FUITE EN AVANT DES CRÉANCIERS, par François Leclerc

Billet invité.

Faudra-t-il attendre de nouvelles fuites en provenance des écoutes de la NSA pour savoir ce que se sont dit ce matin par téléphone Angela Merkel et François Hollande ? Les détails d’une conversation de cette dernière avec l’un de ses conseillers, datant de 2011, ont en effet été dévoilés par Wikileaks… Quoi qu’il en soit, François Hollande a ensuite dû publiquement reconnaitre en mangeant son chapeau que « si c’est le oui, la négociation peut très facilement s’engager, si c’est le non, on entre dans une forme d’inconnu ».

Il ne lui reste plus, en effet, qu’à se joindre à Jeroen Dijsselbloem, qui constate navré que la situation se détériore en Grèce et affirme que « en cas de non, cela deviendra extrêmement difficile pour la Grèce en raison du comportement du gouvernement grec » car « les problèmes économiques n’en seront que plus importants et un programme d’aide plus difficile à mettre en place ». Yanis Varoufakis a de son côté réaffirmé : « nous voulons désespérément rester dans l’euro, même si nous critiquons son cadre institutionnel », afin de tenter de recadrer une campagne électorale qui bat son plein en Grèce, alors qu’un nouveau sondage donne une très faible majorité pour le « oui ».

L’attention se porte sur l’attitude qu’adopterait le gouvernement si cela se confirmait : démissionnerait-il ou resterait-il en place ? Alexis Tsipras céderait-il ou non son fauteuil de premier ministre à son vice-premier ministre ? Pour sa part, Yanis Varoufakis a été clair en disant qu’il ne serait plus ministre. Mais le scénario des suites de la victoire du « oui » reste totalement à écrire et il coule de source par avance qu’il ne va pas se présenter comme une promenade de tout repos.

Si la BCE a hier maintenu le statu quo sur les liquidités d’urgence qui tiennent à flot les banques grecques, le FMI n’a pas encore répondu à la demande de report de l’échéance de remboursement qui a été formulée par le gouvernement grec, après que celui-ci a déniché l’existence de cette procédure dans un coin oublié de la réglementation du fonds. Le Fonds de stabilité financière européen (FESF), qui pourrait faire jouer une clause existante et exiger le remboursement immédiat de ses prêts si le défaut vis-à-vis du FMI était prononcé, va se réunir aujourd’hui.

La dramatisation est au maximum. Mais si elle peut influer sur le résultat du référendum – dans le respect le plus total des droits démocratiques des Grecs, cela va sans dire – elle n’apporte aucune solution miracle pour la suite.

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