COMMENT VONT-ILS RETOMBER SUR LEURS PIEDS ? par François Leclerc

Billet invité.

Les couteaux s’aiguisent afin de préparer la négociation du 3ème plan de sauvetage. Wolfgang Schäuble a pris les devants dans un entretien à Der Spiegel en menaçant de démissionner si sa ligne dure n’était pas suivie par la chancelière. Dans une interview au journal grec To Vima proche du gouvernement, Michel Sapin coupe court à toute velléité de renégocier l’accord-cadre du sommet européen, qui « doit être respecté dans toutes ses composantes par toutes les parties ». Faut-il croire, pour qu’il évoque le contraire, que la tentation en existe, en s’appuyant sur le profond scepticisme ambiant ? Il en profite pour déclarer avoir réagi « très vivement » à la proposition appuyée de Wolfgang Schäuble de sortie temporaire de l’euro de la Grèce, car « soit on sort de l’euro, soit on y reste. S’il y a une possibilité de sortie temporaire, toute l’union [monétaire] est remise en question ».

Christine Lagarde a qualifié l’accord intervenu lors du sommet de « début d’une aventure » qui va consister à « descendre dans les chiffres », avec comme commentaire que « ça ne va pas être un chemin de roses ». Comme l’Institut International de la Finance, le lobby des mégabanques, l’a souligné en se plaçant dans les traces du FMI, moins les objectifs d’excédent budgétaires sont élevés, plus un allégement de la dette est nécessaire. S’étant brûlé les doigts avec des prévisions très optimistes, le Fonds ne veut pas recommencer. A contrario, c’est parce qu’ils ne voulaient pas envisager un allégement de la dette que les créanciers européens ont sous la pression du gouvernement allemand durci leurs exigences afin de justifier des excédents budgétaires élevés.

La négociation du 3ème plan va donner lieu à une bataille de chiffres pour tenter en pure perte de concilier les impératifs politiques qui ont prévalu et la réalité économique qui les déments…

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