LA MACHINE INFERNALE DE LA DETTE GRECQUE, par François Leclerc

Billet invité.

Le FMI vient de jeter un gros pavé dans la mare en rendant public un « avant-projet d’analyse de la viabilité de la dette » de la Grèce daté du 26 juin dernier. De ce document de 23 pages très denses, il ressort que le 3ème plan de sauvetage de la Grèce devrait être d’un montant de 52 milliards d’euros pour couvrir ses besoins de financement jusqu’à la fin décembre 2018. Mais cela ne tient pas compte de l’annulation des 16 milliards d’euros qui est intervenue suite à l’absence d’accord entre les créanciers et le gouvernement grec, ce qui porte son montant à 68 milliards d’euros.

Il s’appuie sur des prévisions d’excédent budgétaire primaire (avant remboursement de la dette) et des taux de croissance prévisionnel qui ne seront probablement pas atteints. La croissance sera nulle en 2015, selon ce même FMI. Les calculs montrent que s’il manque 1% de croissance et d’excédent budgétaire, une réduction de la dette de plus de 50 milliards d’euros sera nécessaire pour que celle-ci retrouve un niveau considéré comme soutenable.

Michel Sapin a dernièrement renvoyé aux calendes (grecques) le remboursement de la dette afin de minimiser cet enjeu. Mais la machine infernale financière qui a été lancée a des exigences qui ne reconnaissent pas les grosses ficelles de la politique. Le remboursement des dettes arrivant à échéance n’est possible que si de nouveaux crédits sont accordés. Continuer de pressurer la Grèce n’aura comme conséquence que d’augmenter le montant de ceux-ci. La seule possibilité d’arrêter la machine infernale est d’accorder un abandon de créance massif. Plus il sera tardif, plus son montant sera élevé…

P.S. Le sondage donnant une majorité de « oui » au référendum ne s’appuyait que sur des données fragmentaires selon l’agence Greek public opinion (GPO) et a été publié à son insu, rapporte Slate.fr.

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