L'actualité de la crise : LES INCORRIGIBLES ET LES POINTUS, par François Leclerc

Billet invité.

Les premiers, on les trouve à tous les coins de page en fréquentant la presse spécialisée. On ne citera pas de nom, ni même de journal ! Ici, une docte analyse nous assène cette semaine que « pas un investisseur ne met en doute la capacité des États-Unis à rembourser leur dette » mais omet de signaler que la Fed en achète dorénavant 60%. Là, un autre voit un signal positif parmi d’autres, sous le titre « la sortie de crise de l’Espagne n’est plus une utopie », que « l’octroi d’une aide européenne pour recapitaliser les banques espagnoles les plus fragiles va permettre d’en finir avec une restructuration », une prévision pour le moins précipitée…

A les lire, le monde financier et économique est un gigantesque culbuto voué, après avoir penché d’un côté, à le faire de l’autre. Une image alimentée par l’idée-force que tout ne peut nécessairement que redevenir comme avant. Ce qui se traduit souvent par ces remarques douloureusement étonnées qui commencent par « et pourtant les fondamentaux sont bons », quand le marché se manifeste négativement ou que les agences de notation l’anticipent.

« L’économie américaine est dans une phase de transition et digère le choc de la crise financière», figure au fil d’une phrase glanée ailleurs, comme une évidence à propos de laquelle il n’est pas nécessaire de s’attarder, sous-entendant que toute digestion a une fin. Au coeur d’une reconversion énergétique forcée et contrainte, « Le Japon se prépare à sa révolution énergétique », apprend-on aussi tandis qu’un analyste loue « la capacité d’adaptation japonaise, un exemple à suivre », qui traite bien à la légère la chute des exportations et la délocalisation de l’industrie, au profit de l’essor des acquisitions facilitées par le yen fort qui pourtant perturbe l’économie. Car en tout malheur il y a du bon, n’est-ce pas ?

Le verre est-il à moitié vide ou à moitié plein, la question ne se pose même pas ! À nouveau à propos de l’Espagne, on apprend que la « dévaluation interne » (la baisse des salaires, l’accroissement de la flexibilité du marché du travail ainsi que la hausse du chômage) améliore la compétitivité espagnole et lui donne une chance de s’en sortir sans demander à bénéficier d’un plan de sauvetage. Sans signaler que cela se fait au détriment des autres partenaires de la zone euro, que cela fait au contraire plonger.

Tout, heureusement, n’est pas à l’unisson et des pépites sont rencontrées, dont les références sont vite notées. Une analyse pointue sur la problématique des ratios de liquidités discutée dans le cadre de Bâle III permet ici d’éclairer sous un jour instructif les problèmes liés à la valorisation des actifs financiers. Et une fois de plus de décrire la complexité d’un monde dont l’opacité est semble-t-il une vertu, justifiant qu’il soit comparé à un casino… où la banque ne gagne pas toujours.

On comprend mieux, là, comment l’accroissement de la compétitivité est ressentie sans plus de réflexion comme une planche de salut, ayant pour objet de favoriser les exportations, d’améliorer la balance des payements, et donc de diminuer les besoins de financement de la dette dans un contexte de surenchérissement tendanciel de son coût. Quand bien même cela repose sur une extrapolation dans la confusion de la compétitivité d’une entreprise à celle d’un pays et que la diminution du coût du travail n’est pas le bon levier qui doit être actionné, puisqu’il réduit la consommation. Le cas de l’Espagne, évoqué plus haut, montre d’ailleurs comment la compétition sur le coût du travail est toute aussi destructrice et vaine que l’est celle sur la fiscalité.

Il y a donc du bon et du mauvais ! Du bon à condition d’y consacrer temps et énergie et d’éviter les paroles de ministre. Confirmant que cette crise destinée à perdurer est l’occasion d’une formidable leçon de choses qui n’est pas terminée, la connaissance de la machine étant une grande contribution à la définition de celle qui pourrait la remplacer.

44 réflexions au sujet de « L'actualité de la crise : LES INCORRIGIBLES ET LES POINTUS, par François Leclerc »

  1. Le coup d’état de L’UE continue:

    Un peu plus d’URSS avant la chute de l’URSS..

    Attention on est prié de ne pas rire aux éclats:

    Conformément aux traités, l’Union européenne a pour but de promouvoir la paix, ses valeurs
    et le bien-être de ses peuples. Elle oeuvre pour le développement durable de l’Europe fondé
    sur une croissance économique équilibrée et sur la stabilité des prix, une économie sociale de
    marché hautement compétitive, qui tend au plein emploi et au progrès social, et un niveau
    élevé de protection et d’amélioration de la qualité de l’environnement. Elle promeut la
    cohésion économique, sociale et territoriale, et la solidarité entre les États membres. L’Union
    européenne établit une Union économique et monétaire (UEM) dont la monnaie est l’euro

    2018 : la fédération de la zone euro voit le jour.

    http://bruxelles.blogs.liberation.fr/blueprint_fr.pdf

    http://bruxelles.blogs.liberation.fr/coulisses/2012/12/2018-la-f%C3%A9d%C3%A9ration-de-la-zone-euro-voit-le-jour.html

      1. Tscg,règle d’or,Lisbonne,Fesf,Mes etc tout est passé en force sans le moindre vote du peuple ou quand il disait non,on revotait jusqu’à plus soif avec menaces de pseudo chaos à l’appui(Irlande).

        Merkozy a fait beaucoup de dégâts,mais FH,Moscovici et consorts continuent l’oeuvre de Sarkozy avec quelques diversions sociétales afin d’endormir le bon peuple.
        Le PS s’est transformé un peu plus en filiale du MEDEF.On remercie également l’UMP pour son show permanent si divertissant.Quant au FDG que peut il faire de plus?

        Nous sommes en pleine stratégie du choc(Naomi Klein).

        http://www.youtube.com/watch?v=9D44V8Vr5rQ

        http://www.youtube.com/watch?v=FKr_soG4DUA

      2. Dissy,

        Est-ce que vous pensez que cet animal a deux pattes avant préhensiles et deux pattes arrière pour la locomotion pourra survivre à ça ?

        Il dispose d’un cinquième appendice. Je me demande à quoi il sert en dehors de manger.

    1. ç’est annoncé ; la dictature pour faire passer la déchéance ; et dire qu’il y a encore qui pense que l’ue est notre avenir…

  2. Sans rapport avec l’article, mais quand même avec le blog.
    Ce soir, sur BFM, JLM a dit : “la vieille gauche finira par manger son chapeau”.

      1. JL Melanchon, Pourquoi usurpateur ?

        “la connaissance de la machine étant une grande contribution à la définition de celle qui pourrait la remplacer” : la machine semble être bien connue, mais je me demande quand cette machine à explosion va exploser bine que je préfère qu’elle atterrisse en douceur mais sans pouvoir redécoller. Comment lui couper les ailes ?

      2. Pas seulement usurpateur, ce qui est effectivement une référence au titre du blog. Comment porter crédit à cette personne lorsque l’on voit son comportement lors de sa visite à l’Elysée la semaine dernière. La très vielle Gauche c’est bien lui.

      1. A genetais :

        C’est dans les vieilles marmites qu’on fait les meilleures soupes

        Il est certain que remettre l’humain au centre des préoccupations est une vieille idée.

        Signé : un humain.

  3. DIPULT= Degré d’Imprégnation par la Pensée Unique du Libéral-Totalitarisme: j’appelle ces commentaires “optimistes” ainsi. S’il s’agissait de simple méthode “Coué” ce serait moins inquiétant!

  4. “Compétitivité”,”flexibilité” (on peut y ajouter aussi le fameux contrat unique de travail qui fait fantasmer plus d’un!) ne sont que des notions rhétoriques (pour ne pas dire des mantras) utilisés par le système dans un seul et unique but : détruire méthodiquement par pans entiers tout le programme socio-économique du Cnr.Ce sont autant d’ outils de démolition d’un projet politique qui avait l’ambition de bâtir ,malgré ses propre imperfections,une société réconciliée avec ses différentes composantes.Il y a bientôt trois ans ,Alain Suppiot(spécialiste de droit social) avait publié un livre passionant intitulé:”le discours de Philadelphie”:l’auteur reprend le discours prononcé par le président Roosevelt dans la célèbre ville de William Penn en mars 1944.A l’orée de la fin du plus terrible conflit que l’humanité ait pu s’auto-infligée,le président américain s’interroge sur les causes d’un tel cataclysme humain et en vient à une conclusion magistrale: pour éviter à nouveau cela, il faut que chaque société soit en mesure de procurer un avenir à chacun de ses membres afin de ne plus renouer avec des accès de désespérance collective aboutissant aux tragédies que l’on sait.Et Monsieur Suppiot de rebondir sur le projet de la construction européenne: a-t-il réalisé vraiment un avenir décent socio-économiquement?…Que nenni!L’auteur appuie sa démonstration sur deux arrêts importants(mais au combien forts méconnus!)de la cour de justice européenne:en effet, l’arrêt Viking et l’arrêt Laval facilitent la flexibilité de la main d’oeuvre a travers l’UE en permettant à un salarié de l’Union de venir travailler en France tout en étant payé au tarif de son pays d’origine(chassez la directive Bolkenstein par la porte,elle revient par la fenêtre!!).Toujours d’après Monsieur Suppiot, le fait de contester cette mesure ,pour le moins douteuse , en matière d’équité salariale, vous place ,ipso facto, dans l’illégalité et vous expose à des poursuites judiciaires,pour peu que vous soyez,en plus,titillé par quelques vélléités syndicales…Un jeune avocat de droit social rencontré dans le train cet été,m’a juré la main sur le coeur ,que de tels dispositifs ne peuvent être transposés dans le droit français.Etant d’une incompétence crasse en la matière, je ne peux trancher cette question,mais je m’en pose beaucoup d’autres… ,

  5. Confirmant que cette crise destinée à perdurer (…)

    Une crise, vous êtes sur?

    Dans cette brève intervention (émission Ce soir ou jamais du 13-11-2012) Yves Citton explique que c’est plutôt une crise à l’intérieur d’une crise puisque depuis plus de 30 ans on nous promet d’en sortir et qu’on nous assure déjà apercevoir le bout du tunnel.

    Dans un tunnel il n’y a pas d’alternative il faut continuer à avancer dans la même direction et pour en sortir au plus vite une seule solution: accélèrer!

    1. Ou creuser à la verticale vers le haut .

      Si possible pas trop loin des têtes , c’est là qu’il y a le moins à percer .

  6. Monsieur Leclerc,

    Votre image du culbuto est excellente. Selon ses défenseurs, ce truc est parfait. Il ne peut que revenir à l’équilibre et à un très bon état. S’il ne marche pas, c’est, selon ses défenseurs, parce qu’il n’a pas été appliqué avec assez de force. Aller plus loin dans la culbute donne de la force au mouvement de retour.

    Une des façons d’aller plus loin est de rendre le système plus complexe. Une autre est de pratiquer ce qui est nommé dévaluation intérieure, i.e. une libéralisation de la société à marches forcées. Une troisième est de sauver les banques à n’importe quel prix. Etc….

    Pour ces gens, les marchés sont efficients. Ils sont à l’équilibre dès qu’ils sont laissés à eux-mêmes. Quand ils sont à l’équilibre, la distribution des biens et des services est optimale. Dans cette optique, les décisions prises sont logiques, normales et naturelles. Leurs défenseurs en deviennent vos incorrigibles.

    Vu qu’au moins une des conditions ci-dessus est fausse, toute cette politique devient aberrante. Accepter la fausseté de ces conditions risque de rendre tout le truc ingouvernable car il serait subitement beaucoup trop complexe pour être dirigé.

    Une autre conséquence de tout ça est qu’une crise ne peut qu’être momentanée et locale (aucune importance si cela est faux). Une théorie cohérente affirme que dans ces conditions spéculer à mort réduit les conditions de la crise car ses victimes sont forcées par les spéculateurs à prendre “les bonnes” mesures. En plus, la spéculation rapporte un maximum à ses auteurs. La deuxième partie est vraie à mon avis.

    La force du truc est sa cohérence. Le problème est qu’il est faux.

    Un exemple que j’aime bien est le fait que toute l’ingénierie financière est basée sur la courbe de Gauss pour ses calculs. Elle exige pour s’appliquer que tous les événements décrits soient indépendants les uns des autres (ils ne doivent jamais s’influencer mutuellement) pour pouvoir stabiliser ses valeurs autour d’un équilibre. Un cours de bourse en hausse ou en baisse ne respecte pas cette condition.

  7. Bonsoir à tous.

    Tout cela, depuis 5 ans, donne le sentiment que nous sommes encore dans un processus du choc, avec les trompettes de l’ultralibéralisme. Ce sont les personnes qui paient en misère si ce n’est plus!

    J’espère me tromper.

    1. Ha ? ….

      J’espère pour lui que ce n’est pas Jean Pierre Chevènement qui se cache derrière ce pseudo ( que son facteur connaissait bien , et qui le mettait à l’abri des visites inopportunes ) .

      J’espère ne pas me tromper .

    2. Kafka, Journal 25 octobre 1920 :

      (…)
      “Ces compléments doivent être interprétés comme l’acte d’un homme qui jette dehors un mendiant misérable et qui, une fois seul, joue au bienfaiteur en faisant passer son aumône de sa main droite dans sa main gauche.”

  8. Bravo, Monsieur Leclerc!
    En effet, les analyses économiques glanées un peu partout prouvent à quel point la dite “science” économique telle qu’elle est vomie dans la quasi-totalité des universités, y compris les “meilleures”, n’est absolument pas une science. Et une analyse comme cela fonctionne, à commencer comment fonctionne la monnaie, dépasse tous les économistes tant qu’ils ne se pencheront pas sur l’apport de Silvio Gesell que j’ai si souvent essayé de rappeler et de rafraîchir sur ce blog.
    Comment soutenir croissance et austérité en même temps quand on a une monnaie qui se refuse à l’usage?
    Comment se désendetter quand le placement du capital n’est fait que quand il génère des intérêts? Dans cette situation, les créances d’un côté ne peuvent que croître, et cela implique la croissance des dettes en face au même rythme symétrique!
    Et quand les banques centrales rachètent la dette, cela ne marche que parce que les billets ainsi imprimés n’irriguent en rien l’économie et qu’ils sont tout simplement stockées, sinon, ce serait déjà l’hyperinflation.
    Autrement dit, il n’y aura aucune sortie de la crise actuelle si nous maintenons la monnaie telle qu’elle est.
    Même l’abandon de l’euro et le retour aux monnaies nationales n’offriraient pas une vraie sortie mais seulement un répit dans les pays qui souffrent d’un euro trop fort. Et l’Allemagne devra alors résolument s’ orienter vers la consommation intérieure, ce qui n’est pas gagné d’avance, tant les distorsions sont devenues énormes.
    Si on n’introduit pas une monnaie de type “monnaie fondante” ou “monnaie marquée par le temps”, il n’y aura pas de sortie possible du marasme actuel.
    Si cela intéresse quelqu’un, je vair recommencer mes exposés…

    1. Vous ne voulez quand même pas qu’une banque investisse l’argent qu’on lui donne dans l’économie, c’est beaucoup trop risqué.

      1. Me semble-t-il, la “monnaie”, c’est à dire plus généralement le moyen de paiement, n’est
        pas une marchandise comme les autres, c’est le moyen d’étalonner et comparer toutes
        les autres.
        Décréter que sa valeur diminuera de tant par mois, serait comme décréter qu’une unité de
        mesure sera égal à zéro au bout de tant. Bonjour les dégâts!
        Non ?
        C’est pas parce qu’on est dans une impasse, les falaises ou montagnes de dette, qu’il
        faut toucher aux règles, en l’occurrence la valeur NOMINALE d’une monnaie. C’est très
        exactement ce qu’on appelle un tour de passe-passe. Comment se désendetter, dîtes
        vous ? Je réponds: en remboursant . C’est impossible ?

        Y-a plus qu’à espérer et prier la bienveillance des créanciers, à moins qu’ils n’y aient
        aussi leur intérêt bien compris, quelque part, un jour, la bonne étoile de ” M.Hollande”
        etc…

  9. Sans signaler que cela se fait au détriment des autres partenaires de la zone euro, que cela fait au contraire plonger.

    Nous serons tous aspirés par la bonde du grand bassin de la globalisation.
    Ainsi le veut la logique du capitalisme mondialisé, et l’intérêt des puissants.
    Le capitalisme disparaîtra sans doute un jour, mais il nous engloutira avec lui.
    Personne n’est aujourd’hui en mesure de changer le cours des choses, l’apathie est générale.
    Nous n’avons jamais été aussi puissants dans le domaine des sciences et des techniques, mais n’avons jamais été aussi impuissants à influer sur notre destin.
    L’humanité a perdu la main, le système anthropotechnique est en train d’acquérir une autonomie telle, qu’il peut de plus en plus se passer des hommes.
    Bonne nuit tout de même !

    1. @ Macarel
      “…l’apathie est générale. ”
      Notre Dame des Landes ? ( zad.nadir.org )
      Les luttes antinucléaires en France ? (stopTHT , valognesstopcastor etc )
      La résistance au projet de tunnel en vue de la ligne Lyon-Turin , côté italien percement impossible à ce jour, 70 000 personnes vent debout contre ce projet , zone militarisée …. ?
      Ce matin , sur France-cul le député de Chamonix , depuis tjrs défenseur du projet , vire sa cuti : ” va falloir qu’on m’explique comment on m’a vendu un projet rempli de faussetés …” , ce n’étaient pas ses mots exacts , en tout cas sa colère était évidente , je rappelle que le conseil constit vient de retoquer ce projet pour la 3ème fois…)
      Les levées de bouclier contre les projets d’exploration de gaz de schistes , contre les nouvelles lignes TGV … ?
      Les forums des Grands Projets Inutiles Imposés ?
      J’en passe …
      Le blog du père Jorion ?
      Il en faudra , des coups de boutoirs ! pour seulement faire vaciller l’édifice … M’enfin ! quéquchose se passe , ne pas le voir c’est avoir de la merde dans les yeux .
      BIENVENUE à Notre Dame des Landes ( cf. l’article récent sur ce blog , Notre Dame des Landes , le réel et le symbolique )

      1. @taratata

        Je me suis effectivement trompé, il y a au moins une personne qui n’est pas touchée par l’apathie. 😉

      2. @ Macarel
        il faut sortir, un peu, en France et ailleurs.
        La conscience de l’impasse économique, sociale et écologique
        de la dictature du capital ne fait que monter.

        A tel endroit elle s’exprime déjà, ouvertement,
        ou même de façon insurrectionnelle,
        ailleurs elle se prépare par des petites ou grande résistances.

        Partout, elle encourage la mise en oeuvre de la subversion.
        Bienvenue parmi nous les terriens, pour la survie de l’espèce!
        Pas trop tard, au contraire, tout commence!

    2. Nous n’avons jamais été aussi puissants dans le domaine des sciences et des techniques, mais n’avons jamais été aussi impuissants à influer sur notre destin.

      C’est cette puissance qui nous a échappée qui nous rend aussi impuissants.

      A ce sujet je recommande la lecture de La Transformation de l’homme de Lewis Mumford (1956) disponible en français aux Editions de l’Encyclopédie des Nuisances et dont un bon aperçu est disponible sur : http://www.magmaweb.fr en recherchant par le nom de l’auteur ou le titre.

      Extrait :

      L’homme moderne s’est déjà dépersonnalisé si profondément qu’il n’est plus assez homme pour tenir tête à ses machines.

      Qu’il est loin le temps où Goethe pouvait écrire : “Verweile doch, du bist so schön !” (“Arrête-toi, tu es si beau !” Faust s’adresse en ces termes à “l’instant qui passe”.)

  10. Et oui faute de trouver la croissance
    on cherche la compétitivité, il faut bien s’occuper.

    J’aime bien aussi le concept qui consiste à faire des hauts fourneaux enfouissant le co2 pour ne pas payer les droits d’émission sur le CO2 qui rendent le site non rentable !!! (pardon non compétitif)

    Disons qu’avec un haut fourneau arrêté, je ne vois pas trop l’intérêt,
    à part celui bien sûr de monter des usines à gaz pour énarques et banquiers chevronnés.

    La taxe sur la fumisterie qui entrera en vigueur en 2013 suffira t elle à régler définitivement le problème ?.

    Joyeux noël

  11. “Il y a donc du bon et du mauvais ! ”

    Concernant les premiers – incorrigibles – ils sont à relier à aux politiques, UMP et PS notamment, qui refusent le rejet d’une de leur stratégie, loi ou projet, avec comme argument : “nous n’avons pas fait assez de pédagogie”.
    Pour les seconds, il apparaîtrait que leurs “pépites” maïeutiques sont trop rares, alors qu’elles permettraient d’accepter, nolens volens, la compétitivité dont nous rebattent les oreilles Flamby aujourd’hui, et l’UE depuis au moins dix ans, notamment dans sa “stratégie 2020”.
    http://ec.europa.eu/europe2020/making-it-happen/key-areas/index_fr.htm

    Je ne vois pas le bon dans la compétitivité, cette notion hors-sol, sans doute transposé du monde dictatorial de l’entreprise vers les peuples. Nous ne sommes pas compétitifs, nous sommes humains, nous avons des ambitions, des idéaux, des valeurs adaptés à notre évidente mortalité, notre grégarité et l’incertitude fondamentale qui fracture notre conscience et active notre inconstance. Nous ne sommes ni de près ni de loin des pièces d’un profit généralisé.
    Profit qui n’est, sans avoir besoin de creuser, que la continuation de la guerre par d’autres moyens…Il y a, à l’évidence, d’autres moyens plus viables, valables et admirables de faire société.
    Profit qui, généralisé, provoquerait l’essoufflement, puis l’effondrement de la plupart des pays, comme la concurrence véritable. C’est d’ailleurs pour ça que les acteurs économiques, du plus petit au plus grand, s’entendent, faussent la concurrence.

    A ce propos, un décryptage, démontage de la compétitivité dans le numéro d’octobre du Monde Diplomatique.

  12. Bonjour François !

    Il y a une obscénité qui m’écoeure dans ce recours obsessionnel aux termes de compétitivité, coût du travail, flexibilité…

    C’est l’obsession des nantis à se préoccuper des maigres ressources de ceux d’en bas, qu’il faudrait encore et toujours réduire.
    Nous vivons dans un régime où les riches et les dirigeants ne pensent qu’aux revenus des pauvres !
    C’est non seulement le règne de la doctrine “l’emploi, variable d’ajustement”, mais aussi de l’impératif “salaire, variable d’ajustement”. Ajustement nécessaire pour maintenir les taux d’usure, de profit et de prédation.
    C’est la preuve par l’exemple que la richesse des uns se fonde sur la pauvreté des autres, chose niée absolument dans les cercles du pouvoir et de la fortune, et de leurs innombrables larbins, mus par la reconnaissance du ventre pour ceux qui ont un grade ou un petit grade, ou par l’espoir de gagner au lotto pour les autres – les …sans-grade.

    Je n’entends pas un journaliste qui questionne ces pseudo-évidence assénées quotidiennement par la nomenklatura politique, entrepreneuriale et intellectuelle au collier.

  13. On comprend mieux, là, comment l’accroissement de la compétitivité est ressentie sans plus de réflexion comme une planche de salut, ayant pour objet de favoriser les exportations, d’améliorer la balance des payements, et donc de diminuer les besoins de financement de la dette dans un contexte de surenchérissement tendanciel de son coût

    Pas sûr de comprendre comment un excédent commercial est censé réduire les besoins de financement d’un gouvernement… l’objectif ici est le désendettement du secteur privé, pas du secteur public.

      1. Comme le dit M. Leclerc, l’effort de rééquilibrage porte en premier lieu sur les importations, qui se sont effondrées dans la plupart des pays de la périphérie. L’effet de gains de compétitivité sur les exportations n’est pas aussi immédiat, et l’impact net sur les ventes est donc a priori fortement négatif. Les besoins de financement de l’Etat s’en retrouvent donc accrus, et non diminués.

  14. L’insertion au travail frappe très durement les personnes en capacité de travailler, le chômage réel, loin des statistiques de l’ Etat ou des activités de sondages qui sont régulièrement en conflits d’intérêts avec les industriels ou les partis politiques, augmentent dans tous les secteurs des tranches d’âges des populations. Il n’y a plus eu depuis les délocalisations massives (des pans entiers parfois) d’industries et de services, de nouveaux secteurs qui ont permis de transférer cette forte capacité d’emploi dans de nouveaux secteurs d’activités qui emploient aux niveaux industriels comme celui des services.

    L’emploi durable ne passe que par le CDI, le contrat à durée indéterminée, il permets de se projeter dans l’avenir par la sécurité de ce type de contrat de travail. De nombreux domaines de la vie courante comme le logement, la mobilité spatiale, les dépenses et les investissements futurs de divers sortes sont envisageables et finançeables sur une longue durée. C’est le contrat qui permets de se projeter dans l’avenir, sauf bien sûr s’il est vider de sens.

    Au lieu de celà, la société fait face à une généralisation des contrats précaires, qui sont de temps partiel, ou faiblement rémunérateur pour face faire aux dépenses de la société, on en est arriver à faire des contrats avec aucune rémunération les stages gratuits.

    L’alternance, loin du contrat qui ne permets pas de pouvoir financer sa vie en société, va de contrats précaire au chômage. Les contrats et les salaires que proposent les entreprises et surtout les multinationales sur le marché ne permettent pas de réaliser une insertion au travail sur de longue durée. Ses contrats vont nourrir la rentabilité des actionnaires, des propriétaires et hyper-riches des grandes entreprises privées et des multinationales, et aussi ne pas permettre une meilleure redistribution des richesses dans des entreprises moyennes et petites au niveau local par ce type de contrats précaire.

    Toutes les politiques de retour à l’emploi (ce qui n’exclut pas l’aide politique pour généraliser ce type de contrats précaire) ne pourront pas faire face aux exigences des entreprises et des multinationales, et aussi des administrations qui généralisent ce type de contrats précaire dans leurs services publics, ainsi que dans le privé. Ceci combinés aux délocalisations continues dans le temps. Si le marché public comme privé propose des contrats précaire voire gratuit comme insertion au travail, l’alternance contrats précaire/chômage ne deviendra que la vision précaire possible de (sur)vivre en société, loin du contrat à durée inderminée qui permets de se projeter dans l’avenir avec une rémunération pour faire des projets.

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