L'actualité de la crise : L’HEURE DE LA RECRÉATION, par François Leclerc

Billet invité

Un sommet des chefs d’État et de gouvernement est en cours à Bruxelles avec pour ordre du jour le budget de l’Union européenne. Ils se retrouvent tous une fois de plus autour de la table, mais cette fois-ci un peu soulagés en dépit de l’épreuve qui les attend, car en terrain connu : placés devant des arbitrages budgétaires, que va-t-il falloir défendre mordicus, que va-t-il falloir se résoudre à abandonner ? Quelle clientèle satisfaire, quelle autre laisser tomber ?

Le monde ne s’écroulera pas cette fois-ci, si le compromis qu’ils vont tenter de trouver en terrain de connaissance n’est pas trouvé. Si un nouveau sommet, déjà annoncé, doit être convoqué. Nul n’aura besoin d’échafauder des montages financiers sophistiqués réclamant des suspensions de séance pour se les faire expliquer. Il ne s’agira que de trouver des alliances, ou bien de les dénouer, en utilisant un savoir-faire éprouvé. Bref, de faire de la politique, de la vraie !

Il est bon, parfois, de s’offrir un petit intermède.

23 réflexions au sujet de « L'actualité de la crise : L’HEURE DE LA RECRÉATION, par François Leclerc »

  1. Le monde ne s’écroulera pas cette fois-ci,(…)

    Le monde s’effondre lentement mais sûrement et une simple revue de presse suffit pour s’en convaincre.

    Ce matin, je me suis connecté sur http://www.lemonde.fr/

    François Fillon : « un parti politique, ce n’est pas une mafia »
    Les deux barons donnent une image tout aussi merveilleuse de la représentation démocratique que celle qu’avaient donnée en son temps les deux marquises du parti dit socialiste.

    (En Chine) le futur premier ministre veut octroyer au marché plus de place.
    Quelle surprise !

    Le Grand Nord souillé pour des siècles par des déchets nucléaires.
    Pour des siècles ? vision optimiste ou pessimiste ?

    Enfouir le CO2, une solution à risque.
    Et le respirer ?

    Un juge fédéral américain ordonne à l’Argentine de rembourser des fonds « vautours »
    Dix ans après. Une manifestation de la dette durable ?

    1. @Marlowe
      Quelle idée de se connecter sur le quotidien vespéral des marchés…

      Dans ce que tu livres là, je retiens surtout le caractère hétéroclite. On est informé, mais pas du tout aidé à comprendre le monde, au contraire. La saturation de notre mémoire à court terme pollue, voire empêche notre compréhension du long terme.

      1. Ce que je livre là, c’est la manière dont le monde parle de lui-même, au quotidien.
        Je parle donc des mensonges officiels et des demi-vérités qui sont le discours désabusé que ce monde tient sur lui-même
        Pour comprendre le monde, il faut être en colère contre lui.
        Les explications viennent ensuite.

      2. « Pour comprendre le monde, il faut être en colère contre lui. »
        Pour se mettre en colère en lisant le Monde, faut tourner aux amphètes.
        Bof, pas sûr du tout de ça. La colère nourrit l’action mais ôte la distance critique.

      1. Ma remarque se voulait de l’ironie pure.
        Je sais depuis longtemps que nous ne serons jamais délivrés du nucléaire.

  2. Quelle clientèle satisfaire, quelle autre laisser tomber ?

    je crains malheureusement qu’à ces sommets, rien de nouveau sur le sens des décisions au final.

  3. En attendant qu’ils se mettent d’accord, jusqu’au prochain sommet de la dernière chance, je conseille à ceux qui ont une vingtaine de minutes devant eux d’écouter cette interview de l’économiste Gaël Giraud, justement sur la crise et ses perspectives…assez sombres bien sûr. Selon lui, les élites craignent la révolte, n’imaginent pas une seconde que leurs solutions vont permettre réellement un redémarrage des pays du sud, mais espèrent plutôt une lente agonie dans le calme à la japonaise, éventuellement arrosée de temps en temps par la BCE….pour les plus optimistes (ou idéologues) d’entre eux, ils croient en l’effet rebond : les pays du sud toucheront le fond dans 5 à 10 ans, et ne pourront que remonter, avec des salaires allégés de 20 à 40% qui pourraient les rendre compétitifs…Giraud explique pourquoi il n’y croit pas une seconde et en profite au passage pour tacler le rapport Gallois ! Vraiment très intéressant.

  4. Un boom spéculatif, ou une bulle économique ou financière est une chute causée par une augmentation rapide et brutale des prix, créant un krach boursier.

    Il y a des mécanismes de crédits pour que les spéculateurs puissent augmenter les prix sur les marchés. Lorsque les prix chutent, ceci se reportent sur d’autres marchés, permettant aux spéculateurs d’avoir des mécanismes de crédits appropriés à ses nouveaux marchés. Seulement si le krach boursier est général, par l’inter-dépendance des économies, c’est un effondrement du commerce mondial qui est en place.

    De nos jours, un boom spéculatif provoquerait une hyperinflation, des prix en milliards de dollars, d’euros, de yens, de yuans,ect…changeant en permanence.

    Une chute brutale des marchés financiers, avec la création de monnaie faites par les banques centrales va créer une spirale hyperinflationniste. L’immédiateté des échanges, non contrôlable par les autorités financières, en très haute fréquence, peut en 1 seule soirée faire chuter les bourses mondiales. De plus, le volume des transactions de la spéculation actuelle va dans ce sens, conduisant à une hyperinflation et au survivalisme.

    La propagation de l’hyperinflation sera mondiale, elle s’étendra à toutes les monnaies de la planète. Que ce soient les monnaies américaines, européennes ou asiatiques, il n’y aura pas de valeur refuge. Les économies sont reliées entre elles, le krach économique sera mondial sous la forme d’une hyperinflation. Ce qui signifie que les prix vont atteindre des milliards en dollars, en yens ou en euros, comme lors :

    De la république de Weimar
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Hyperinflation_de_la_R%C3%A9publique_de_Weimar

    De l’hyperinflation au Zimbabwe
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Hyperinflation_au_Zimbabwe

    Le survivalisme (des sites internet en parlent) va s’étendre dans la société, puisque les marchés auront des prix trop chers pour les populations.

    Lien survivalisme
    http://www.google.fr/#hl=fr&tbo=d&output=search&sclient=psy-ab&q=survivalisme&oq=surv&gs_l=hp.1.2.0l4.782.2927.0.4641.4.4.0.0.0.0.160.521.0j4.4.0…0.0…1c.1.9Hg9WtnA2cc&pbx=1&bav=on.2,or.r_gc.r_pw.r_qf.&fp=713ab71c16d9e83a&bpcl=38897761&biw=1093&bih=514

  5. Ce soir pas d’accord.
    Erasmus menacé entre autre.
    Pas de vrai budget discuté au Parelemnt européen – ce qui serait la moindre des choses démocratiques.
    Ne jamais surestimer ces dirigeants européens !! Au contraire avec eux ne jamais craindre de les sous-estimer, de penser que même un petit « intermède » politicien comme dit François tourne à l’inter-merde..
    Hallucinant : ils sont nuls et incapables à un point difficilement compréhensible! Enfin leur excuse c’est le nationalisme borné et sans doute leurs études d’économie.
    On imagine quand ils travaillent sur la crise de l’euro … on est dans l’avion que pilotent ces minables crétins souvent sur-diplômés.

    1. R.A.B. d’ Erasmus ! innacessible aux gosses de prolos ….. je tombe parfois sur ces glandeurs sur des sites de grimpe espagnols qui n’en rame que dalle et qui s’en vantent ….

      1. « Erasmus ! innacessible aux gosses de prolos « 
        Je ne suis pas du tout dans l’enseignement, mais c’est faux, y’en a et y’en aura plus si le système est étendu aux collèges,non…?
        En tout cas, sa stimule la ‘création’ des couples bi-nationaux, c’est aussi ça l’Europe…!

      2. Kercoz, vous racontez n’importe quoi !

        Ce n’est pas parce que vous avez vu quelques glandeurs fortunés qu’il faut cracher sur le programme Erasmus. Plein de gens modestes ont suivi ce programme, et non, ils n’ont pas forcément glandé. Beaucoup ont bossé très dur (cours en langues étrangères + petits boulots à côté pour payer leurs études et leur hébergement. Et ne me parlez pas de la bourse Erasmus pour ceux qui y ont droit. Elle arrive quand l’année universitaire est presque écoulée, lol).

        Le film de Cédric Klapisch « l’Auberge espagnole » a donné une image de glandeurs aux étudiants, et je ne sais pas ce qui se passe réellement dans les facs espagnoles, mais je peux vous assurer qu’au niveau européen, l’exemple espagnol serait plutôt l’exception qui confirme la règle. Dans les facs hollandaises, allemandes, anglaises et irlandaises, pour prendre quelques exemples, on bosse sérieusement, comme en France.

        Vous ne le savez peut-être pas, mais les examens ne sont pas forcément aménagés pour les étudiants Erasmus… Les partiels anonymes, c’est la règle dans la plupart des facs et c’est évidemment beaucoup plus dur de les passer dans une langue qu’on ne maîtrise pas parfaitement, sans dictionnaire et sans supplément de temps.

        Bref, quand on prend la peine d’étudier en Erasmus, on rentre bilingue (et on s’est ouvert à d’autres cultures et d’autres modes de pensée). C’est, à mon avis, incomparablement plus efficace pour progresser que la fac française. Dans les cours de langue, en France, on fait tellement peu d’oral que c’est à la limite du scandale…

        Erasmus, c ‘est l’une des rares vraies réussites de l’Europe. C’est la traduction dans les faits de l’esprit de paix et de compréhension des autres cultures qu’était censée véhiculée la construction européenne.

    2. Merci Emilie pour cette mise au point.
      RAB des gens négatifs…
      Et puis dans ces problèmes de budget j’aurais pu aussi mentionner l’aide alimentaire ; celle dont parle Paul 500 M€ à comparer avec les 5,5 MM pour Dexia…

      1. Vous avez raison Tolosolainen, l’aide alimentaire c’est vraiment le plus important. Quant on voit qu’elle passe après mille causes moins nécessaires, on est abasourdi.

  6. On peut imaginer ce que serait un sommet qui réunirait les 27 présidents des régions de l’UF (Union Française) se réunissant à Paris Bercy pour décider des grandes lignes du budget de la France tout les sept ans. Ce budget correspondant à environ 1% du PIB de l’ensemble des régions (ni la défense ni l’éducation n’en faisant par exemple partie) il serait inévitable que chaque président ait comme impératif prioritaire de montrer à ses électeurs qu’il sait les défendre contre les prétentions injustifiées des autres régions.

    Si vous avez des arguments pour montrer que cette situation imaginaire ne correspond pas à ce qui se passe à Bruxelles n’hésitez pas à me remonter le moral: je sais que c’était pire avant (avant 1940, l’année de ma naissance, une époque où les Allemands étaient des Boches, la méfiance envers les Anglais et le mépris envers les Italiens la règle) et j’ai la triste impression qu’on y retourne.

  7. Bien perçu, cette image d’une ‘récréation’. L’image me vient de la « parade des catcheurs’. Chacun va faire (a fait) de la musculation pour ses favoris, sa clientèle. Pris la posture du ‘méchant’, du ‘séducteur’, du ‘sérieux, du bon… (pas de la brute et du truand, dans ce jeu-là). Autre chose est le match, chiqué bien sûr, l’empoignade pour sauver le monde, sans autre volonté que de se blesser le moins possible, de faire émotion, et de convaincre le public de revenir la prochaine fois.
    Ne reprochez pas à ces artistes de vous amuser pendant que le bateau coule ! Ne confondez pas les rôles !
    Bon, nous aurions besoin d’un capitaine courageux. Le temps est largement venu.

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