo 105 (2), avec pour effet de réduire les ratios d’endettement, améliorer les niveaux de liquidité et masquer une partie de leur risque, afin qu’ils paraissent conformes aux normes du Comité de Bâle.

La banque Lehman Brothers avait pratiqué à grande échelle cette manipulation de ses comptes avant de s’effondrer en 2008. La technique consiste à se rendre sur le marché des repos (repurchase agreementmise en pension) pour y mettre en pension un actif avant de le récupérer ultérieurement, une fois passé le cap trimestriel de publication des résultats. Dans le cas présent dénoncé par le rapport de l’OFR, un montant de 170 milliards de dollars de transactions a été identifié sur le marché des repos à chaque fin de trimestre, soulevant des soupçons.

En Europe, une disposition dont les banques américaines ne disposent plus favorise en effet cette manipulation : les banques européennes publient des comptes arrêtés en fin de période, tandis que leurs homologues américaines utilisent la moyenne de la période trimestrielle. Rapportant les faits, le Financial Times cite innocemment le nom de trois banques ayant décliné de commenter l’étude de l’OFR… Il s’agit de Deutsche Bank, Barclays et Credit Suisse, qui sont parmi les plus importants intervenants sur le marché du repo américain.

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(1) Une structure aux missions étendues mise en place en 2011 dans le cadre de la loi Dodd-Frank de régulation financière et dépendant du Département du Trésor.

(2) À l’origine de cette appellation, les actifs échangés étaient évalués à 105% des liquidités perçues, la contrepartie recevait des actifs dont la valeur étaient supérieure au cash qu’elle prêtait. Un intérêt était par ailleurs perçu.

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