Négos européennes : L'ESCALADE VERBALE, EN ATTENDANT…, par François Leclerc

Billet invité

C’est l’escalade ! À la suite de l’accrochage intervenu avant-hier au Parlement européen entre Matteo Renzi et le président du groupe PPE, l’allemand Manfred Weber, le président de la Bundesbank Jens Weidmann vient de répliquer : les réformes doivent être réalisées avant de demander de l’argent ! La confiance ne règne pas en haut lieu. L’élection de Jean-Claude Juncker à la présidence de la Commission européenne pourrait s’en trouver compliquée ainsi que les nominations aux postes d’influence, destinées à verrouiller la situation. La dissidence ne provient pas uniquement du Parti démocrate italien mais aussi des rangs du PSOE espagnol.

Ces bagarres ont un côté tempête dans un verre d’eau, mais elles témoignent d’une polarisation politique nouvelle appelée à se développer, bien que sans effet dans l’immédiat. Après avoir été réaffirmée, la flexibilité du pacte est conditionnée, mais il faut montrer patte blanche pour en bénéficier. Or Matteo Renzi peine à passer à l’acte, en dépit de ses déclarations. Il peut au moins se prévaloir de respecter la règle des 3 % maximum de déficit, à l’inverse du gouvernement français. Mais sans financement, il ne pourra accomplir ses promesses, ayant annoncé des engagements non couverts par des recettes. Les dernières prévisions du FMI prévoient un atterrissage à 4 % cette année (3,4 % en 2015) et une croissance de 0,7 % (1,4 % en 2015) : la relance par l’investissement recherchée reste à se concrétiser afin d’atteindre en 2015 le seuil de 3 % auquel le gouvernement s’est engagé. Les situations se tendent.

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