L'actualité de demain : ON N'OUBLIE PAS DE DIRE MERCI ! par François Leclerc

Billet invité.

En prélude au débat sur le projet de loi de séparation des activités bancaires à l’Assemblée, Karine Berger, membre du parti socialiste et rapporteur de la commission des finances, vient de montrer l’étendue de son savoir-faire.

Elle affirme dans une interview à l’AFP que « la loi française est parfaitement cohérente avec le rapport Liikanen. En tant que rapporteur, j’ai veillé à ce que les deux textes s’imbriquent parfaitement ». Audacieuse présentation des choses et magie des mots ! Elle rejette ensuite toute critique à propos de son manque d’ambition, car « la loi prévoit un outil qu’on pourra adapter au fur et à mesure. La loi, et c’est une première au monde, crée un outil, une paire de ciseaux, qui intervient dans la structure des banques pour limiter le risque systémique qu’on a vu en 2008. S’il faut filialiser plus d’activités que ce qui est prévu aujourd’hui, on pourra le faire. » Comment résister à « une première au monde » aussi affutée que des ciseaux ?

Enfin, la députée dévoile le thème d’intervention ouvert aux parlementaires qui ne seraient pas encore conquis. « Lors du débat parlementaire, on fera en sorte que le texte soit encore plus explicite » prévoit-elle, prenant pour acquis que « on a notamment une évolution sur la présence des établissements français dans les paradis fiscaux, dans le sens de la transparence. On veut savoir où nos banques opèrent et quelles sont leurs activités un peu partout dans le monde », pour annoncer : « On va aussi essayer de renforcer la protection des consommateurs sur les commissions bancaires. »

Audacieuse mais néanmoins responsable, Karine Berger plante son dernier clou : « Nous sommes responsables et nous savons qu’il faut protéger la compétitivité de notre système bancaire. Notre objectif, c’est bien évidemment que l’économie française soit la mieux financée possible et que les banques françaises se portent bien. » Puis vient enfin l’argument irrésistible devant lequel on ne peut que s’incliner (une fois les bras tombés) : « On veut les protéger d’elles-mêmes, on veut les protéger de risques trop importants qu’elles prendraient et qui pourraient les affaiblir. »

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