POUR AIDER LA CHANCE SUR LE MARCHÉ DES CHANGES, par François Leclerc

Billet invité.

Cela faisait longtemps que l’on avait pas entendu parler d’elles. Les unes après les autres, les mégabanques sont condamnés à des amendes par les régulateurs britannique et suisse ou sont reconnues coupables dans le cadre d’actions de groupe (class actions) aux États-Unis. Et cela ne fait que commencer.

L’objet du délit : des manipulations systématiques sur le marché des changes – le Forex – qui ont commencé en 2003 dans certains cas, et ne se sont arrêtées qu’en 2013 quand le scandale a éclaté, affectant des dizaines de paires de devises, dont les sept faisant le plus grand nombre de transactions. Tous les marchés du Forex ont été touchés, à commencer par le plus important, celui de Londres qui totalise 40% des transactions, ainsi que par celui de New-York, le second par ordre d’importance. Mais les marchés asiatiques de Singapour ou de Hong Kong n’y ont pas échappé.

La liste des accusés montre comment les manipulations étaient – si l’on peut dire – monnaie courante, et l’ampleur des manipulations que les banques avaient pris leurs aises au détriment de leurs clients sous la forme de discrètes ponctions à répétition sur ce colossal marché ! (Car il faut bien des perdants, s’il y a des gagnants). Barclays, Goldman Sachs, HSBC, Royal Bank of Scotland, Bank of America, Citi, BNP Paribas, JPMorgan, UBS… Personne ou presque ne manque à l’appel, si l’on ajoute à cette liste de banques prises la main dans le sac Deutsche Bank, Morgan Stanley et Standard Chartered, et quelques autres pour lesquelles l’enquête se poursuit à la suite de plaintes d’investisseurs américains.

A Londres, on s’attend également à un grand nombre d’actions collectives de la part des investisseurs européens et asiatiques. Et les milliards, qu’ils soient de dollars ou de livres sterling, vont continuer à voler au fil des condamnations. Les analystes s’attendent à ce que les actions en justice s’y multiplient en raison de la taille du marché – des milliers de milliards de dollars de transactions quotidiennes s’y opèrent – du nombre des intervenants et de la sévérité des tribunaux londoniens quand ils s’y mettent.

La morale de l’histoire est qu’il n’y en a pas.

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