TOUT S’EN MÊLE, MÊME LA CHINE…, par François Leclerc

Leurs répercussions potentielles dépassant de loin le poids économique du pays, les négociations grecques ne sont pas seules à être suivies de près. Mettant en évidence un difficile changement de cap, la dégringolade boursière chinoise qui n’en finit pas est également dans ce cas. Toutes deux témoignent de la fragilité de la situation économique, considérée à la seule qui échelle qui vaille désormais, celle du monde.

La direction chinoise est provisoirement parvenue à enrayer une chute boursière vertigineuse, après avoir employé les grands moyens de manière répétée. C’est le signe indéniable que le mal est profond et qu’il ne s’agit pas d’une simple correction. Au delà de ce gros incident de parcours qui atteint le système bancaire – les petits investisseurs ayant emprunté pour acheter en Bourse – il se confirme que le marché intérieur ne prend pas le relais au niveau espéré. La croissance s’en ressent, source de sous-emploi et de tensions sociales. Celle-ci est officiellement de 7,5% au deuxième trimestre de cette année, mais ce chiffre très politique dissimule une croissance estimée par les experts entre 4 et 5%, et cette baisse préoccupante pour le régime chinois pourrait être appelée à se poursuivre. La croissance était tirée par les investissements et les exportations, mais les premiers diminuent en raison des surcapacités de production qui sont constatées en raison de la baisse des secondes. Et le gigantisme des investissements en infrastructures a ses limites.

La Chine diminuant ses importations massives, la baisse de la croissance des pays occidentaux est à l’origine de ces moindres performances à l’export, dont les conséquences atteignent en retour les pays producteurs de matières premières. La mondialisation a ses revers. La crise se propage par ce biais et atteint aussi bien le Brésil, que l’Argentine et le Chili, la Russie que les pays du Golfe. Elle risque de s’aggraver encore, si les États-Unis relèvent leur taux et suscitent un brutal rapatriement des capitaux chez eux, tandis que la diminution de la demande des matières premières va détendre leurs cours et accentuer les pressions déflationnistes déjà préoccupantes en Occident.

A l’arrivée, le tableau n’est guère encouragent : il est loin le temps où était prédit avec assurance que le dynamisme des pays émergents allait relancer la machine mondiale. Encore et toujours la théorie du culbuto ! Tout au contraire, ces pays sont atteints par un entraînement vers le bas. Et ce ne sont pas les traités transpacifique ou transatlantique impulsés avec peine par l’administration américaine qui vont compenser le ralentissement du commerce international. Or, c’est du retour de son dynamisme perdu qu’était attendu le miracle de la relance mondiale. Encore une idée à laquelle on ne peut plus se raccrocher : telle qu’opérée, la mondialisation a donné ce qu’elle pouvait ! Tout s’en mêle, et le système financier qui a été protégé à grand frais ne renvoie pas l’ascenseur.

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